Ca en a pas l'air comme ça, mais je compte à terme balancer des tas de tests de vieux jeux vidéo. Alors c'est vrai, forcément, le blog est pas encore bien vieux et il n'y en a pas encore des tonnes, mais j'en ai un peu plus de mille en projet ! Des jeux qui m'ont marqué durant ma jeunesse, mais aussi d'autres que j'ai toujours rêvé de posséder sans en avoir l'occasion, ou encore d'autres dont je n'avais jamais entendu parler.
Dans les deux derniers cas, j'utilise pour m'aider à faire mon marché la presse vidéoludique de l'époque, ou la presse "rétroludique" d'aujourd'hui. La seconde, je l'achète au cas par cas, généralement sur le site des éditions Pix'n Love, acteurs majeurs dans le domaine. Je commence à avoir une sacrée collection, et dans l'ensemble, il s'agit d'ouvrages de relativement bonne qualité.
Le site se trouve à cette adresse.
Quant aux vieux magazines, j'ai malheureusement dû m'en débarrasser il y a belle lurette, mais heureusement, je peux compter sur un site fabuleux, Abandonware Magazine, qui a eu en 2002 l'idée un peu folle d'héberger les versions numériques de tous les mags de la grande époque, telq que Tilt, son petit frère Consoles + ou encore le grand Player One.
Le site se trouve à cette adresse.
Grâce à tout ça, je fais de temps en temps mon petit marché, et j'arrive encore aujourd'hui à découvrir des bijoux méconnus.
dimanche 19 juin 2016
jeudi 16 juin 2016
Doctor Who saison 25
diffusion initiale : du 5 octobre 1988 au 4 janvier 1989
nb d'épisodes : 14 répartis en quatre aventures
DVD :
- > Remembrance of the Daleks 1 à 4
> coffret Ace Adventures (contient The Happiness Patrol 1 à 3)
> coffret Cyberman Set (contient Silver Nemesis 1 à 3)
> The Greatest Show in the Galaxy 1 à 4
Docteur : Silvester McCoy
Compagnons : Dorothy "Ace" McShane, Richard
BLACK IS BLACK. Si elle s'est maintenue à flot, la précédente saison a tout de même essuyé la critique non seulement de la presse, mais aussi et surtout des fans de la première heure, qui regrettent tant la starisation du programme (Bonnie Langford et Silvester McCoy sont des célébrités à l'époque, et de nombreux guests le sont également) que l'aspect ridicule de certaines histoires.
Alors pour cette nouvelle saison, Andrew Cartmel décide de prendre le contrepied de ce qu'il a fait jusque là, et va entraîner, avec l'aide de ses équipes, la série vers ses plus sombres recoins. En outre, comme ce bon Docteur fête aussi son quart de siècle d'existence à la télévision, son script editor met les petits plats dans les grands en annonçant le retour des Daleks et des Cybermen. Sur quatre aventures, en voilà déjà deux qui promettent !
Le seul problème, c'est que la prod' décide encore une fois de changer le jour de diffusion, et cette fois-ci, ils partent sur le mercredi. Ca n'a l'air de rien dit comme ça, mais Doctor Who se retrouve alors en frontal avec Coronation Street, un autre monument de la télé britannique. Car si Who détient le record de longévité pour une série de science-fiction, Coronation Street détient le record de longévité tout court, avec plus de huit mille épisodes à ce jour !
Autant dire que face au légendaire soap, c'est un miracle que Who parvienne encore à tenir. Mieux, ses audiences remontent. Alors certes, ouvrir la saison avec les Daleks fait du bien, mais cela ne fait pas tout. La réponse à cette légère remise en forme tient peut-être au nouveau ton donné à la série. Le Docteur se montre désormais plus roublard, presque flippant par moments, et il n'hésite pas à sacrifier des pions s'il estime que cela peut faire avancer sa cause.
C'est ainsi qu'on le voit manipuler la Némésis d'argent qui donne son titre à l'aventure où les Cybermen font leur retour. Et pas juste la manipuler pour qu'elle soit gentille et qu'elle s'en aille, non : le Docteur commet un véritable génocide, en annihilant la flotte entière des Cybermen. Pire encore, ce n'était pas la première fois qu'il faisait la blague cette saison, puisqu'en ouverture, il retourne la tête de Davros et le pousse à détruire le monde des Daleks !
Certes, il s'agit là d'éradiquer les menaces que représentent respectivement les Cybermen et les Daleks, mais force est de constater que la méthode employée n'est pas catholique. Une bonne fois pour toutes, le Docteur est un extraterrestre et son système de valeurs n'est pas le même que le notre. Une thématique qui fera son grand retour dans la nouvelle série.
A ses côtés, Ace revendique également un côté un peu plus "grim 'n' gritty" que celles qui l'ont précédée, et se réjouit sans cesse de devoir employer la force brute pour parvenir à ses fins. Est-ce l'époque qui veut ça ? En tout cas, les deux acteurs se font plaisir, tant dans leurs compositions qu'en réalisant la plupart de leurs cascades. Et la série, si elle y perd en légèreté, y gagne par contre en nervosité. D'autant qu'elle peut aussi compter sur une équipe d'artificiers déchaînée !
Remembrance of the Daleks ouvre donc la saison, et de bien belle manière, avec un pré-générique à gros budget comme la série en a rarement vu (une seule fois en fait, au début du procès que représente la saison 23). Il plane ensuite comme une aura de mystère, y compris sur l'identité de certains protagonistes, et même si tout n'est pas logique, on sent que les auteurs ont voulu rendre hommage aux précédentes apparitions des poivrières, avec notamment la guerre entre les Daleks de l'empereur et les rebelles.
Et pas qu'à eux, du reste, la preuve : l'histoire commence dans une décharge, la même décharge que l'on découvrait au tout début du premier épisode. Et elle est sensée se dérouler en 1963, soit l'année de lancement du show. D'ailleurs, il y a une scène géniale qui met en abîme la série, lors de laquelle Ace allume la télé et le présentateur annonce ce qui a tout lieu d'être Doctor Who, mais sans le nommer. Ca évite les incohérences, mais les fans n'auront pas de doute.
Mais attention : ce grand jeu de dupes en forme d'hommage n'est pas exclusivement tourné vers le passé, même s'il explique enfin la relation compliquée entre Davros et l'empereur dalek. Non, il regarde aussi vers l'avenir, puisque les arch-ennemis du Docteur vont faire une évolution spectaculaire. Ils peuvent désormais... grimper les escaliers !
Tournée au coeur de Londres, ce qui occasionna certains problèmes avec la police, du reste, cette aventure bénéficie de bonnes cascades, de bonnes explosions et même de bons effets spéciaux. The Happiness Patrol, qui la suit, n'a pas la même chance. Son histoire de dictature de la joie aurait pu être brillante, mais il aurait fallu des personnage un peu plus crédibles qu'une gestapo en mini-jupes et talons aiguilles, et un robot-Haribo qui vous tue avec des bonbons fondants... Reste que le coup du TARDIS repeint en rose, c'est assez rigolo.
Silver Nemesis promettait quant à elle autant que l'histoire des Daleks. Hélas, le pari n'est qu'à moitié tenu. Partiellement tourné dans un joli château qui ressemble à Windsor, cet opus souffre à la fois d'effets spéciaux minables, d'acteurs qui jouent très mal et d'une histoire difficile à suivre, la faute à beaucoup trop de parties impliquées. Sans compter quelques trucs bizarres comme ces flingues qui tirent comme des uzis.
Pour leur défense, il faut tout de même savoir que les acteurs n'ont quasiment pas eu de période de répétitions, ce qui explique peut-être les dialogues ratés, comme celui où le héros est appelé Doctor Who. Et puis il y a du bon tout de même. Les Cybermen ont plutôt de la gueule, on trouve un vrai groupe de jazz à la bande-son, pour les amateurs du genre, et on peut même voir d'anciennes gloires de la série, notamment le Brigadier, en touristes. Ah, et puis on trouve même parmi les guests Leslie Franch, qui a failli obtenir le rôle du premier Docteur, qui a échu finalement à William Hartnell.
Pour conclure la saison, on trouve The Greatest Show in the Galaxy. L'histoire se déroule dans un cirque, et chose amusante, elle a été tournée sous une tente. Non pas pour correspondre aux besoins du scénario, mais parce que les locaux de la BBC étaient fermés depuis qu'on avait découvert de l'amiante à l'intérieur ! Plein de personnages over-the-top, le récit bénéficie d'une ambiance angoissante qui contraste merveilleusement. Et puis on y trouve une bonne dose de rap des années 80, façon New Kids on the Block.
Concernant les DVD, il y a globalement pas mal de choses intéressantes. A ce propos, préférez en cas d'achat l'édition spéciale de Remembrance of the Daleks, qui contient le reportage Davros Connections, retraçant l'histoire du grand vilain, non pas selon la chronologie de ses apparitions, mais selon sa propre chronologie, en y incluant ses interventions dans les nombreuses histoires audio qui existent outre-Manche.
L'épisode que je vous conseille : The Happiness Patrol. Parce que quand même, le bonhomme en fraises Tagada est génial, et la milice des secrétaires de direction aussi. Et le bluesman dépressif aussi. Et puis merde, quoi, le TARDIS repeint en rose ?!
lundi 13 juin 2016
Wartime
diffusion initiale : le 5 juin 1988
nb d'épisodes : one-shot
DVD :
- > Wartime
Docteur : y en a pas
Compagnons : Benton
C'est encore d'une histoire un peu à part que je vais vous parler aujourd'hui. En effet, il s'agit d'un spin-off de Doctor Who, un peu comme K-9 avant lui, à la différence près que celui-ci n'est pas officiel : il n'a pas été produit par la BBC mais par Reeltime Pictures, sous licence. Fondée par Keith Barnfather en 1984, cette société est surtout connue pour ses documentaires tournant autour de Doctor Who. Il faut dire que Barnfather est l'un des membres fondateurs de la Doctor Who Appreciation Society, une association de fans qui n'était certes pas la première, mais qui était la plus vaste et la mieux organisée.
Et l'histoire de Wartime est à peu près identique : ce n'est pas le premier film amateur sur Doctor Who, mais c'est, à l'époque, le seul à avoir reçu l'aval de la BBC. Pour ce faire, ses producteurs ont dû ruser, puisque la chaîne refuse catégoriquement que l'on utilise son héros. Reeltime se tourne donc vers un personnage secondaire, que l'on croisait partout dans les années 70 mais que l'on n'avait plus vu depuis un bail, le sergent Benton. Ou plus exactement le Warrant Officer Benton, un grade qui ne correspond pas à grand chose chez nous.
John Levene reprend son rôle et, s'il a vieilli et pris des rides, il n'a toujours pas appris à faire l'acteur. Il est donc tout aussi peu convaincant qu'à la grande époque de U.N.I.T., mais qu'importe, puisque tout le monde joue aussi mal que lui. Tout le monde, c'est à dire en tout et pour tout sept acteurs, dont deux enfants ! Ca souligne quand même l'amateurisme de cette production, mais c'est peut-être aussi ça qui fait son charme.
Parmi ces sept acteurs, on trouve tout de même Levene, donc, mais aussi Michael Wisher, qui interprêtait la toute première version de Davros dans Doctor Who, et qui joue ici à visage découvert. On trouve aussi Nicholas Briggs, auteur, acteur, réalisateur et compositeur de plusieurs Doctor Who modernes, et qui à l'époque n'était qu'un fan parmi d'autres. D'ailleurs, l'équipe de Reeltime contient plusieurs personnes qui seront par la suite impliquées dans la "vraie" série. A noter que le DVD embarque la version révisée de 1997 de Wartime, où l'on peut aussi entendre la voix de Nicholas Courtney, alias le Brigadier.
Tourné entièrement on location, c'est à dire en extérieur par opposition à la série régulière qui, dans sa grande majorité, est filmée en studio, ce téléfilm bénéficie du coup de jolis décors, ceux de ruines au milieu de la forêt situées pas bien loin de Bolton, dans le comté du Grand Manchester. Si bien que sur la grosse demi-heure que dure l'histoire, on a droit à dix bonnes minutes de balade dans les bois, avec pour seule compagnie le chant des oiseaux !
Le tout enregistré sur une vidéo de piètre qualité comparable à celle d'un porno allemand des années 80. Un téléfilm vraiment réalisé avec trois bouts de ficelle, donc, mais qui peut plaire justement grâce, ou à cause, de ça. Après tout, ce sont des fans qui ont réalisé "leur Doctor Who", et on peut leur passer quelques défauts de jeunesse. Reste que Reeltime Pictures existe toujours à l'heure actuelle, j'ai d'ailleurs eu l'occasion de discuter par mail avec leur actuel directeur (je voulais savoir quand sortait le DVD), qui est très sympa.
Un mot quand même sur le quoi-t-est-ce que ça cause ? Lors d'une mission, Benton se retrouve inexplicablement plongé dans son passé, où il va revivre la perte de son père, tombé au champ d'honneur lors de la seconde guerre mondiale, et celle de son frère, décédé tragiquement alors qu'ils jouaient tous deux dans les ruines, enfants. Assailli par les fantômes de son passé, le Warrant Officer est aussi, sans le savoir, sous la menace d'un ennemi bien réel...
A l'époque, Wartime est sorti directement en VHS en 1987, mais il a semble-t-il eu l'honneur d'une diffusion dans quelques cinémas Outre-Manche quelques mois plus tard. Il est ensuite ressorti, en 97 et toujours sur cassette, dans une version remastérisée. Il aura fallu attendre septembre 2015 pour que le DVD voie le jour, et c'est une semi-déception. On y trouve certes quelques documentaires qui montrent l'avant Wartime (autrement dit les tentatives amateurs qui l'ont précédé), le making-off du téléfilm et l'après (l'héritage du film, ce qu'il a apporté au monde du fandom), mais la galette est tout de même assez vide. Notamment, on ne trouve aucune piste sous-titrée. Ca reste très compréhensible à condition d'avoir un niveau minimum d'anglais, mais ça bloquera sans doute pas mal de monde.
L'épisode que je vous conseille : bon Kévin, je te le redis pour la dernière fois, quand y a qu'un épisode, je peux pas te conseiller lequel choisir
vendredi 10 juin 2016
Broadway Video : la dernière séance
L'article sur les comics VO d'aujourd'hui sera nettement plus court que les précédents, et pour cause, puisqu'il vous parle d'un éditeur qui n'a pas duré longtemps. Un éditeur qui, une fois n'est pas coutûme, n'a aucun lien avec Image Comics mais avec... une boîte de production pour la télévision !
L'INSTANT VO (What else ?)
Fondée en 1979, Broadway Video produit de nombreux shows télévisés dont le fameux Saturday Night Live, créé en 1975 par Lorne Michaels. Elle tire son nom de l'adresse de ses bureaux, sur Broadway. Le Saturday Night Live va donner naissance à plusieurs "spin-off" au fil des ans, parmi lesquels les Late Night with..., différentes personnes s'étant succédé à sa présentation. Dans les années 90, Broadway Video se diversifie et commence à produire des films, sous le label Braodway Video Film.
La société continuera à multiplier ses marques durant cette décade, avec une société de sous-traitance pour la post-production de films et séries (Broadway Video Post-Production), une autre spécialisée dans l'acquisition de licences et le partenariat avec d'autres groupes (Broadway Video Ventures) et une autre dédiée à la distribution (Broadway Video Enterprises). C'est cette dernière qui va donner naissance, en 1995, à Broadway Comics, une ligne de comic-books dont les rênes sont confiées à Jim Shooter.
Shooter, c'est pas vraiment un débutant. Scénariste et occasionnellement artiste chez DC Comics durant les années 60, il part pour la maison d'en face après avoir arrêté ses études, à l'orée de la décennie suivante. Chez Marvel, il sera parfois crédité en tant qu'auteur, mais c'est surtout son rôle d'éditeur qui deviendra prépondérant. A la fin des années 70, il devient même éditeur en chef à la suite d'Archie Goodwin, et c'est sous son règne que les Uncanny X-Men de Chris Claremont ou les Avengers de Roger Stern connaîtront le succès.
Mais son interventionnisme le brouille avec bon nombre de créateurs, qui partent alors pour la Distinguée Concurrence. Shooter est viré en 1987, mais il rebondit assez vite et, à la fin des années 80, il monte la société Voyager Communications, qui édite des comics sous le label Valiant Comics. Il sera une fois de plus renvoyé par la direction trois ans plus tard, suite à quoi il crée Defiant Comics, un éditeur qui ne tiendra pas longtemps. Nous en reparlerons. Finalement, en 1995, l'association est faite avec Broadway.
Les deux premiers titres lancés par Broadway Comics sont des anthologies, lancées en novembre et décembre 1995. Dans la première, Powers that Be, le super-héros extraterrestre Cor partage l'affiche avec la bad girl justement nommée Fatale, mais l'association ne dure qu'un numéro ! Fatale est bifurquée sur l'autre magazine, et la série de Cor, Star Seed, prend l'intégralité du sommaire, au point que la revue sera rebaptisée à son nom après six numéros.

