jeudi 7 juillet 2016

Sorties comics de juin

Ce mois de juin est celui des grands classiques, Urban Comics poursuivant son intégrale de l'Ex Machina de Brian Vaughan. Nouveau venu sur le marché, Jungle se positionne aussi sur un créneau plus ou moins old school, en publiant Mystery Society, déjà présenté il y a quelques années par le défunt éditeur Atlantic BD, et Glénat s'y met aussi en relançant les X-Files de Topps Comics dans un nouveau format anthologique. Ajoutons Airboy, inspiré par un perso du Golden Age, et nous tenons là tout un tas de (bonnes) vieilleries. Et encore : l'intégrale de Planetary est arrivée avec un poil de retard au tout début du mois de juillet, et les éditions Réflexions avaient annoncé, également en juin, le More than Mortal de Sharon Scott, qui finalement est repoussé sine die !

LE COMICS (indé) DU MOIS (de juin)
MANIFEST DESTINY (tome 1, éditions Delcourt)

scénario : Chris DINGESS
dessin : Matthew ROBERTS (Battle Pope, Chyna & Jazz)
genre : Davy Crocket contre les zombies-géraniums
édité chez SKYBOUND ENTERTAINMENT, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Manifest Destiny 1 à 6)

Au début du dix-neuvième siècle, les capitaines Clark et Lewis dirigent une troupe de colons à travers l'ouest des Etats-Unis, afin de cartographier ce nouveau territoire. Du moins est-ce là le discours officiel, car la mission est en réalité d'annihiler les monstres qui infestent les environs, afin d'assurer l'expansion des Etats-Unis. C'est ainsi que l'expédition va trouver sur sa route une horde de centaures à tête de bisons, mais aussi et surtout une dangereuse forme de champignons.
S'il n'évite pas quelques raccourcis un peu faciles, Chris Dingess, que l'on découvre sur cette série, développe un cadre original et des personnages pour la plupart intéressants. Pour un coup d'essai, sa série ressemble à un coup de maître, même si elle n'évite pas quelques ressemblances un peu trop frappantes avec le Walking Dead de Robert Kirkman, qui se trouve être comme par hasard son éditeur. On notera ainsi des points communs entre l'Amérindienne que rencontrent les colons et Michonne, ainsi qu'une volonté de surfer sur le succès des comics traitant des zombies.
Mais ce que l'on retiendra surtout, ce sont les magnifiques illustrations de Matthew Roberts, dans la veine des séries de westerns des années soixante, ceux que l'on trouvait dans les petits fascicules de Lug. Ils étaient réalisés par des artistes européens, et l'on peut donc dire que le style de Roberts (que l'on a pu notamment croiser sur le Battle Pope de Kirkman, encore lui) s'inscrit dans cette lignée, en dépit de traits plus exagérés et d'un dynamisme "à l'américaine".




DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
LADY MECHANIKA (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Joe BENITEZ (Weapon Zero, Wraithborn)
dessin : Joe BENITEZ et Martin MONTIEL (the Darkness, the Victorian)
genre : steampunk et vieilles dentelles
édité chez BENITEZ PRODUCTIONS, un label d'ASPEN Comics, aux USA (contient Lady Mechanika 0 à 3)

Mechanika est la ville la plus représentative de la révolution industrielle du XIXe siècle. A la pointe du progrès, Nathaniel Blackwood cache pourtant la vérité sur les expérimentations qu'il réalise sur des êtres humains, à qui il greffe des organes artificiels. Mais Lady Mechanika compte découvrir ce qu'il trafique. Joe Benitez est seul maître à bord d'une mini-série qui s'appuie principalement sur son univers steampunk, que l'artiste met bien évidemment en valeur grâce à son style plein de fioritures. Néanmoins, on lui reprochera un rythme bancal et une certaine propension au verbiage.
(3/5)

AIRBOY (éditions Jungle)

scénario : James ROBINSON (Leave it to Chance, Earth 2)
dessin : Greg HINKLE (the Rattler, Minimum Wage)
genre : comédie haut perchée
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Airboy 1 à 4)

James Robinson a été engagé pour écrire les nouvelles aventures d'Airboy, mais, en pleine disette créative, il peine à trouver la moindre idée. Avec son accolyte,Greg Hinkle, il préfère entamer la tournée des bars. C'est lorsque le duo se réveille le lendemain que le héros dont ils devaient conter les exploits leur apparait en chair et en os. James Robinson utilise un personnage tombé dans le domaine public pour emballer tout à la fois une critique du fonctionnement des majors, un inventaire sur sa propre carrière et, surtout, une comédie loufoque que Greg Hinkle se charge d'illustrer de manière très particulière.
(3,5/5)

MYSTERY SOCIETY (éditions Jungle)

scénario : Steve NILES (30 Days of Night) et Ashley WOOD (Automatic Kafka)
dessin : Fiona STAPLES (Saga, North 40)
genre : les Gentlemen Extraordinaires en détendu du slip
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Mystery Society 1 à 5)

Nick Hammond et Anastasia Collins ont fondé la Mystery Society pour révéler les secrets du monde entier. Mais leur quête de la vérité les contraint à prendre la fuite lorsqu'ils sont accusés de terrorisme, suite aux manigances de l'armée. Les deux compères Steve Niles et Ashley Wood ne se prennent pas au sérieux dans cette mini-série pleine d'action et de bonne humeur, qui les change agréablement de leurs univers habituels. Elle est en outre magnifiquement dessinée par Fiona Staples.
(4/5)

CROSSED : TERRES MAUDITES (tome 7, éditions Panini)

scénario : Garth ENNIS (Preacher, the Punisher)
dessin : Christian ZANIER (Rising Stars, Angel)
genre : horreur un peu moins glauque que d'habitude
édité chez AVATAR PRESS aux USA (contient Crossed : Badlands 50 à 56)

Le premier ministre anglais et ses hommes de main font face à la toute première épidémie d'infection à la croix, et aucun d'entre eux ne semble capable d'y répondre efficacement. Ils vont pourtant tout tenter pour éviter une catastrophe nucléaire. Garth Ennis retrouve le quatuor de soldats dont il racontait les péripéties lors de sa dernière participation à la série. A travers eux, il développe ici ce que l'on pourra considérer comme les origines de sa saga. Au dessin, Christian Zanier n'est pas particulièrement inspiré.
(3/5)

The X-FILES ARCHIVES (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Stefan PETRUCHA (Nancy Drew, Squalor)
dessin : Charlie ADLARD (the Walking Dead, Astronauts in Trouble)
genre : policier surnaturel qui a un peu vieilli
édité chez TOPPS COMICS aux USA (contient The X-Files 1 à 6)

Les agents du FBI Fox Mulder et Dana Scully enquêtent sur les phénomènes paranormaux, et leur travail les conduit tout d'abord sur la piste d'une organisation qui pourrait détenir la soeur longtemps disparue de Mulder. Peu après, ils se penchent sur les conséquences du météore qui a frappé Tunguska au début du siècle. Au milieu des années 90, la légendaire série télévisée accouche d'une adaptation en BD plutôt réussie. Sans chercher absolument à coller aux traits des acteurs comme c'est la norme, Charlie Adlard restitue malgré tout l'ambiance fantastique du show, et Stefan Petrucha délivre un récit efficace. L'ensemble à malgré tout pris un coup de vieux.
(3/5)

SEX CRIMINALS (tome 3, éditions Glénat)

scénario : Matt FRACTION (Casanova, Fear Itself)
dessin : Chip ZDARSKY (Howard the Duck, Kaptara)
genre : masturbation intellectuelle sur l'amour et ses enjeux
édité chez MILKFED CRIMINAL MASTERMINDS, Inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Sex Criminals 11 à 15)

La Police du Sexe tente de retrouver la trace de Suzie et Jon, et pour ce faire, Myrtle Spurge dérobe le dossier psychiatrique de Jonathan. Parallèlement, les deux tourtereaux poursuivent leur quête visant à trouver d'autres gens dotés des mêmes pouvoirs, mais cela va leur valoir de nouveaux ennuis. Lorsqu'on enlève les nombreux artifices avec lesquels Matt Fraction cherche à enrichir son récit, il ne s'agit plus que d'une bête histoire d'amour qui tourne en rond. L'humour est assez superficiel et les expérimentations, tant scénaristiques que graphiques, ne sont que poudre aux yeux.
(3/5)

EX MACHINA (tome 4, éditions Urban)

scénario : Brian VAUGHAN (Saga, Y the Last Man)
dessin : Tony HARRIS (Obergeist, Down)
genre : super-héros qui se mêle de politique
édité chez SIGNATURE SERIES, un label de WILDSTORM PRODUCTIONS, aux USA (contient Ex Machina 30 à 40)

Mitchell Hundred est invité à se présenter devant le pape Jean-Paul II. Sous prétexte d'une visite officielle, le Vatican a d'autres objectifs en tête. Hélas, un espion russe du nom d'Oleg a également de grands projets pour le maire de New York... Brian Vaughan s'attaque au sujet de la religion de manière particulièrement désinvolte au premier abord, mais avec beaucoup de finesse au final. La deuxième arche est plus quelconque, mais demeure efficace. Au dessin, Tony Harris fait prendre à ses personnages des poses pour le moins absconses. Cette troisième anthologie est en tout cas la première à proposer du contenu inédit en France.
(3,5/5)

NAILBITER (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Joshua WILLIAMSON (Ghosted, Birthright)
dessin : Mike HENDERSON (Teenage Mutant Ninja Turtles, Masters of the Universe)
genre : le Silence des Agneaux puissance seize
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Nailbiter 1 à 5)

Suite à un appel de son ami Carroll, lui aussi ancien policier, Nicholas Finch se rend à Buckaroo, petite ville de l'Orégon qui, à travers l'Histoire, a vu naître pas moins de seize tueurs en série. Et justement, il se pourrait bien que Carroll en ait découvert la cause. Mais il a disparu avant que son collègue n'arrive sur place... Une fois de plus, Joshua Williamson base son récit sur un pitch qui joue la surenchère, mais ici, il gère bien son tempo et évite les coups de théâtre improbables. De fait, Nailbiter est un polar effica, bien servi qui plus est par le dessin nerveux de Mike Henderson.
(3,5/5)

PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
ASSASSIN's CREED tome 1, édité chez Titan Books aux USA et chez Les Deux Royaumes en France
AURORA WEST tome 2, édité chez First Second aux USA et chez Dargaud en France
DIVINITY, édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
DOCTOR WHO : le DIXIEME DOCTEUR tome 1 (Doctor Who : the Tenth Doctor), édité chez Titan Comics aux USA et chez Akiléos en France
DOCTOR WHO : le DOUZIEME DOCTEUR tome 1 (Doctor Who : the Twelfth Doctor), édité chez Titan Comics aux USA et chez Akiléos en France
DOCTOR WHO : le ONZIEME DOCTEUR tome 1 (Doctor Who : the Eleventh Doctor), édité chez Titan Comics aux USA et chez Akiléos en France
GHOST WORLD, édité chez Random House aux USA et chez Cornélius en France
ROBBIE BURNS, WITCH HUNTER, édité chez Renegade Arts au Canada et chez Glénat en France
SNOOPY & le PETIT MONDE des PEANUTS tome 6 (The Peanuts), édité chez Fantagraphics aux USA et chez Delcourt en France
SNOOPY & les PEANUTS : l'INTEGRALE tome 17 (The Peanuts), édité chez Fantagraphics aux USA et chez Dargaud en France

lundi 4 juillet 2016

P.R.O.B.E. : the Zero Imperative



diffusion initiale : un beau jour de janvier 1994, sans plus de précision
nb d'épisodes : one-shot
DVD :
    > P.R.O.B.E. : the Zero Imperative


Docteur : y en a pas, enfin pas vraiment
Compagnons : Liz Shaw

A la manière de Wartime quelques années auparavant, P.R.O.B.E. n'est pas un spin-off produit par la BBC mais par BBV. La confusion pourrait naître éventuellement, mais BBV signifie Bill & Ben Video. La boîte, fondée au début des années 90 par le couple Baggs, se spécialise dans les films en direct-to-video, avec notamment la série de l'Etranger, un hommage à peine voilé à Doctor Who, dont Bill Baggs est un grand fan.
Et puis surtout, ça permet de surfer sur la vague d'une série bien connue, même si en 1991, lorsque The Stranger débute, Doctor Who est quant à lui à l'arrêt. Quoi qu'il en soit, les anciens acteurs de la série n'hésitent pas à travailler pour BBV, et P.R.O.B.E. va marquer une collaboration de grande ampleur. Et pourtant, à première vue, seule Caroline John reprend le rôle de Liz Shaw, qu'elle tenait durant la septième saison. Mais si l'on étudie le cast d'un peu plus près, on constate par exemple que Louise Jameson (Leela durant les saisons 14 et 15) est également présente, même si elle tient un tout autre rôle.

En fait, on apprend que suite à sa démission de UNIT, Liz Shaw a intégré l'équipe gouvernementale de P.R.O.B.E. (pour Preternatural Research Bureau, me demandez pas d'où viennent le O et le E), une unité spéciale qui enquête sur des phénomènes paranormaux. X-Files a tout juste quatre mois lorsque la VHS voit le jour, soulignons-le. Et donc au sein de P.R.O.B.E., Louise Jameson est la patronne de Caroline John.
Il faut le reconnaître, avoir d'anciens compagnons du Docteur, c'est plutôt cool pour un film plus ou moins amateur. Mais avoir d'anciens Docteurs, c'est encore mieux. Pas de difficultés pour Colin Baker, qui est déjà le personnage principal du Stranger à l'époque, mais The Zero Imperative parvient aussi à réunir Jon Pertwee et Sylvester McCoy, et s'offre même une toute petite apparition de Peter Davison à la toute fin de l'histoire !