La deuxième anthologie s'appelle Shadow State, et elle fait donc apparaître pour la deuxième fois Fatale, aux côtés de la curieuse série 'Till Death Do Us Part. Encore une fois, Fatale ne restera pas longtemps (deux numéros cette fois-ci). L'autre moitié du magazine devient donc l'histoire centrale, et elle est amusante en ce sens qu'elle se divise en deux parties. 'Till Death Do Us Part, donc, qui conte les péripéties d'un petit bandit amateur de comics qui se retrouve transformé en super-héros...
... et Image Isn't Everything, qui se trouve être la BD que lit l'anti-héros, et qui moque ouvertement le style bêbête et le dessin disproportionné de certaines productions d'Image Comics, en particulier de ce que produit Rob Liefeld. D'ailleurs, le titre dit tout le mal que pense Jim Shooter de ces nouvelles stars au succès injustifié, selon lui. Et Fatale dans tout ça ? Et bien au final, elle a droit à sa propre mini-série en six épisodes, qui débute en janvier de l'année suivante.

Entre temps, Broadway Video Enterprises, la maison-mère, a commandé à Shooter un comics spécial destiné à ses meilleurs clients, pour les fêtes de fin d'année. Produit à peu d'exemplaires et ayant coûté fort cher à produire, Miracle on Bradway est logiquement le comics le plus rare de l'éditeur, même si Shooter a eu la riche idée de le proposer à la lecture sur son blog. L'histoire, un peu con-con, mêle dans un conte de Noël moderne l'intégralité des personnages de Broadway, déjà apparus dans les anthologies ou à venir !
En mai 1996, l'éditeur réalise un autre épisode spécial, Babes of Broadway, qui regroupe des illustrations des personnages féminins de la firme dans des poses plus ou moins lascives. Enfin, en juillet de cette même année débute la série Knights on Broadway, dont le pitch est assez original. Mais l'aventure est de courte durée et, avant que Shooter n'ait pu rapatrier les licences de Defiant , Broadway Comics est vendu à Golden Books, qui fait faillite peu après.

Voilà qui signe la fin de cette courte histoire, simple goutte d'eau d'à peine un an dans la longue carrière de Jim Shooter. En France, autant vous dire que l'éditeur est passé complètement sous le radar de tout le monde. Déjà que Valiant a à peine été survolé, alors imaginez ce que SEMIC pensait d'une telle étoile filante...
J'ai trouvé tout ce que Broadway Comics a produit. Vous me direz, c'était pas bien compliqué.
Le bilan :
A feuilleter à l'occasion
Fatale : Inherit the Earth (janvier 1996, 6 épisodes)
scénario : Janet JACKSON, Joe JAMES, Jim SHOOTER et Pauline WEISS
dessin : J.G. JONES
Traquée sans relâche par la Confrérie et sa branche dissidente d'Utah, Fatale a le pouvoir d'absorber les facultés et les connaissances de quiconque entre en contact avec elle. Cette capacité est d'autant plus efficace lorsqu'elle embrasse la personne. En plein milieu des années 90, il était évident que Jim Shooter succomberait, comme bon nombre de ses concurrents, à la mode de la Bad Girl. Celle qu'il présente dans cette mini-série bénéficie d'un scénario relativement accrocheur, et du dessin encore un peu hésitant mais déjà remarquable de J.G. Jones.
Knights on Braodway : I Remember the Future (juillet 1996, 3 épisodes)
scénario : Janet JACKSON, Joe JAMES, Jim SHOOTER et Pauline WEISS
dessin : Geof ISHERWOOD
Tamara Bryn Neil est née avec une intelligence hors norme et la faculté de voir le futur. Un avenir apocalyptique, qui la pousse dès son plus jeune âge à inventer l'ultime source d'énergie et les moyens de l'appliquer pour sauver le monde. Terrifiée, sa mère refuse de croire en ses divagations. Le quartet d'auteurs de Broadway Comics s'attache ici à mettre en place une histoire de science-fiction difficilement crédible mais finalement assez originale, et dessinée de manière très correcte par Geof Isherwood. Hélas, elle s'arrête brusquement suite à la cessation d'activité de l'éditeur.
Powers that Be / Star Seed (novembre 1995, 9 épisodes)
scénario : collectif
dessin : Geof ISHERWOOD, J.G. JONES, John ROSS et Andrew WENDEL
En tant que fils d'extraterrestre, Cor bénéficie des incroyables pouvoirs de son père. Mais s'il ne prend pas régulièrement un médicament spécifique, il peut mourir d'un simple rhume. Or, ses réserves s'épuisent, alors qu'un ennemi surpuissant se fait jour. Première série de Broadway Comics, Powers that Be devait être une anthologie. Et effectivement, le premier numéro présente deux séries, mais c'est rapidement Star Seed qui prend l'avantage et devient le titre majeur, au point que le comics sera rebaptisé dès le septième numéro. La série, sans révolutionner le genre, est assez agréable.
L'INSTANT VO (What else ?)
Fondée en 1979, Broadway Video produit de nombreux shows télévisés dont le fameux Saturday Night Live, créé en 1975 par Lorne Michaels. Elle tire son nom de l'adresse de ses bureaux, sur Broadway. Le Saturday Night Live va donner naissance à plusieurs "spin-off" au fil des ans, parmi lesquels les Late Night with..., différentes personnes s'étant succédé à sa présentation. Dans les années 90, Broadway Video se diversifie et commence à produire des films, sous le label Braodway Video Film.
La société continuera à multiplier ses marques durant cette décade, avec une société de sous-traitance pour la post-production de films et séries (Broadway Video Post-Production), une autre spécialisée dans l'acquisition de licences et le partenariat avec d'autres groupes (Broadway Video Ventures) et une autre dédiée à la distribution (Broadway Video Enterprises). C'est cette dernière qui va donner naissance, en 1995, à Broadway Comics, une ligne de comic-books dont les rênes sont confiées à Jim Shooter.
Shooter, c'est pas vraiment un débutant. Scénariste et occasionnellement artiste chez DC Comics durant les années 60, il part pour la maison d'en face après avoir arrêté ses études, à l'orée de la décennie suivante. Chez Marvel, il sera parfois crédité en tant qu'auteur, mais c'est surtout son rôle d'éditeur qui deviendra prépondérant. A la fin des années 70, il devient même éditeur en chef à la suite d'Archie Goodwin, et c'est sous son règne que les Uncanny X-Men de Chris Claremont ou les Avengers de Roger Stern connaîtront le succès.
Mais son interventionnisme le brouille avec bon nombre de créateurs, qui partent alors pour la Distinguée Concurrence. Shooter est viré en 1987, mais il rebondit assez vite et, à la fin des années 80, il monte la société Voyager Communications, qui édite des comics sous le label Valiant Comics. Il sera une fois de plus renvoyé par la direction trois ans plus tard, suite à quoi il crée Defiant Comics, un éditeur qui ne tiendra pas longtemps. Nous en reparlerons. Finalement, en 1995, l'association est faite avec Broadway.
Les deux premiers titres lancés par Broadway Comics sont des anthologies, lancées en novembre et décembre 1995. Dans la première, Powers that Be, le super-héros extraterrestre Cor partage l'affiche avec la bad girl justement nommée Fatale, mais l'association ne dure qu'un numéro ! Fatale est bifurquée sur l'autre magazine, et la série de Cor, Star Seed, prend l'intégralité du sommaire, au point que la revue sera rebaptisée à son nom après six numéros.

La deuxième anthologie s'appelle Shadow State, et elle fait donc apparaître pour la deuxième fois Fatale, aux côtés de la curieuse série 'Till Death Do Us Part. Encore une fois, Fatale ne restera pas longtemps (deux numéros cette fois-ci). L'autre moitié du magazine devient donc l'histoire centrale, et elle est amusante en ce sens qu'elle se divise en deux parties. 'Till Death Do Us Part, donc, qui conte les péripéties d'un petit bandit amateur de comics qui se retrouve transformé en super-héros...
... et Image Isn't Everything, qui se trouve être la BD que lit l'anti-héros, et qui moque ouvertement le style bêbête et le dessin disproportionné de certaines productions d'Image Comics, en particulier de ce que produit Rob Liefeld. D'ailleurs, le titre dit tout le mal que pense Jim Shooter de ces nouvelles stars au succès injustifié, selon lui. Et Fatale dans tout ça ? Et bien au final, elle a droit à sa propre mini-série en six épisodes, qui débute en janvier de l'année suivante.

Entre temps, Broadway Video Enterprises, la maison-mère, a commandé à Shooter un comics spécial destiné à ses meilleurs clients, pour les fêtes de fin d'année. Produit à peu d'exemplaires et ayant coûté fort cher à produire, Miracle on Bradway est logiquement le comics le plus rare de l'éditeur, même si Shooter a eu la riche idée de le proposer à la lecture sur son blog. L'histoire, un peu con-con, mêle dans un conte de Noël moderne l'intégralité des personnages de Broadway, déjà apparus dans les anthologies ou à venir !
En mai 1996, l'éditeur réalise un autre épisode spécial, Babes of Broadway, qui regroupe des illustrations des personnages féminins de la firme dans des poses plus ou moins lascives. Enfin, en juillet de cette même année débute la série Knights on Broadway, dont le pitch est assez original. Mais l'aventure est de courte durée et, avant que Shooter n'ait pu rapatrier les licences de Defiant , Broadway Comics est vendu à Golden Books, qui fait faillite peu après.