Aucun d'entre eux ne reprend son rôle, puisque de toute façon BBV n'a jamais réussi à obtenir les droits pour utiliser le personnage du Docteur. Chose amusante, les quatre acteurs ont tous, dans cette histoire, des rôles ambigus. Le récit se déroule dans un hôpital psychiatrique sur le point de fermer. Mais alors que des crimes étranges se déroulent dans les environs, un mystérieux investisseur (Colin Baker) rachète le bâtiment et déclare vouloir y poursuivre les soins.
Sauf que c'est précisément les pratiques du directeur (Sylvester McCoy), plutôt déroutantes, qui semblent à l'origine des faits divers rocambolesques qui se sont déroulés dans la région. Quant à Jon Pertwee, c'est ni plus ni moins que le fondateur de la clinique, et c'est sur lui que repose la clef de l'énigme. Un indice ? Tout tourne autour de la chambre zéro, où il se déroule de bien vilaines choses en rapport avec de bien vilaines créatures.

Assez méconnaissable dans un rôle beaucoup plus sombre que celui qu'on lui connaissait en tant que Docteur, Sylvester McCoy est le principal antagoniste de cette histoire, en tout cas le seul visible à l'écran. Pour l'occasion, il revient avec Sophie Aldred, l'interprête d'Ace, qui a droit à une demi-seconde à l'écran en tant que chargée de presse. A vrai dire, j'ai même dû me repasser la séquence pour vérifier que c'était bien elle ! Autre détail rigolo, ce même McCoy sort un "Trust me, I'm the doctor !" qui ne laissera pas insensibles les aficionados.

Alors que penser de cette histoire ? Eh bien en toute honnêteté, pour du travail semi-professionnel, c'est plutôt pas dégueu. C'est même bien meilleur que Wartime en son temps. D'abord parce que c'est joué avec conviction. On a là une belle brochette d'acteurs confirmés, à laquelle on peut rajouter l'ancienne playmate Linda Lusardi et d'autres, moins connus mais tout aussi irréprochables.
Ensuite parce que le synopsis en lui-même est efficace. Ce scénario, on le doit à l'acteur Mark Gatiss, et si ce nom-là ne vous évoque rien, sachez qu'il a joué deux petits rôles dans la nouvelle série de Who, mais surtout qu'il tient le rôle de Mycroft Holmes dans la série Sherlock. On le retrouve ici non seulement à l'écriture, mais aussi en tant que second rôle d'importance, qui n'aura pas une mort facile. Sisi, regardez bien, je vous assure que c'est lui, encore jeune mais déjà reconnaissable.

Bon OK, la capture d'écran ne lui rend pas justice. Bref. Troisième point qui a son importance dans la réussite de The Zero Imperative, sa réalisation. C'est Bill Baggs en personne qui s'en charge, et il parvient à restituer une ambiance à la Psychose avec trois bouts de ficelle. Parce qu'à la manière d'X-Files, mais avec un budget infiniment moindre, le surnaturel s'invite surtout du coin de l'oeil, sans autres effets spéciaux que quelques maquillages et une poignée de lumières vives.

Un très bon spin-off, même si l'heure est maintenant venue d'en aborder les tares. Premièrement, le rythme, très lent, fait plus penser à une affaire de Miss Marple qu'à un spin-off de Who. Deuxièmement, le DVD est très pauvre, puisque non seulement l'unique bonus est une scène coupée d'une minute, mais surtout, il n'y a aucun sous-titre. Avoir un bon niveau d'anglais parlé est donc impératif pour bien comprendre, mais ça ne suffit pas.
Sans aucune prétention, je suis pas mauvais en la matière, et même s'ils utilisent parfois des expressions déroutantes (rapport au côté surnaturel de la chose), les acteurs parlent distinctement et en bon anglais, sans accent dégueulasse. L'ennui, c'est que comme je le disais, il s'agit d'un film semi-pro, et je pense ne pas trop m'avancer en disant que le perchiste était un amateur.
Parfois, on n'entend donc tout simplement pas, ou pas beaucoup, ce qui se dit. Il faut donc un bon niveau d'anglais et une paire d'ouies en état de fonctionner. Ca fait quand même beaucoup de prérequis, et même si le DVD se négocie à deux-trois euros, on préfèrera peut-être regarder la vidéo sur Youtube (elle y est dispo, je viens de vérifier). Parce que bon, même à 2,50€, un film de moins d'une heure et pas de bonus, ça justifie pas forcément l'achat.

vendredi 1 juillet 2016

Doctor Who : Dimensions in Time



diffusion initiale : les 26 et 27 novembre 1993
nb d'épisodes : 2 répartis en une aventure
DVD : non, mais trouvable sur Internet

Docteurs : Jon Pertwee, Tom Baker, Peter Davison, Colin Baker, Silvester McCoy
Compagnons : Susan Foreman, Victoria Waterfield, Liz Shaw, Sarah-Jane Smith, Leela, K-9, Romana(dvoratrelundar), Nyssa, Perpugilliam "Peri" Brown, Melanie "Mel" Bush, Dorothy "Ace" McShane, Alistair Gordon Lethbridge-Stewart et Mike Yates



WHAT THE FUCK ?! La plupart des connaisseurs vous diront que Doctor Who est mort pendant sept ans, considérant à juste titre qu'il n'y eut aucun épisode officiel entre Survival, diffusé fin 89, et le téléfilm de 96. Cependant, les initiatives ont été nombreuses durant les années 90 pour faire perdurer la franchise, c'est ce que nous verrons durant les prochains articles. Et dès 93, soit "seulement" quatre ans après la fin de la série, un véritable épisode a vu le jour.
Ecrite par l'emblématique producteur John Nathan-Turner, cette histore bipartite est considérée comme en dehors du canon pour la simple et bonne raison qu'il s'agit d'un crossover avec les personnages du soap-opera EastEnders, saga forte de plus de cinq milles épisodes à ce jour ! Drôle d'idée de mêler le pape de la science-fiction kitch à la vie bien banale des banlieusards londonniens, mais c'est pour une bonne cause.























En effet, à l'image de The Five Doctors dix ans plus tôt, cette aventure a servi à promouvoir le Children in Need, une sorte de téléthon de l'autre côté de la Manche, dédié aux enfants défavorisés. La différence, c'est que cette fois-ci le programme a été fait exprès pour ça, plutôt que de décaler sa date de diffusion pour coïncider avec l'évènement. D'ailleurs, les épisodes sont entrecoupés de plateaux où Jon Pertwee plaisante avec le présentateur Noel Edmonds, et demande d'appeler afin d'inciter aux dons.
Le Children in Need, c'est l'un des trois téléthons brittons mais le seul à être réalisé et diffusé par la BBC. Présenté historiquement par Sir Terry Wogan, sorte de Jean-Pierre Foucault irlandais, l'évènement brassait dix-sept millions de livres (soit en gros 23 millions d'euros) cette année-là, quand son équivalent français rapportait 55 millions d'euros après conversion. Ca paraît peu, mais les Anglais sont un peu moins nombreux que nous, et rappelez-vous qu'ils donnent à trois évènements similaires.























Et donc, Pertwee et Edmonds les incitent à donner. Pour ce faire, la prod' a mis en place une aventure un peu interactive. Mais vraiment un tout petit peu : à la fin du premier épisode, Edmonds demande aux spectateurs de choisir qui viendra en aide au Docteur dans l'épisode suivant, parmi les personnages d'EastEnders. Et effectivement, dans l'épisode suivant, c'est la gagnante des votes qui file un coup de main, même si la scène est tellement mal tournée qu'elle donne l'impression du contraire.
Ce n'est pas le seul truc incroyable dans cette histoire : elle est en 3D ! Bon, je calme tout de suite les ardeurs des fans, c'est de la 3D stéréoscopique obtenue par effet de Pulfrich. Il faut des lunettes un peu comme pour les images anaglyphiques (la paire rouge et verte qu'on trouvait dans le Journal de Mickey), sauf qu'ici il s'agit d'une paire avec un seul filtre noir. Ca donne un décalage, qui crée l'illusion de 3D lorsqu'il y a un mouvement latéral, mais pas quand il y a un mouvement vertical.
Et du coup, pendant toute l'histoire, les personnages se déplacent façon traveling hollywoodien des années 20 ! De toute façon, le synopsis est à la hauteur du légendaire budget de Doctor Who : la Rani est de retour, et elle a piégé le Docteur et Ace dans une boucle temporelle, ou plutôt dans plusieurs boucles, puisque chacune de ses incarnations passées se retrouve dans la mouise. Est-ce à dire que tous les Docteurs sont présents ?
Pas vraiment. Déjà parce qu'à l'époque, William Hartnell et Patrick Troughton sont morts. Leur absence est justifiée par le fait qu'ils sont déjà piégés dans la boucle, et on ne voit d'eux que des représentations 3D, tellement pas ressemblantes que le néophyte se demandera ce que sont ces deux étranges têtes qui tournent dans le TARDIS de la Rani. Tom Baker est lui aussi piégé, mais il parvient à lancer un appel à ses autres lui. C'est la première fois qu'il revient sur la saga, lui qui en était parti fâché à mort avec JNT.























Par contre, côté Compagnons, ça défile. Alors bien sûr, ils ne pouvaient pas tous être là, et déjà leur grand nombre sur une si petite durée leur donne un temps de parole, voire un temps de présence, minime. Mais il y en a de toutes les époques : Susan représente Hartnell, Victoria représente Troughton, Liz Shaw et UNIT représentent Pertwee, Sarah-Jane, Romana, Leela et K-9 représentent Tom Baker, Nyssa représente Davison, Peri représente Colin Baker et Mel et Ace représentent McCoy.
Reste à expliquer leur présence... Et là, c'est le drame. Autant on pourrait imaginer que l'imbroglio temporel puisse justifier laborieusement la présence des différents Docteurs, autant on ne parvient pas à comprendre pourquoi un coup un Docteur est avec un Compagnon et une seconde après avec un autre. Peu importe au final, c'est le fan-service qui l'emporte, et ça fait plaisir de revoir des duos récents ou non.























Et même d'autres carrément improbables, comme Victoria avec Pertwee ou mieux encore, Susan avec Colin Baker. Et tiens d'ailleurs, en parlant de ce bon vieux Sixth, c'est la toute première fois qu'il rencontre le Brigadier. Les deux auront droit d'ailleurs à la seule scène un minimum spectaculaire de l'histoire, une scène qui implique un hélicoptère. Dès que Who veut faire dans le grandiloquent, il loue un hélico ! Notez aussi le retour de Bessie, la voiture de Pertwee.























Face à tout ce beau monde... du beau monde aussi. La Rani est la principale adversaire du jour, principalement parce que ni Anthony Ainley (le Maître), ni Michael Gough, qui jouait le Celestial Toymaker dans l'aventure éponyme (S3E6), tous deux un temps considérés, n'ont pu se rendre disponibles. Mais elle n'est pas venue seule. En effet, le but de sa manoeuvre est de se créer une ménagerie de personnages de tout l'univers, et elle a déjà dans ses rangs des Cybermen, des Ogrons, des Sea Devils et même un Time Lord, ou encore la Fifi de The Happiness Patrol (S25E2).
Tous ceux-là et bien plus encore, elle va les lâcher sur les différents Docteurs et leurs Compagnons dans une tentative de reprendre la main. Il aurait aussi dû y avoir des Daleks, bien sûr, mais le torchon brûle de nouveau, à l'époque, entre leur créateur Terry Nation et la BBC.



Principalement parce que Nation souhaite toucher des royalties sur chaque apparition des poivrières à roulettes. Or, non seulement il s'agit d'un show caritatif, mais aucun des acteurs présents n'a été payé, tous participant bénévolement à cette belle action. C'est d'ailleurs la condition sine qua non : personne ne doit faire d'argent sur cette histoire, pas même la BBC, qui n'a jamais édité de DVD ni d'autres formats.
On ne trouve donc pas Dimensions in Time dans le commerce, mais heureusement, il est tout à fait possible de le regarder sur la Toile, et en particulier sur Youtube. Sans sous-titre ni bonus, mais c'est le prix à payer pour quelque chose de gratuit, si vous voyez où mène l'oxymore. Fait-elle partie de la continuité de Who ? Assurément pas. Marque-t-elle un jalon important dans la saga ? Que oui ! Originale à bien des égards, elle fait le pont entre la fin de la série désormais dite classique, et le téléfilm. Ce n'est pas le seul pavé de la route qui conduit en 1996, mais c'est le seul officiellement approuvé par la BBC.

L'épisode que je vous conseille : on va faire un break sur ce dernier paragraphe pendant quelques temps, rapport au fait que comme quoi qu'il y a qu'une seule aventure à la fois, si tu voyez-vous ce que je veux dire.

mardi 28 juin 2016

Defenders of Oasis

Defenders of Oasis
Shadam Crusader: Harukanaru Oukoku au Japon
machine : Game Gear

année : 1992
développeur : SEGA
éditeur : SEGA
joueurs : un
genre : RPG au tour par tour





On dit que l'histoire est un éternel recommencement. Prenez Ahriman, sorcier des ténèbres de son état. Le mec faisait ses trucs de sorcellerie tranquillou, jusqu'à ce qu'un gars du nom de Jamseed le condamne à errer dans les limbes. Ahriman parvient quand même à envoyer son fidèle serpent Zahhark pour buter un Jamseed devenu roi entretemps, et rebelote : mille ans de chaos, jusqu'au jour où débarque un certain Fallidoon, qui terrasse Zahhark et restaure la paix au royaume de Shanadar. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais maintenant, c'est l'empire maléfique d'Eflaat qui met une nouvelle fois le monde en péril. A ce stade du récit, vous commencez à trouver ça un peu redondant. Et vous n'avez pas tort : le premier chapitre s'ouvre sur la menace d'invasion des forces d'Eflaat. Mais le royaume de Shanadar a des ressources...