Voilà qui signe la fin de cette courte histoire, simple goutte d'eau d'à peine un an dans la longue carrière de Jim Shooter. En France, autant vous dire que l'éditeur est passé complètement sous le radar de tout le monde. Déjà que Valiant a à peine été survolé, alors imaginez ce que SEMIC pensait d'une telle étoile filante...
J'ai trouvé tout ce que Broadway Comics a produit. Vous me direz, c'était pas bien compliqué.
Le bilan :
A feuilleter à l'occasion
scénario : Janet JACKSON, Joe JAMES, Jim SHOOTER et Pauline WEISS
dessin : J.G. JONES
Traquée sans relâche par la Confrérie et sa branche dissidente d'Utah, Fatale a le pouvoir d'absorber les facultés et les connaissances de quiconque entre en contact avec elle. Cette capacité est d'autant plus efficace lorsqu'elle embrasse la personne. En plein milieu des années 90, il était évident que Jim Shooter succomberait, comme bon nombre de ses concurrents, à la mode de la Bad Girl. Celle qu'il présente dans cette mini-série bénéficie d'un scénario relativement accrocheur, et du dessin encore un peu hésitant mais déjà remarquable de J.G. Jones.
scénario : Janet JACKSON, Joe JAMES, Jim SHOOTER et Pauline WEISS
dessin : Geof ISHERWOOD
Tamara Bryn Neil est née avec une intelligence hors norme et la faculté de voir le futur. Un avenir apocalyptique, qui la pousse dès son plus jeune âge à inventer l'ultime source d'énergie et les moyens de l'appliquer pour sauver le monde. Terrifiée, sa mère refuse de croire en ses divagations. Le quartet d'auteurs de Broadway Comics s'attache ici à mettre en place une histoire de science-fiction difficilement crédible mais finalement assez originale, et dessinée de manière très correcte par Geof Isherwood. Hélas, elle s'arrête brusquement suite à la cessation d'activité de l'éditeur.
scénario : collectif
dessin : Geof ISHERWOOD, J.G. JONES, John ROSS et Andrew WENDEL
En tant que fils d'extraterrestre, Cor bénéficie des incroyables pouvoirs de son père. Mais s'il ne prend pas régulièrement un médicament spécifique, il peut mourir d'un simple rhume. Or, ses réserves s'épuisent, alors qu'un ennemi surpuissant se fait jour. Première série de Broadway Comics, Powers that Be devait être une anthologie. Et effectivement, le premier numéro présente deux séries, mais c'est rapidement Star Seed qui prend l'avantage et devient le titre majeur, au point que le comics sera rebaptisé dès le septième numéro. La série, sans révolutionner le genre, est assez agréable.
mardi 7 juin 2016
Doctor Who saison 24
diffusion initiale : du 7 septembre au 7 décembre 1987
nb d'épisodes : 14 répartis en quatre aventures
DVD :
- > coffret Regeneration (contient Time and the
Rani 1 à 4)
> Paradise Towers 1 à 4
> Delta and the Bannermen 1 à 3
> coffret Ace Adventures (contient Dragonfire 1 à 3)
Docteur : Silvester McCoy
Compagnons : Melanie Bush, Dorothy "Ace" McShane
THE LAST CHANCE. Et donc voilà : le Docteur s'en est reparti pour de nouvelles aventures, mais Colin Baker a été laissé sur le bas côté. Il faut tout de même savoir que l'acteur a appris la nouvelle pendant ses "vacances", juste après la fin de la dernière saison, et par voie de presse qui plus est. On est élégant, à la BBC. C'est Sylvester McCoy qui a été casté pour le remplacer.
McCoy, c'est avant tout un acteur de théâtre à ce moment-là, et il est habitué à jouer des pantomimes. Il a une bille de clown et une certaine tendance au surjeu, voire à la grimace. Du coup, son Docteur s'inscrit dans un premier temps dans la mouvance de celui de Patrick Troughton, à savoir une image de rigolo de service, apparamment bon à rien mais capable de quelques perles de sagesse lorsque le besoin s'en fait sentir. Il est aussi grognon par moment, et on verra par la suite qu'il évoluera vers quelque chose de bien plus gritty... Teaser, teaser.
Toujours est-il qu'il apparait directement dans Time and the Rani, sa régénération s'effectuant lors d'un pré-générique, quelque chose que l'on n'avait pas vu depuis la régénération de Peter Davison. Sauf que cette régénération-ci est un peu particulière, dans le sens où elle n'implique... qu'un seul acteur ! Ben oui, vu comment il a été viré, il est bien normal que Baker n'ait pas voulu revenir pour jouer le gars sur le départ. La prod' est tout de même parvenue à tricher en incorportant une image fixe de lui !
Avec l'arrivée de Sylvester McCoy s'annoncent trois autres changements d'importance. Le premier est le nouveau script-editor, Andrew Cartmel, qui va pousser la série dans le registre de la comédie bouffonne. Nous y reviendrons. Le deuxième, c'est un énième changement de jour de diffusion, ici le lundi, ce qui ne changera absolument rien aux audiences. Le dernier, c'est un nouveau générique, plutôt cool pour l'époque même si l'on a bien du mal à y reconnaître la tronche de l'acteur principal !
Comédie bouffonne, donc. En fait, il s'agit plutôt de faire une bonne fois pour toute de Doctor Who une série B, comme son budget l'y contraint. Mais une série B totalement assumée, limite décomplexée, et qui ne se cache plus d'être un programme pour enfants avec des monstres en mousse et des décors en carton. Le kitch c'est chic, et puisque le sérieux ne fonctionnait plus, autant tenter autre chose.
Aux côtés du Doc, Mel Bush fonctionne par intermitence. C'est quand même l'un des rares Companions à être arrivé comme ça, sans background, sans raison, et ce n'est pas dans cette saison que ces deux points seront développés. Mais qu'importe : Mel, c'est madame happy, la fille toujours enjouée même quand il ne se passe rien. C'est aussi elle qui marque le grand retour des hurleuses, chargées de vous péter les tympans à chaque cliffhanger. Last but not least, si elle a beaucoup moins de devanture que celle qui l'a précédée, on est en revanche très content de la voir partir, si vous voyez ce que je veux dire.
Et justement, on la verra partir à la toute fin de la saison, remplacée par Sophie Aldred dans le rôle d'Ace. Ace parce qu'elle ne sait à peu près dire que ça, et "brill" pour brillant. Et "bilgebag" aussi. Sensée prendre en charge le rôle de l'ado moderne des années 80, elle arrive avec une dégaine pas possible, un anglais très approximatif et le caractère de la nana qui a pas encore vu le loup et qui en veut au monde entier pour ça. A priori en phase avec son époque vu qu'elle est encore considérée comme l'un des meilleurs Companions de la série classique, elle n'est pas trop désagréable mais franchement, je ne vois pas vraiment ce qu'on lui trouve pour l'instant.
La saison s'ouvre sur Time and the Rani qui, comme son nom l'indique, voit le retour de la Rani, cette Time Lady que l'on n'avait plus vue depuis The Mark of the Rani (S22E3). Elle est ici ridicule, mais en même temps, c'est l'aventure elle-même qui le veut. Comme je vous le disais, Doctor Who accepte désormais son statut d'oeuvre cu-culte, et donc on a ici droit à une espèce de long clip de Tina Turner, chevelure comprise, agrémentée de monstres sortis tout droit d'un épisode de Bioman, et qui se font latter par des canons à confettis.
Et pourtant, je n'en ferai pas mon "épisode que je vous conseille", parce que rien que le prochain le bat à plate coutûre en matière de portnawak. L'histoire de Paradise Towers est brillante, elle se déroule dans un immeuble qui devait représenter le paradis (là encore je me suis pas foulé sur le résumé, c'est le titre) mais où tout est parti en couille. Et bon, je vous fais pas le détail parce que j'y reviendrai en fin de chronique, mais heureusement que le ridicule ne tue pas, parce qu'il y aurait eu un massacre sur le plateau de tournage.
Delta and the Bannermen ne se ménage pas non plus côté gros délire. Tourné au Pays de Galles quinze ans avant que Cardiff n'accueille le grand retour de la série, cette histoire de princesse en détresse poursuivie par des méchants mercenaires a tout d'un épisode de Benny Hill, à commencer par la musique excitée et répétitive qui donne l'impression d'une course-poursuite ininterrompue sur trois épisodes. La princesse en question ressemble à Hilguegue des Musclés qui porterait la robe de Cerise de Groupama, et l'ensemble se déroule dans les années 50 avec des touristes extraterrestres déguisés façon rockabilly. 'Nuff said !
Pas terribles non plus les maquettes, mais quelques effets spéciaux s'en sortent pas trop mal. Curieusement, cette aventure improbable comporte également quelques scènes un peu glauques, mais pas aussi trash tout de même que la fin de Dragonfire, qui a fait couler beaucoup d'encre à l'époque, les équivalents locaux de Famille de France ayant gueulé un bon coup. Et bon, sans jouer mon oie blanche, il est vrai qu'une telle scène dans un programme clairement annoncé comme pour enfants, c'était peut-être un peu trop.
Mais Dragonfire, ce n'est pas que ça. C'est aussi, comme évoqué plus haut, le départ de Mel et l'arrivée d'Ace, mais c'est aussi le retour de ce cher Sabalom Glitz, qui décidément a un certain succès depuis ses débuts la saison précédente. Au delà du sympathique anti-héros, c'est une aventure qui se tient plutôt bien, réalisée en studio avec des décors pas dégueu pour le budget. Ah oui, et puis c'est aussi là qu'on trouve le pire cliffhanger de toute la série, tout simplement.
Je vous plante la scène. Le Docteur est au bord d'une falaise en à-pic qu'il veut absolument descendre. Pourquoi il fait pas le tour ? J'en sais rien. Donc il enjambe la rambarde, il se tient au parapet puis à son parapluie, et puis il se rend compte qu'il est quand même trop court, mais c'est trop tard, il glisse. Complètement illogique, et c'est d'autant plus dommage qu'il y avait un vrai cliffhanger potentiel trente seconde avant, lorsque Mel et Ace se font surprendre par le dragon qui donne son titre à l'aventure.