UN VRAI COUP DE GENIE
Vous incarnez le prince de Shanadar, et votre première mission consiste à quitter la quiétude de votre palais des mille et une nuits pour accueillir la princesse de Mahamood, venue en bateau pour prêter allégeance à votre royaume. Sauf qu'arrivé sur place, vous découvrez que la princesse a disparu. Y aurait-il un traître à Shanadar ? Heureusement, les kidnappeurs ne sont pas allés bien loin, et après un petit combat pas bien méchant, vous délivrez votre congénère. C'est ce moment que choisit Eflaat pour attaquer.

La ville est désormais aux mains de l'empire, et votre seule issue est la fuite. Vous essayez d'atteindre le port, enchaînant les combats et glânant au passage des points d'expérience et des dinars, les premiers permettant de grimper en niveaux d'expérience et donc d'améliorer vos statistiques, tandis que les seconds représentent la monnaie du jeu. Sur les quais, vous découvrez l'identité du traître : c'est le général Kohle, le chef de vos armées, et votre combat contre cette vermine s'achève dans la douleur. Heureusement, avant que le prince ne succombe aux assauts adverses, il est recueilli par la résistance.

Au quartier général des rebelles, il pourra compter sur l'aide de ses sujets, mais cela ne suffira pas à vaincre Kohle. Il va falloir utiliser la précieuse clé confiée par votre vizir mourant pour atteindre la salle des coffres du château. Vous y looterez quelques coffres, obtenant au passage de nouvelles pièces d'équipement que vous vous empresserez d'enfiler, mais surtout, vous y libèrerez le génie. Il a une sale gueule, mais c'est une entité puissante désormais à votre service. Il se bat à vos côtés et, s'il ne peut équiper d'armement ni prendre de niveaux d'expérience, vous pouvez utiliser sur lui quelques objets spéciaux pour améliorer ses points de vie et de mana.
Et puis surtout, le génie est une grosse brutasse au combat, capable en outre d'utiliser la magie. Notez qu'il est également possible d'utiliser certains de ses sortilèges en dehors des combats. L'un de ses sorts permet justement de contrecarrer les effets de l'épée magique de Kohle, rendant le combat contre ce premier boss enfin équitable. Vaincu, le général jure vengeance envers le prince, sa famille et son poisson rouge, puis finit par disparaître, signant au passage la fin de ce premier chapitre. En dehors de son cadre orientalisant, Defenders of Oasis ne fait pas preuve d'une quelconque originalité, mais il se montre solide et offre tout ce que l'on peut attendre d'un RPG de cette époque, notamment sur une simple portable.

ÎLE ETAIT UNE FOIS
Le deuxième chapitre démarre sur le bateau de la princesse de Mahamood. Vous y trouverez un marchand, qui vous permet de faire quelques emplettes et de revendre votre matériel usagé, mais surtout, vous y rencontrerez Saleem. Fils du capitaine, ce guerrier et danseur rejoint votre équipe. A niveau équivalent, il est supérieur au prince en tout point, mais pour l'instant, il commence beaucoup plus bas. Rapidement, vous débarquez sur une île en vue de vous ravitailler, et ce seront là vos premiers pas sur l'atlas. Comme on pouvait s'y attendre, ceux-ci seront régulièrement interrompus par des combats aléatoires, vous permettant d'engranger les points d'expérience.

Malheureusement, le temps que vous vous rendiez au village, la princesse se fait enlever - comme toute princesse digne de ce nom - et son bateau avec ! Vous n'avez plus de moyen de locomotion, vous êtes piégés sur cette île, vous allez mourir, vous allez devenir un plouc insulaire... Rassurez-vous, il existe peut-être une solution. Elle se trouve dans les tours abandonnées, un double dédale situé au fond de l'île et envahi de scorpions et autres golems. En prenant en compte les passages secrets et les murs en trompe-l-oeil, vous finirez par y trouver tout un tas d'inscriptions qui permettent au génie d'apprendre de nouveaux sorts.

Pour ce faire, il vous faudra auparavant avoir obtenu le miroir magique des mains du doyen de l'île. Au fond de la première tour se trouve Dagon, un boss aux attaques puissantes mais peu subtiles, dont vous aurez tôt fait de vous débarrasser, pour peu que vous ayez pris la peine de faire un minimum de level-up. Ce n'est qu'après l'avoir battu que vous accèderez à la deuxième partie du labyrinthe, qui abrite plein de coffres, mais aussi et surtout le mantra pour utiliser le sort de téléportation. Comme le conclut Saleem, vous voila sauvés de votre triste destin de pêcheur noirmoutrin. Rideau.

LE SEIGNEUR DES ANNEAUX
Grâce au sort, votre petit groupe peut maintenant se rendre immédiatement dans toutes les villes qu'il connait. Cela ne veut pas dire qu'on le laissera entrer n'importe où, et par exemple, pour pénétrer dans le château de Gylan, il va vous falloir obtenir quelque part un sauf-conduit. Le précieux papier en main, vous pourrez visiter ce nouveau labyrinthe, constitué d'une multitude de pièces fermées à clef. S'apprêtant à délivrer l'élue de son coeur, le prince tombe dans un piège et doit combattre une fois de plus le général Kohle. Ce sera heureusement la dernière fois, et il y gagnera non seulement la clef qui déverrouille presque toutes les portes du donjon, mais aussi un nouvel allié, Agmar. La princesse est sauve, et le petit groupe est enfin en complet.

Mais pour sceller définitivement le sort d'Ahriman, il faut trois anneaux. L'un d'eux se trouve dans la tombe du sage, mais avant de parvenir jusqu'à lui, encore faut-il savoir comment entrer. La solution se trouve sans doute dans la cachette des voleurs, pas bien loin de la tombe, et hélas gardée par Ali Baba en personne ! Sitôt l'anneau finalement obtenu, le prince se fait dépouiller comme un malpropre. Là y en a marre : il est temps de reconquérir Shanadar ! Un peu de repos ne serait pas de refus, tout de même... Surtout que pour reprendre votre palais, il faudra affronter votre père et votre génie, tous deux tombés sous la coupe de votre Némésis. C'est sur une note amère que s'achève le quatrième chapitre.

Mais le suivant sera pire ! Pour empêcher la résurrection d'Ahriman, le prince et ses potos retournent à Gylan, où ils affronteront d'entrée de jeu le redoutable Al-Karria. C'est un mal pour un bien, puisqu'il vous abandonne la clef de l'empire avant de s'enfuir. Cette clef vous permet d'accéder aux tréfonds du château, où vous attendent d'abominables créatures. A deux doigts d'arrêter l'empereur d'Eflaat, vous êtes de nouveau bloqués par Al-Karria, qui se transforme en monstre. Skylla peut vous tuer d'un seul regard, mais si vous le tuez, vous atteindrez enfin l'empereur...