Si on fait le bilan, calmement, en se remémorant chaque instant (salut les djeunnz), cette saison marque surtout une nouvelle orientation pour la série. Nouvel acteur central, nouvelle actrice centrale aussi, nouveau script-editor et, au final, un plongeon marqué vers la gaudriole. Qu'on se le dise, le Docteur version McCoy est un pitre et sa série est une farce à la hauteur de son budget limité. Et pourtant, Who va contre-braquer complètement dès l'année suivante, mais ça, c'est une autre histoire. En attendant, il y a toujours un paquet de bonus dans les DVD's, qui causent de la production des histoires, des acteurs, des produits dérivés, des effets spéciaux...
L'épisode que je vous conseille : Paradise Towers. Des gangs de punkettes qui jouent à chat et qui parlent leur propre langage, des grands-mères canibales, des gardiens néo-nazis très à cheval sur le protocole, des robots-ménagers qui tuent, un Rambo maigrichon et trouillard comme pas deux, un badass constitué de néons et des crabes fluos, tout ça dans un immeuble insalubre baigné d'une musique au synthé qui pue bon les 80's, si ça vous vend pas du rêve, ça...
samedi 4 juin 2016
Doctor Who saison 23
diffusion initiale : du 6 septembre au 6 décembre 1986
nb d'épisodes : 14 répartis en quatre aventures
DVD :
- > coffret The Trial of a Time Lord (contient
The Trial of a
Time Lord 1 à 14)
Docteur : Colin Baker
Compagnons : Perpugilliam Brown, Melanie Bush, Sabalom Glitz et le Maître
ON TRIAL... Après un an et demi d'absence des écrans brittons, Doctor Who revient plus en forme que jamais... Enfin, il revient, et c'est déjà ça. Les pétitions ont eu raison de la volonté des pontes de la BBC, qui auraient préféré investir leur argent dans un programme novateur. Mais si la série est de retour, ce n'est pas sans concessions. Déjà, il n'y aura que quatorze épisodes. Vous me direz qu'il y en avait treize la saison passée. Soit, mais ils faisaient 45 mn chacun, alors que cette vingt-troisième série voit le retour du format classique, de vingt-cinq minutes.
C'est donc amputée de moitié que la saga fait son retour, mais ce n'est pas tout. Les scripts qui avaient originellement été prévus, et qui étaient même sur le point d'être tournés pour un retour programmé en janvier, sont tous annulés. En lieu et place, il est décidé de trois serials sur le thème de Noël, de resepctivement quatre, quatre et six épisodes. Et puis l'idée mûrit, et on finit par se retrouver avec le Procès d'un Seigneur du Temps, quatorze épisodes d'une même histoire qui fait écho au fait que la série elle-même est sur la sellette.
En fait, l'histoire est divisée en quatre, même si l'on ne connait les arches narratives que sous leur nom de travail. Le procédé renvoie à la saison seize, dont toutes les histoires tournaient autour de la clé du temps. Le résultat de ce "procès" est en tout cas sans appel : acteur principal renvoyé au terme de la saison, script editor démissionnaire et audiences en berne, avec quatre à cinq millions de téléspectateurs là où la précédente série en réunissait six à sept millions... Curieusement, la direction de la chaîne est convaincue de produire une saison de plus, mais Doctor Who ne se remettra jamais de cette période troublée.
Et pourtant, tout avait bien commencé. Passé un générique durant lequel on reconnait à peine le thème principal, la saison s'ouvre sur une scène de maquettes absolument incroyable, digne de Star Wars et qui, même à l'heure actuelle, a encore de la gueule. Il faut dire que les méthodes de tournage dans leur ensemble ont changé en 1986, et les scènes en extérieur sont désormais tournées avec les mêmes caméras à cassettes que les scènes en studio.
L'histoire de cette première arche narrative, surnommée The Mysterious Planet, voit en outre le Docteur revenir, de force, auprès des siens. Les Gallifreyens ont toujours autant de style, même lorsqu'ils ne font que s'asseoir sur les bancs d'un tribunal. L'idée de la saison est que le Docteur est jugé par ses pairs pour le crime qu'il commet sans cesse : se mêler des affaires des autres, et en particulier des Terriens.
Et ça fonctionne. Ecrit par le vétéran Robert Holmes, le récit montre le héros et Peri former un bien meilleur couple qu'auparavant, moins prompt aux disputes stériles. De manière globale, la violence, critiquée la saison passée, est ici atténuée par une bone dose d'humour. Et si le "monster of the week" n'est pas très crédible, les décors et les costumes sont plutôt jolis.
La deuxième histoire de la saison, baptisée Mindwarp, essaie elle aussi de se montrer originale, mais elle n'y parvient que très moyennement. Déjà, l'effet vidéo utilisé pour rendre le décor le plus extraterrestre possible est franchement dégueulasse. A côté de ça, le téléspectateur aura le grand plaisir de retrouver Sil, le méchant de Vengeance on Varos (S22E2), toujours interprêté magistralement par Nabil Shaban et accompagné pour l'occasion par son patron, et de découvrir le roi Yrcanos, joué pour sa part par Brian Blessed. Cet acteur, larger than life aussi bien physiquement que mentalement, vous le connaissez peut-être pour son rôle dans Robin des Bois, où il jouait le père de Robin. Dans Doctor Who, il surjoue à mort, mais ça en devient assez rigolo. Il me fait penser au chef mongol dans Kaamelott.
C'est aussi dans Mindwarp que l'on voit mourir Peri... Sa fin est particulièrement cruelle, et elle est à l'origine du procès auquel le Docteur doit faire face. Lorsqu'il apprend la nouvelle (c'est une longue histoire, mais il n'est pas présent lorsqu'elle succombe), il est dévasté. C'est alors que prend fin la charge du procureur, et que la défense prend la parole. On se dit alors que ce bon Docteur va nous retourner ça comme il sait si bien le faire. Grave erreur.
L'histoire qui doit servir au Docteur pour se décharger, si je puis dire, c'est celle de Terror of the Vervoids, où les passagers d'une croisière cosmique sont les victimes d'assassinats. Avec ce récit, la série revient quelque part aux fondamentaux, à savoir la traditionnelle histoire de base under siege, mâtinée d'enquête à la Hercule Poirot. Très classique, cette arche a juste un truc pas mal, je trouve : le cri de la compagne du Docteur lors du cliffhanger se fond dans le début du générique de fin. Ce qui est, je vous l'accorde, plutôt mince.
La compagne ? Peri n'est-elle pas morte ? Oui et non, pour tout vous dire, mais on verra ça plus tard. C'est juste qu'entre temps, une nouvelle assistante vient de débarquer. Une certaine Melanie Bush, jouée par Bonnie Langford. Si on ne connait quasiment pas cette rousse flamboyante de ce côté-ci de la Manche, la nouvelle de son arrivée avait à l'époque jeté un froid. En effet, elle était déjà connue en Angleterre et les fans avaient peur qu'elle vole la vedette à Colin Baker. Au final, elle s'acquitte de son rôle plutôt correctement, même si son personnage n'est pas du tout fouillé.
Notons aussi la présence, durant cette aventure, de la bien plus célebre Honor Blackman, alias Cathy dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir, alias Pussy Galore dans Goldfinger également. En dehors de la distribution plutôt sympa, Terror of the Vervoids souffre d'une histoire bancale pleine d'incohérences temporelles, de personnages aux réactions erratiques, de costumes pitoyables et d'effets spéciaux à la mesure, avec notamment un trou noir de couleur rouge aussi menaçant qu'un flan au caramel.
La conclusion du procès prend la forme de deux épisodes appelés The Ultimate Foe. Ecrite là encore par Bob Holmes mais hélas non achevée du fait de la mort du scénariste, l'aventure a connu moult réécritures, ce qui a causé non seulement le départ du script editor Eric Saward, excédé par les décisions de son producteur mégalo, mais aussi le renvoi de Colin Baker, considéré comme le vecteur de l'échec. Et probablement la fuite d'une partie des spectateurs, qui ont pas dû y biter grand-chose.
Il faut dire que Pip et Jane Baker (couple à la ville mais sans lien de parenté avec Colin) ont eu quelque chose comme trois jours pour l'écrire, et ce sans avoir toutes les cartes en main. Du coup, on a droit à un grand portnawak durant lequel on découvre tour à tour que
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Parmi les trucs assez incroyables qui se déroulent dans cette aventure, on notera le retour, logique, de Melanie, et celui, moins attendu, de Sabalom Glitz, aperçu uniquement durant la première arche narrative. Le bandit spatial sera même, aux côtés du Docteur, le Companion du Maître, voyageant à bord de son TARDIS. Oui je sais, je triche un peu, mais ça remplit le cadre.
Finalement, c'est donc dans un grand capharnaüm que s'achève la saison maudite de 1986. La série y a perdu son acteur principal, son script editor et, surtout, sa crédibilité. Le torchon brûle entre les dirigeants de la chaîne et John Nathan-Turner, le producteur jusqu'alors superstar et qui s'attire désormais l'inimitié tant de ses patrons que de ses subordonnés. Tout cela, les bonus des DVD le représentent bien, eux qui s'attardent non seulement sur la production chaotique que sur les épisodes perdus.
L'épisode que je vous conseille : Terror of the Vervoids. C'est l'histoire des Daft Punk qui jouent à Space Invaders et qui se font tuer par des méchants platanes qui ont une tête de gland. Et je parle pas du fruit du chêne...
mercredi 1 juin 2016
Sorties comics de mai
Ca aura été le mois de mai le plus arrosé de toute l'histoire de la
météo. On arrête pas de nous le rabâcher en ce moment, preuve qu'il n'y a
sans doute rien de mieux à dire, mais à cela, je rétorque que c'est
tant mieux : ça laisse plus de temps pour bouquiner un bon comics. Et
des bons comics, il y en a à la pelle ce mois-ci, notamment chez Urban
et Glénat. Le premier balance du lourd avec le Autumnlands de Busiek, le
Tokyo Ghost de Remender et la suite d'East of West, tandis que le
second poursuit l'édition de Lazarus et tente à son tour l'aventure
X-Files, avec une nouvelle série d'IDW bien dans le ton de la saga
télévisuelle.
LE COMICS (indé) DU MOIS (de mai)
The AUTUMNLANDS (tome 1, éditions Urban)