VOUS REVIEZ D'UN AUTRE MONDE ?
Uniquement pour assister à la résurrection d'Ahriman ! Au passage, le démon remercie son serviteur en le tuant, grand classique, et détruit vos anneaux. C'est moins classique, et ça fait un peu chier. Vous récupèrerez tout de même leurs cendres, sait-on jamais... Reste à se rendre dans la dimension d'Ahriman, mais comment faire ? Eh bien en passant par la tour de Jiklart bien entendu ! Si vous parvenez jusqu'à son sommet, vous aurez encore à combattre le Roc. Et si vous en triomphez, l'oiseau légendaire acceptera de vous conduire à tout moment vers l'autre monde.

L'autre monde, c'est rien moins que le dernier donjon du jeu, et il pique les yeux ! Vous y affronterez toute une litanie de boss, dont Zariche, à moins que vous ne passiez à la droite de sa statue. Mais quoi qu'il arrive, vous devrez le battre au moins une fois. Salwa, lui, devra être combattu quatre fois de rang, sans pouvoir vous soigner ! Taarmaty doit pour sa part être vaincu trois fois, avec la possibilité de vous remettre de vos émotions entre deux bastons, et Dolge quatre fois, là encore avec un repos possible.


Juste avant la dernière salle, vous devrez encore passer outre Akmanaf. Mais à ce moment-là, vous devez être bien puissants, comme vous pourrez le constater en ouvrant le menu de statut. Il ne vous reste désormais plus qu'à défier le seigneur des ténèbres en personne. Ahriman est une vraie plaie, comme il sied à un boss final, mais si vous parvenez à le battre, vous assisterez à son bannisemment par le génie. Les quatre amis se séparent, le prince épouse la princesse et devient roi... Bref, tout est bien qui finit bien.

EN RESUME :
SCENARIO : pour un RPG, on ne peut pas dire que Defenders of Oasis brille en la matière. En contrepartie, le jeu bénéficie d'un cadre un minimum original, car rares sont ses congénères à exploiter les contes des Mille et Une Nuits.
GRAPHISMES : avec son design mignon et ses couleurs pétaradantes, le titre de SEGA ne manque pas d'atouts. Certes, il ne s'agit que d'un petit jeu sur huit bits, loin des cadors de l'époque sur consoles de salon, mais il assure le spectacle sur son support.
ANIMATION : bon là, forcément, on atteint les limites du truc. Les animations sont limitées aux déplacements sur l'atlas, tandis que les combats sont statiques, à l'exception de quelques clignotements.
SON : il n'y a pas énormément de musiques, mais elles sont à peu près toutes agréables. Les bruitages sont un peu lourds, mais les voix digitalisées utilisées pour les derniers boss sont rigolotes.
JOUABILITE : le système de combat est très limité. Assurément, les amateurs de RPG actuels trouveront ceci franchement redondant, mais au moins, on ne peut pas se plaindre de problèmes de gameplay. Les sorts sont par contre imbitables.
DIFFICULTE : le niveau de difficulté est pour le moins élevé. Il va falloir passer par de longues séances de level-up avant d'espérer en voir le bout. Et on va pas se mentir, c'est clairement une manoeuvre pour allonger la durée de vie du titre. Mais on lui pardonne.
DUREE DE VIE : la quête est assez courte, la faute sans doute à la limite de capacité du support. La bonne nouvelle, c'est que la progression est enregistrée automatiquement dès que l'on éteint la machine. Ce qui évite de pleurer lorsque les piles sont baisées au bout d'un quart d'heure.
VERDICT : des jeux de rôle au tour par tour sur Game Gear, il n'y en a pas des tonnes. En dépit de ses quelques défauts, ou disons du moins de son esprit roots, Defenders of Oasis est probablement l'un des meilleurs.
POURQUOI CETTE VERSION : rapport au fait que le jeu n'existe que sur Game Gear, peut-être ? Meuh non, je vous prends pas pour des cons...

samedi 25 juin 2016

Docteur amateur, première partie

Outre les épisodes officiels et les productions non-licenciées utilisant majoritairement des personnages secondaires, Doctor Who a aussi connu la ferveur de fans très motivés, prêts à rendre hommage à leur série avec peu de moyens mais pas mal de débrouillardise. Les quatre articles que je vais dédier au sujet sont très loin d'être exhaustifs, mais j'essaierai de dresser un portrait le plus fidèle possible de ces objets méconnus.