scénario : Kurt BUSIEK (Marvels, Astro City)
dessin : Benjamin DEWEY (I Was the Cat, Monsters & Dames)
genre : dessine-moi un mouton chaotique neutre avec PSI+2
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient The Autumnlands 1 à 6)
Flottant au dessus des Terres d'Automne, les dix-sept cités abritent des mages qui n'ont que mépris envers les tribus qui vivent au sol. Pourtant, la magie s'étiole et, bientôt, les cités ne pourront plus se sustenter. Il faut trouver une solution, et celle-ci pourrait passer par l'invocation du légendaire héros des temps jadis. Mais le sort tourne court, et les thaumaturges sont projetés au sol. Les pertes sont énormes et, pire encore, l'Elu n'a rien d'exceptionnel.
Il s'agit d'un homme, d'un soldat venu d'un monde en guerre entre deux factions dotées de technologie très avancée, et qui n'a jamais vu d'animaux parler. Pourtant, les habitants des cités comme ceux des plaines sont tous des bêtes anthropomorphes. Dunstan Dourlainson, jeune chiot qui a perdu son père dans la catastrophe, tente d'aider le nouveau venu, même s'il n'adhère pas toujours à ses plans machiavéliques. Et même si, hormis une poignée de magiciens, personne ne croit en lui...
La nouvelle série de Kurt Busiek est un véritable enchantement, dans tous les sens du terme. L'univers est à la fois original et très cohérent, les personnages ne manquent pas de charisme, et si l'on sent arriver les rebondissements - en particulier l'identité du héros et la traîtrise de certains personnages - d'assez loin, le récit qu'il délivre tient en haleine du début à la fin. A mi-chemin entre le conte moderne et le genre, fourre-tout, de l'heroic-fantasy, son histoire ne manque pas de souffle épique.
Et puis il a un autre atout dans sa manche : les illustrations de Benjamin Dewey sont splendides. Ses pages fourmillent de détails, mais on soulignera en particulier les peintures qui ouvrent chaque numéro, et qui accompagnent un texte que l'on croirait tout droit sorti d'une fable, à la manière des oeuvres d'art des frères Hildebrandt pour le Seigneur des Anneaux. D'ailleurs, c'est le même genre d'émotions que l'on ressent à la lecture d'Autumnlands, ce qui n'est pas peu dire.

DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
LAZARUS (tome 4, éditions Glénat)

scénario : Greg RUCKA (Queen & Country, Whiteout)
dessin : Michael LARK (Terminal City, Daredevil)
genre : Full Metal Jacket dans un univers futuriste
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Lazarus 16 à 21)
Le patriarche de la famille Carlyle a été empoisonné et ses signes vitaux sont de plus en plus faibles. La famille Hock en a profité pour déclarer la guerre à sa rivale, et il va s'agir pour Forever de mener une petite unité de soldats en infiltration afin de détruire les positions ennemies. Tout en déclenchant une véritable guerre ouverte qui permet à Michael Lark d'exprimer toute la puissance de ses dessins dans des scènes d'action toujours plus intenses, Greg Rucka développe en parallèle plusieurs pistes et achève son arche narrative sur un brillant coup de théâtre.
(4/5)
BITCH PLANET (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Kelly Sue DECONNICK (Pretty Deadly, Avengers Assemble)
dessin : Valentine de LANDRO (X-Factor) et Robert WILSON IV (Heartthrob)
genre : Super Vixens meets Rollerball
édité chez MILKFED CRIMINAL MASTERMINDS, Inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Bitch Planet 1 à 5)
Dans un futur proche, la société patriarcale interdit aux femmes toute dérive. Celles qui ne se plient pas à la volonté des hommes sont jugées non-conformes et envoyées au pénitencier de Bitch Planet. Kamau Kogo est l'une d'entre elles, et elle intéresse fortement ses geôliers. Pour l'instant, la série de Kelly Sue Deconnick promet plus qu'elle n'offre. Le message féministe n'est pas particulièrement subtil, et l'intrigue suit un cours assez lent et fracturé. Néanmoins, l'imagerie des films de sexploitation des années 70 est bien respectée par Valentine de Landro.
(3/5)
Les NOUVELLES AVENTURES des ANGRY BIRDS (tome 1, éditions Le Lombard)

scénario : Jeff PARKER (Agents of Atlas) et Paul TOBIN (Plants Vs. Zombies)
dessin : Jean-Michel BOESCH, Valentin DOMENECH, Diane FAYOLLE, Cesar FERIOLI (Walt Disney's Comics and Stories), Stefano INTINI et Corrado MASTANTUONO (Mickey and Donald Christmas Parade)
genre : gags pas drôles qui volent pas haut
édité chez ROVIO BOOKS, un label d'IDW COMICS, aux USA (contient Angry Birds : the Movie)
Avant que les Bad Piggies ne débarquent sur leur île, les Birds vivent paisiblement, à l'exception de Red, un colérique oiseau rouge qui passe le plus clair de son temps à râler pour tout et pour rien. Il enchaîne les petits boulots mais ne parvient pas à faire sa place dans la société. Basé sur le long-métrage animé, ce one-shot divisé en deux parties pour son adaptation française regroupe le même genre de gags en une ou plusieurs planches que la série régulière. A ceci près que l'humour y est encore plus minimaliste, tandis que les Birds en version anthropomorphe sont d'une rare laideur.
(0,5/5)
TOKYO GHOST (tome 1, éditions Urban)

scénario : Rick REMENDER (Fear Agent, Low)
dessin : Sean MURPHY (Off Road, Punk Rock Jesus)
genre : le pendant américain d'Akira. 'Nuff said !
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Tokyo Ghost 1 à 5)
Dans un futur où la population mondiale est accro aux médias, Led Dent et Debbie Decay sont chargés par le magnat de cette industrie florissante de mettre un terme aux agissements du seigneur de guerre de Tokyo, seule oasis de nature encore existante sur Terre. D'une beauté saisissante grâce aux illustrations fourmillant de détails de Sean Murphy, la nouvelle série de Rick Remender est également passionnante à suivre. L'univers cyberpunk qu'il décrit et les personnages charismatiques qu'il y place sont gages de qualité. A noter qu'Urban a aussi sorti en toute fin du mois dernier une version noir et blanc en grand format.
(4,5/5)
SKYLANDERS (tome 4, éditions Glénat)

scénario : Ron MARZ (Witchblade) et David RODRIGUEZ (Finding Gossamyr)
dessin : David BALDEON (Nova) et Fico OSSIO (Critter)
genre : histoires de monstres pour les n'enfants
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Skylanders 7 & 8)
La fée Calliope a dérobé les pouvoirs de Spyro et de quelques Skylanders triés sur le volet. Ces capacités vont en fait être utilisées pour libérer Malefor, l'immortel roi des dragons, qui s'empresse d'attaquer l'académie des Skylanders grâce à cette manne de puissance. Ron Marz et David Rodriguez construisent certes une histoire solide et non-dénuée de rebondissements, mais le fait est que l'on peine à trouver du plaisir à la lire. Les personnages et leur univers sont ternes, même si les deux illustrateurs les dessinent avec beaucoup de fidélité.
(2/5)
Les GARDIENS du GLOBE (tome 3, éditions Delcourt)