Les années 80, premières expérimentations et grosses déconnades

La toute première tentative, en tout cas la première recensée, c'est Time Waits for no Man, en 1977. Réalisé par Kevin Jon Davies et des amis de son école de Tottenham, il s'agit d'un film d'animation, sans son (la vidéo que l'on trouve sur Youtube est accompagnée par une bande-son technoïde), qui met en scène de manière parodique le quatrième Docteur, alias Tom Baker, et Leela.
On y croise aussi un Sutekh sur son trône, sur le point de tirer la chasse, mais aussi un Morbius comme dessiné par Picasso ou encore une boîte de nuit tenue par les Daleks et où de nombreux monstres de la série classique se frottent sur la piste de danse. Un délire de quelques minutes seulement, pas très bien fait et sans queue ni tête, mais qui trace la voie pour les productions à venir. La vidéo est trouvable ici.
C'est en 1984 que les choses s'accélèrent, avec trois groupes amateurs qui se lancent en même temps dans la partie. Celui qui officiera le moins longtemps est la Beeblebrox Company, avec seulement deux films à son actif : Dark Alliance et Theta-G. Les deux mettent en scène un quatrième Docteur interprété cette fois-ci par Sir Laurence Klein. Dans le premier, il est accompagné par Sarah-Jane Smith, jouée pour les besoins de l'histoire par deux actrices différentes.
Cette histoire, composée de deux épisodes d'un gros quart d'heure chacun, se déroule au vingt-neuvième siècle et oppose nos deux héros à une alliance entre les Daleks, le Maître et des Cybermen d'un ridicule à pleurer, entre autres. Très mal jouée, illogique et bordélique au possible, elle est tout de même plus réussie que la deuxième. La seule vidéo de Theta-G disponible sur le Net est de tellement mauvaise qualité que l'on n'y comprend rien, mais ce que l'on peut y voir ne donne franchement pas envie de s'y plonger.
Dark Alliance part 1   Dark Alliance part 2   Theta-G
En 1984 toujours, la Federation fait ses grands débuts. Ce groupe de fans, l'un des plus larges à l'époque, propose tout d'abord l'aventure All Doctors Great and Small, crossover improbable entre Who et le soap vétérinaire All Creatures Great and Small, dans lequel avaient joué Patrick Troughton et Peter Davison notamment. Malheureusement, la mauvaise qualité du son de la vidéo que l'on trouve sur la Toile ne permet pas de profiter pleinement de l'humour affiché par cette histoire plutôt posée, voire statique.
L'année suivante, alors que le show de la BBC est menacé d'annulation, la Federation lance S.A.V.E.W.H.O., dans lequel tous les Docteurs et une bonne partie des Companions historiques, ainsi qu'un paquet de méchants et même John-Nathan Turner, sont parodiés. L'idée est de détourner des scènes mythiques de la série et d'organiser un faux appel aux dons pour la sauver. En 1986, le groupe revient avec Doctor Who and the Holy Grail, un nouveau crossover, cette fois avec le chef d'oeuvre des Monty Python.
En 1989 enfin, la Federation produit Who on TV, mais hélas, je n'ai pas pu trouver la vidéo de cette aventure. De manière globale, on peut dire qu'il ne s'agit que de gros délires d'une bande de potes pas vraiment taillés pour les Oscars, et réalisés avec trois bouts de ficelle. On retrouvera la Federation lors de la décennie suivante, et encore celle d'après, donc j'aurai l'occasion de vous en reparler.
All Doctors Great and Small   S.A.V.E.W.H.O.   Doctor Who and the Holy Grail
Concrètement, ces premiers exemples sont sans aucun doûte dans le registre de la comédie, voire de la parodie. Mais le dernier studio dont je vais vous parler pour cette année 1984, c'est la Seattle International Films. Déjà, on s'en doute grâce à l'appellation, il s'agit cette fois-ci d'un groupe américain. Et puis surtout, s'ils n'ont pas beaucoup plus de moyens que leurs cousins brittons, ils prennent l'exercice au sérieux, eux. SIF va mettre en scène quatre aventures du Docteur, avec une petite particularité.
Il s'agit des aventures du septième Docteur, à l'heure où le canal officiel n'en est qu'à six. Mieux encore, SIF imagine que cette nouvelle incarnation sera une femme ! L'actrice Barbara Benedetti est particulièrement convaincante dans le rôle, sa très grande taille et son accoutrement de Monsieur Loyal au féminin lui octroyant une certaine forme d'assurance qui sied bien au personnage. Elle est accompagnée par Carl Evans, un Londonien du XIXe siècle que l'on croirait cousin des Three Stooges, tant son interprète est doué pour les mimiques comiques.
Leur première aventure commune s'intitule The Wrath of Eukor. Elle se déroule dans une forêt et, en dépit d'un cast limité et de piètres effets spéciaux, elle mériterait presque de faire partie de la chronologie officielle du Docteur. Le constat est presque aussi bon pour Visions of Utomu, en 1986, qui se déroule de toute évidence sur Peladon. Plus humoristique mais toujours aussi bien joué, il souffre par contre de décors médiocres.
Quoiqu'il en soit, il est tout de même bien meilleur que Pentagon West : a Doctor in the House, en 1987, une histoire peu entraînante durant laquelle le Docteur et Carl ne font quasiment que de la figuration, au profit d'une bande d'étudiants et de leur prof devenu fou. En 1988 enfin, arrive Broken Doors, un bon épisode dans la veine de The Celestial Toymaker. Plus court que les précédents (vingt minutes contre une demi-heure d'habitude), il voit le Docteur faire usage des Jelly Babies de sa quatrième incarnation, et il se termine par la régénération de l'héroïne... en homme !
Chose amusante : jamais durant les quatre on ne voit l'intérieur du TARDIS. Contrairement aux autres groupes amateurs, SIF a sans doute préféré ne pas perdre de temps avec un décor aussi chiant à reproduire. Depuis 1988, le groupe n'a plus rien produit, en tout cas rien en rapport avec le Docteur, et c'est bien dommage, parce que c'est vraiment le top du top de cette décennie. Barb Benedetti, quant à elle, a connu quelques seconds rôles au cinéma.
Wrath of Eukor   Visions of Utomu   Pentagon West   Broken Doors
En 1985, 1988 et 1989, le groupe Ad-Lib Productions réalise les trois épisodes de la trilogie Labyrinth of the Blud Devils. Malheureusement, les vidéos sont aujourd'hui introuvables, donc je ne m'y attarderai pas. Toujours en 1985, Wet Paint Productions s'aventure, à priori pour la seule et unique fois, sur le terrain de Doctor Who, avec The Two Doctors and the Anti-Matter Menace.
On est de nouveau sur le ton de la parodie à deux sous, le troisième Docteur s'associant à son incarnation suivante, à Romana et à K-9 pour retrouver, sur ordre du Gardien Blanc, la clé du temps qu'a dérobé Omega, associé pour l'occasion à Davros et à ses Daleks. Rigolo malgré ses faibles moyens, cet épisode vaut surtout pour sa scène de course-poursuite tournée en accéléré, façon Benny Hill.
The Two Doctors and the Anti-Matter Menace
L'année suivante, un nouveau groupe du nom de MUM Productions fait ses grands débuts. Il produira huit aventures entre 1986 et 1997, mais hélas, il semblerait qu'aucune ne soit disponible à l'heure actuelle sur Internet... De 1987 à 2004, un autre groupe appelé Planet Film Productions sévira également dans le milieu, avec sept films à son actif, mais là encore, une bonne partie de ses oeuvres est introuvable. En tout cas, les deux réalisées dans les années 80 ont disparu de la Toile. On reparlera donc d'eux dans le prochain article.
En attendant, on termine cette décennie avec Attack of the Square Daleks, en 1989. Un objet filmique curieux, de sept minutes, durant lequel un gars déguisé en Docteur période Tom Baker et une petite fille (sa fille peut-être ?) incarnant Romana trainent un jouet à l'effigie de K-9 et se battent contre des Daleks cubiques, comme on pouvait s'y attendre vu le titre, mais aussi contre le Moine. Mal joué, d'une qualité déplorable, il donne vraiment l'impression d'avoir gâché de la pellicule.
Attack of the Square Daleks
Et c'est donc sur une mauvaise note que s'achève ce premier panorama. De manière générale, le manque de moyens et, soyons francs, le manque de talent, ne donneront pas matière à s'attarder trop longtemps sur ces productions. Qui plus est, bon nombre d'entre elles souffrent de la faible qualité, tant visuelle que sonore, des VHS sur lesquelles elles ont été enregistrées à l'origine. Intéressez-vous tout de même aux quatre opus de SIF si vous le pouvez, ils en valent la peine.

mercredi 22 juin 2016

Doctor Who saison 26



diffusion initiale : du 6 septembre au 6 décembre 1989
nb d'épisodes : 14 répartis en quatre aventures
DVD :

    > Battlefield 1 à 4
    > Ghost Light 1 à 3
    > The Curse of Fenric 1 à 4
    > Survival 1 à 3


Docteur : Silvester McCoy
Compagnons : Dorothy "Ace" McShane, Alistair Gordon Lethbridge-Stewart