scénario : Phil HESTER (Firebreather, Green Hornet)
dessin : Todd NAUCK (Wild Guard, New Men)
genre : fourre-tout super-héroïque
édité chez SKYBOUND ENTERTAINMENT, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Invincible Universe 1 à 6)
Après le cataclysme provoqué par Dinosaurus, Cecil Stedman gère comme il le peut les crises qui se succèdent à un rythme effréné. Et s'il faut sauver un criminel de la trempe de Liu ou abattre le leader de la Corée du Nord pour sauver le monde, il est prêt à le faire. En parallèle de la série consacrée à Invincible, Phil Hester ressuscite les Gardiens du Globe. Mais si Todd Nauck est toujours aux manettes concernant la partie graphique, ce qui est plutôt un bon point, force est de constater que le scénariste ne sait pas où il va.
(2,5/5)
The X-FILES (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Chris CARTER et Joe HARRIS (Ghost Projekt, Alice Cooper)
dessin : Michael WALSH (Secret Avengers, Comeback)
genre : la vérité est dans ce comic-book
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient The X-Files Season 10 1 à 5)
De mystérieuses figures masquées s'en prennent à l'ancien directeur Skinner et à Dana Scully. Avec l'aide des Lone Gunmen et celle, plus surprenante, de l'Homme à la Cigarette, Fox Mulder va tenter de comprendre qui sont ces êtres et ce qu'ils recherchent. Quelques années avant son retour à la télévision, la série de Chris Carter est ressuscitée sous la forme d'un comics plutôt efficace. Joe Harris prend son temps mais il entretient le mystère durant toute cette première arche, et Michael Walsh est fidèle aux acteurs en dépit d'un trait volontairement dépouillé.
(4/5)
GONERS (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Jacob SEMAHN (Ultimate Spider-Man, Avengers Assemble : Civil War)
dessin : Jorge CORONA (Feathers, Teen Titans Go !)
genre : monstres et (curieuse) compagnie
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Goners 1 à 6)
La famille Latimer lutte depuis des temps immémoriaux contre les monstres qui cotoient et menacent l'humanité. Mais lorsque ces monstres s'en prennent au clan, il faudra tout le courage des survivants, aidés par l'inspecteur Lyle McCarthy et le psychopathe Ezra Jones, pour venir à bout de la menace. L'histoire mise en place par Jacob Semahn a tout pour passionner, mais l'auteur se fait malheureusement trop cryptique par moment pour que l'on puisse apprécier tous les tenants et les aboutissants de son récit. Au dessin, Jorge Corona fait montre de belles qualités, dans un style plutôt cartoony.
(3/5)
EAST of WEST (tome 5, éditions Urban)

scénario : Jonathan HICKMAN (Avengers, the Nightly News)
dessin : Nick DRAGOTTA (FF, the Age of the Sentry)
genre : western post-apo si on doit vraiment résumer ça
édité chez PRONEA, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient East of West 20 à 24)
Alors que la Nation Infinie et la République Populaire trouvent un terrain d'entente, Archibald Chamberlain engage le syndicat du crime pour assassiner Xiaolian. Dans le même temps, les Cavaliers de l'Apocalypse se lancent dans un douloureux rituel... Plus les épisodes passent et plus on se laisse embarquer par le récit de Jonathan Hickman, quand bien même il ne fait absolument rien pour étancher la soif de réponses de son lecteur. Sa série peut par contre s'appuyer sur le dessin toujours aussi stylisé de Nick Dragotta.
(4/5)
NOTRE UNIVERS en EXPANSION (éditions Futuropolis)

scénario et dessin : Alex ROBINSON (Too Cool to Be Forgotten, Box Office Poison)
genre : mise en garde aux futurs parents !
édité chez TOP SHELF PRODUCTIONS, un label d'IDW PUBLISHING, aux USA (contient Our Expanding Universe OS*)
Alors que son ami Scott attend un deuxième enfant, Billy se trouve toutes les excuses du monde pour ne pas en avoir. Sean, le troisième membre de leur inséparable trio, vit quant à lui un heureux célibat après un court mariage. Au fil du temps, leur relation privilégiée va se déteriorer... Grand spécialiste de ce genre de récits, Alex Robinson utilise l'allégorie d'un univers en perpétuelle expansion pour imager l'évolution d'une franche amitié face à la vie de couple et à l'arrivée d'enfants. Le rapprochement est intéressant et toujours aussi joliment présenté.
(3,5/5)
FIVE WEAPONS (tome 4, éditions Glénat)

scénario et dessin : Jimmie ROBINSON (Bomb Queen, Power Lines)
genre : Battle Royale avec des super-pouvoirs
édité chez SHADOWLINE, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Five Weapons 9 & 10)
Pour faire face à la sixième arme et à ses redoutables maîtres en manipulation mentale, Enrique Garcia et Tyler Chainline vont devoir trouver un terrain d'entente et parvenir à unir leurs camarades de classe. Heureusement, ils sont tous deux ofrt doués dans leurs domaines respectifs. Jimmie Robinson ne manque pas d'idées, et cette nouvelle arche scénaristique prouve que la série peut survivre à la résolution de son pitch. Le dessin est toujours frais et léger. Hélas, le public n'a pas suivi et l'aventure s'arrête de manière trop brutale.
(3/5 en V.O., 1/5 en V.F. parce que c'est trop cher)
* OS : one-shot, récit auto-contenu
PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
l'EXECUTEUR : JEU MORTEL (Button Man), édité chez Rebellion en Angleterre et chez Délirium en France
FANTASY SPORTS tome 2, édité chez Nobrow Press aux USA et chez Gallimard en France
GOUINES à SUIVRE tome 1 (The Essential Dykes to Watch Out for), édité chez Houghton Miflin aux USA et chez Meme Pas Mal en France
HIGHBONE THEATER, édité chez Fantagraphics aux USA et chez L'Association en France
NOUVELLES du FRONT d'un PERE MODERNE (Rules For Dating My Daughter), édité chez Uncivilized Books aux USA et chez Ca et Là en France
WHITE TRASH, édité chez Titan Books aux USA et chez Ankama en France
LE COMICS (indé) DU MOIS (de mai)
The AUTUMNLANDS (tome 1, éditions Urban)

scénario : Kurt BUSIEK (Marvels, Astro City)
dessin : Benjamin DEWEY (I Was the Cat, Monsters & Dames)
genre : dessine-moi un mouton chaotique neutre avec PSI+2
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient The Autumnlands 1 à 6)
Flottant au dessus des Terres d'Automne, les dix-sept cités abritent des mages qui n'ont que mépris envers les tribus qui vivent au sol. Pourtant, la magie s'étiole et, bientôt, les cités ne pourront plus se sustenter. Il faut trouver une solution, et celle-ci pourrait passer par l'invocation du légendaire héros des temps jadis. Mais le sort tourne court, et les thaumaturges sont projetés au sol. Les pertes sont énormes et, pire encore, l'Elu n'a rien d'exceptionnel.
Il s'agit d'un homme, d'un soldat venu d'un monde en guerre entre deux factions dotées de technologie très avancée, et qui n'a jamais vu d'animaux parler. Pourtant, les habitants des cités comme ceux des plaines sont tous des bêtes anthropomorphes. Dunstan Dourlainson, jeune chiot qui a perdu son père dans la catastrophe, tente d'aider le nouveau venu, même s'il n'adhère pas toujours à ses plans machiavéliques. Et même si, hormis une poignée de magiciens, personne ne croit en lui...
La nouvelle série de Kurt Busiek est un véritable enchantement, dans tous les sens du terme. L'univers est à la fois original et très cohérent, les personnages ne manquent pas de charisme, et si l'on sent arriver les rebondissements - en particulier l'identité du héros et la traîtrise de certains personnages - d'assez loin, le récit qu'il délivre tient en haleine du début à la fin. A mi-chemin entre le conte moderne et le genre, fourre-tout, de l'heroic-fantasy, son histoire ne manque pas de souffle épique.
Et puis il a un autre atout dans sa manche : les illustrations de Benjamin Dewey sont splendides. Ses pages fourmillent de détails, mais on soulignera en particulier les peintures qui ouvrent chaque numéro, et qui accompagnent un texte que l'on croirait tout droit sorti d'une fable, à la manière des oeuvres d'art des frères Hildebrandt pour le Seigneur des Anneaux. D'ailleurs, c'est le même genre d'émotions que l'on ressent à la lecture d'Autumnlands, ce qui n'est pas peu dire.

DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
LAZARUS (tome 4, éditions Glénat)

scénario : Greg RUCKA (Queen & Country, Whiteout)
dessin : Michael LARK (Terminal City, Daredevil)
genre : Full Metal Jacket dans un univers futuriste
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Lazarus 16 à 21)
Le patriarche de la famille Carlyle a été empoisonné et ses signes vitaux sont de plus en plus faibles. La famille Hock en a profité pour déclarer la guerre à sa rivale, et il va s'agir pour Forever de mener une petite unité de soldats en infiltration afin de détruire les positions ennemies. Tout en déclenchant une véritable guerre ouverte qui permet à Michael Lark d'exprimer toute la puissance de ses dessins dans des scènes d'action toujours plus intenses, Greg Rucka développe en parallèle plusieurs pistes et achève son arche narrative sur un brillant coup de théâtre.
(4/5)
BITCH PLANET (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Kelly Sue DECONNICK (Pretty Deadly, Avengers Assemble)
dessin : Valentine de LANDRO (X-Factor) et Robert WILSON IV (Heartthrob)
genre : Super Vixens meets Rollerball
édité chez MILKFED CRIMINAL MASTERMINDS, Inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Bitch Planet 1 à 5)
Dans un futur proche, la société patriarcale interdit aux femmes toute dérive. Celles qui ne se plient pas à la volonté des hommes sont jugées non-conformes et envoyées au pénitencier de Bitch Planet. Kamau Kogo est l'une d'entre elles, et elle intéresse fortement ses geôliers. Pour l'instant, la série de Kelly Sue Deconnick promet plus qu'elle n'offre. Le message féministe n'est pas particulièrement subtil, et l'intrigue suit un cours assez lent et fracturé. Néanmoins, l'imagerie des films de sexploitation des années 70 est bien respectée par Valentine de Landro.
(3/5)
Les NOUVELLES AVENTURES des ANGRY BIRDS (tome 1, éditions Le Lombard)

scénario : Jeff PARKER (Agents of Atlas) et Paul TOBIN (Plants Vs. Zombies)
dessin : Jean-Michel BOESCH, Valentin DOMENECH, Diane FAYOLLE, Cesar FERIOLI (Walt Disney's Comics and Stories), Stefano INTINI et Corrado MASTANTUONO (Mickey and Donald Christmas Parade)
genre : gags pas drôles qui volent pas haut
édité chez ROVIO BOOKS, un label d'IDW COMICS, aux USA (contient Angry Birds : the Movie)
Avant que les Bad Piggies ne débarquent sur leur île, les Birds vivent paisiblement, à l'exception de Red, un colérique oiseau rouge qui passe le plus clair de son temps à râler pour tout et pour rien. Il enchaîne les petits boulots mais ne parvient pas à faire sa place dans la société. Basé sur le long-métrage animé, ce one-shot divisé en deux parties pour son adaptation française regroupe le même genre de gags en une ou plusieurs planches que la série régulière. A ceci près que l'humour y est encore plus minimaliste, tandis que les Birds en version anthropomorphe sont d'une rare laideur.
(0,5/5)
TOKYO GHOST (tome 1, éditions Urban)

scénario : Rick REMENDER (Fear Agent, Low)
dessin : Sean MURPHY (Off Road, Punk Rock Jesus)
genre : le pendant américain d'Akira. 'Nuff said !
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Tokyo Ghost 1 à 5)
Dans un futur où la population mondiale est accro aux médias, Led Dent et Debbie Decay sont chargés par le magnat de cette industrie florissante de mettre un terme aux agissements du seigneur de guerre de Tokyo, seule oasis de nature encore existante sur Terre. D'une beauté saisissante grâce aux illustrations fourmillant de détails de Sean Murphy, la nouvelle série de Rick Remender est également passionnante à suivre. L'univers cyberpunk qu'il décrit et les personnages charismatiques qu'il y place sont gages de qualité. A noter qu'Urban a aussi sorti en toute fin du mois dernier une version noir et blanc en grand format.
(4,5/5)
SKYLANDERS (tome 4, éditions Glénat)

scénario : Ron MARZ (Witchblade) et David RODRIGUEZ (Finding Gossamyr)
dessin : David BALDEON (Nova) et Fico OSSIO (Critter)
genre : histoires de monstres pour les n'enfants
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Skylanders 7 & 8)
La fée Calliope a dérobé les pouvoirs de Spyro et de quelques Skylanders triés sur le volet. Ces capacités vont en fait être utilisées pour libérer Malefor, l'immortel roi des dragons, qui s'empresse d'attaquer l'académie des Skylanders grâce à cette manne de puissance. Ron Marz et David Rodriguez construisent certes une histoire solide et non-dénuée de rebondissements, mais le fait est que l'on peine à trouver du plaisir à la lire. Les personnages et leur univers sont ternes, même si les deux illustrateurs les dessinent avec beaucoup de fidélité.
(2/5)
Les GARDIENS du GLOBE (tome 3, éditions Delcourt)

scénario : Phil HESTER (Firebreather, Green Hornet)
dessin : Todd NAUCK (Wild Guard, New Men)
genre : fourre-tout super-héroïque
édité chez SKYBOUND ENTERTAINMENT, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Invincible Universe 1 à 6)
Après le cataclysme provoqué par Dinosaurus, Cecil Stedman gère comme il le peut les crises qui se succèdent à un rythme effréné. Et s'il faut sauver un criminel de la trempe de Liu ou abattre le leader de la Corée du Nord pour sauver le monde, il est prêt à le faire. En parallèle de la série consacrée à Invincible, Phil Hester ressuscite les Gardiens du Globe. Mais si Todd Nauck est toujours aux manettes concernant la partie graphique, ce qui est plutôt un bon point, force est de constater que le scénariste ne sait pas où il va.
(2,5/5)
The X-FILES (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Chris CARTER et Joe HARRIS (Ghost Projekt, Alice Cooper)
dessin : Michael WALSH (Secret Avengers, Comeback)
genre : la vérité est dans ce comic-book
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient The X-Files Season 10 1 à 5)
De mystérieuses figures masquées s'en prennent à l'ancien directeur Skinner et à Dana Scully. Avec l'aide des Lone Gunmen et celle, plus surprenante, de l'Homme à la Cigarette, Fox Mulder va tenter de comprendre qui sont ces êtres et ce qu'ils recherchent. Quelques années avant son retour à la télévision, la série de Chris Carter est ressuscitée sous la forme d'un comics plutôt efficace. Joe Harris prend son temps mais il entretient le mystère durant toute cette première arche, et Michael Walsh est fidèle aux acteurs en dépit d'un trait volontairement dépouillé.
(4/5)
GONERS (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Jacob SEMAHN (Ultimate Spider-Man, Avengers Assemble : Civil War)
dessin : Jorge CORONA (Feathers, Teen Titans Go !)
genre : monstres et (curieuse) compagnie
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Goners 1 à 6)
La famille Latimer lutte depuis des temps immémoriaux contre les monstres qui cotoient et menacent l'humanité. Mais lorsque ces monstres s'en prennent au clan, il faudra tout le courage des survivants, aidés par l'inspecteur Lyle McCarthy et le psychopathe Ezra Jones, pour venir à bout de la menace. L'histoire mise en place par Jacob Semahn a tout pour passionner, mais l'auteur se fait malheureusement trop cryptique par moment pour que l'on puisse apprécier tous les tenants et les aboutissants de son récit. Au dessin, Jorge Corona fait montre de belles qualités, dans un style plutôt cartoony.
(3/5)
EAST of WEST (tome 5, éditions Urban)

scénario : Jonathan HICKMAN (Avengers, the Nightly News)
dessin : Nick DRAGOTTA (FF, the Age of the Sentry)
genre : western post-apo si on doit vraiment résumer ça
édité chez PRONEA, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient East of West 20 à 24)
Alors que la Nation Infinie et la République Populaire trouvent un terrain d'entente, Archibald Chamberlain engage le syndicat du crime pour assassiner Xiaolian. Dans le même temps, les Cavaliers de l'Apocalypse se lancent dans un douloureux rituel... Plus les épisodes passent et plus on se laisse embarquer par le récit de Jonathan Hickman, quand bien même il ne fait absolument rien pour étancher la soif de réponses de son lecteur. Sa série peut par contre s'appuyer sur le dessin toujours aussi stylisé de Nick Dragotta.
(4/5)
NOTRE UNIVERS en EXPANSION (éditions Futuropolis)

scénario et dessin : Alex ROBINSON (Too Cool to Be Forgotten, Box Office Poison)
genre : mise en garde aux futurs parents !
édité chez TOP SHELF PRODUCTIONS, un label d'IDW PUBLISHING, aux USA (contient Our Expanding Universe OS*)
Alors que son ami Scott attend un deuxième enfant, Billy se trouve toutes les excuses du monde pour ne pas en avoir. Sean, le troisième membre de leur inséparable trio, vit quant à lui un heureux célibat après un court mariage. Au fil du temps, leur relation privilégiée va se déteriorer... Grand spécialiste de ce genre de récits, Alex Robinson utilise l'allégorie d'un univers en perpétuelle expansion pour imager l'évolution d'une franche amitié face à la vie de couple et à l'arrivée d'enfants. Le rapprochement est intéressant et toujours aussi joliment présenté.
(3,5/5)
FIVE WEAPONS (tome 4, éditions Glénat)

scénario et dessin : Jimmie ROBINSON (Bomb Queen, Power Lines)
genre : Battle Royale avec des super-pouvoirs
édité chez SHADOWLINE, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Five Weapons 9 & 10)
Pour faire face à la sixième arme et à ses redoutables maîtres en manipulation mentale, Enrique Garcia et Tyler Chainline vont devoir trouver un terrain d'entente et parvenir à unir leurs camarades de classe. Heureusement, ils sont tous deux ofrt doués dans leurs domaines respectifs. Jimmie Robinson ne manque pas d'idées, et cette nouvelle arche scénaristique prouve que la série peut survivre à la résolution de son pitch. Le dessin est toujours frais et léger. Hélas, le public n'a pas suivi et l'aventure s'arrête de manière trop brutale.
(3/5 en V.O., 1/5 en V.F. parce que c'est trop cher)
* OS : one-shot, récit auto-contenu
PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
l'EXECUTEUR : JEU MORTEL (Button Man), édité chez Rebellion en Angleterre et chez Délirium en France
FANTASY SPORTS tome 2, édité chez Nobrow Press aux USA et chez Gallimard en France
GOUINES à SUIVRE tome 1 (The Essential Dykes to Watch Out for), édité chez Houghton Miflin aux USA et chez Meme Pas Mal en France
HIGHBONE THEATER, édité chez Fantagraphics aux USA et chez L'Association en France
NOUVELLES du FRONT d'un PERE MODERNE (Rules For Dating My Daughter), édité chez Uncivilized Books aux USA et chez Ca et Là en France
WHITE TRASH, édité chez Titan Books aux USA et chez Ankama en France
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