LAST BUT NOT LEAST. Andrew Cartmel a de grands plans pour la série. Et si le producteur John Nathan-Turner a envie de partir vers de nouvelles aventures après cette vingt-sixième saison, son script-editor se verrait bien rester. Il veut faire du Docteur une figure de puissance et d'autorité, sorte de grand manitou des Time Lords au même titre que Rassilon ou Omega, et il a aussi des idées pour Ace, qu'il veut amener sur la voie de la sagesse pour la transformer petit à petit en Time Lady.
Les fans n'auront pas le temps de crier à la retcon, car le directeur des programmes de la BBC va mettre un coup d'arrêt définitif à la plus vieille saga de science-fiction de la télé britannique, et cette année 1989 est celle de la fin du programme. Au départ, l'idée était juste de le mettre en veille durant quelques années, mais l'Histoire en décidera autrement. Ne restent donc plus que ces quatre dernières aventures pour se faire une idée de ce que Who aurait pu devenir.
D'aucuns avancent que les têtes pensantes de la chaîne publique, tous plus ou moins WASP's, ne croient pas du tout en un programme de science-fiction pour le début des années 90, en tout cas pas à ce budget. D'autres évoquent même la honte des producteurs à mettre à l'antenne un tel programme. Mais in fine, ce sont les audiences qui déclinent, chose peu surprenante lorsqu'on se retrouve face à Coronation Street.
Et puis bon, on va pas se mentir, certaines histoires frôlent le ridicule, quand elles ne l'embrassent pas à pleine bouche et avec la langue. Ainsi en est-il de Battlefield, l'aventure inaugurale de cette ultime saison, qui voit les chevaliers du Cycle Arthurien se battre avec des pistolets laser tandis que la fée Morgane tente de déclencher une ogive nucléaire pour se débarrasser de Merlin, autrement dit du Docteur.



Affreusement mal jouée, cette aventure aurait pourtant pu être bien sympa, puisqu'elle renvoyait directement à l'ère de U.N.I.T. On y recroise le Brigadier, désormais à la retraite, et même la voiture Bessie fait son retour ! Avec des tournages en extérieur magnifiques et un certain budget alloué, en témoignent les séquences en hélico, ainsi que le retour de Jean Marsh (Lady Joanna dans The Crusade (S2E6), mais surtout Sara Kingdom dans The Daleks' Master Plan (S3E3)) en guest, on aurait pu s'attendre à un petit chef d'oeuvre qui rend hommage au passé de la série.
Las, le surjeu et le message un peu grossier sur la non-violence ne fonctionnent pas. Autre exemple de ratage ? Il suffit de se tourner vers l'aventure suivante. Situé dans une Angleterre victorienne admirablement retranscrite et bénéficiant d'une bonne ambiance à suspense, bien servie par une musique organique de bon ton mais hélas un peu gâchée par les éléments de science-fiction, Ghost Light démarre tout de même sur les chapeaux de roue. Malheureusement, le scénario est tout simplement imbitable. Mais sans blaguer, même les acteurs ne comprennent pas ce qui se trame, et le réalsateur a été obligé d'appeler le scénariste pour qu'il lui explique certaines scènes !
C'est aberrant, et c'est d'autant plus dommage que cette aventure est directement liée au passé d'Ace. Elle explique, ou elle tente d'expliquer, comment la jeune femme s'est retrouvée là où elle en est, et ce n'est que le premier pas vers son évolution. Une évolution spectaculaire qui aura lieu dans The Curse of Fenric, qui la voit non seulement devenir femme et accepter son passé, mais aussi se détâcher de cette figure paternelle qu'incarnait le Docteur. Un Docteur qui se montre pour le coup extrêmement manipulateur, prêt à briser son "élève" si cela peut lui permettre de triompher.






















L'une des rares aventures du Docteur entièrement tournées en extérieur (avec Spearhead from Space (S7E1)), The Curse of Fenric est une pièce agréable, pourvue de jolis décors et de costumes crédibles. Autant les histoires de pure S-F. ne rendent pas franchement bien, autant les épisodes "historiques" sont une marque de fabrique de la BBC. Mais bref, pour en revenir à l'évolution de la relation entre Ace et le Docteur, Survival est un autre exemple tendant à prouver que quelque chose s'est cassé.
Très intéressante, cette histoire peut réellement être considérée comme le prototype de la série actuelle, notamment parce qu'elle se déroule dans un cadre urbain contemporain qui renvoit directement à l'épisode d'ouverture - et à de nombreux autres - du relaunch. Malgré tout, les costumes des hommes-léopards que le Docteur y affrontent et les Animatronics de chats font très peluches, absolument pas crédibles et confèrent à cette dernière aventure un côté franchement kitch.
Si elle voit revenir une dernière fois le Maître, du reste vite grillé malgré les efforts pour rendre cette apparition mystérieuse lors du premier acte, la Némésis du Docteur est finalement assez anecdotique au regard de ce qui se joue pour les deux acteurs principaux. Il sera d'abord question d'Ace, qui doit désormais faire face à ses débuts puisque l'action se déroule en partie à Perivale, la ville où elle est née.
Mais surtout, c'est une nouvelle pierre sur le chemin de toute-puissance du Docteur, tel que l'imaginait Andrew Cartmel. Cette saison, le Doc a tenu tête à deux entités toutes-puissantes, la Lumière dans Ghost Light et Fenric dans The Curse of Fenric, et il les a toutes deux vaincues. Ici, il va carrément résister à l'appel de la planète des hommes-léopards, qui rend les esprits sauvages et auquel même le Maître n'a pas su résister.






















Déjà entr'aperçue dans Silver Nemesis (S25E3), la toute-puissance du Docteur s'exprime logiquement face à des adversaires eux-mêmes sans limites, mais cette grosbillisation a quelque chose d'exagéré. L'idée de la production est claire : on ne sait pas tout sur le Docteur, et sous ses airs de pitre dépassé par les évènements, se cache un gros badass. Là encore, c'est tout l'enjeu de la nouvelle série.
Point de détail qui a son importance, le Docteur nous ressort le coup de la prise qui tue. A l'époque de Jon Pertwee, son karaté vénusien lui permettait, à la manière de Spock dans Star Trek, de paralyser un adversaire d'une simple pression sur l'épaule. Cette saison, et par deux fois, il fera usage d'une autre technique pour parvenir au même résultat : appuyer son index sur le front du gars d'en face. Moralité, le Docteur ne se bat qu'en cas d'extrême urgence, mais il peut vous mettre au tapis avec trois fois rien.






















Mais après tout, le Maître avait aussi des pouvoirs d'hypnose, même si la tradition s'est perdue au fil du temps. En tout cas, l'idée est bel et bien de faire du héros un Time Lord au dessus de la moyenne. Problème si Cartmel avait pu mener son plan à bien : le Docteur ne peut pas être un contemporain de Rassilon ou Omega, sauf si le Maître l'est aussi, puisqu'ils étaient à l'université ensemble. Quant à Ace en Time Lady, c'est tout simplement une impossibilité génétique.
Au chapitre des DVD's, il faut savoir que quasiment toutes les aventures de cette saison, exception faite de Ghost Light, sont des éditions spéciales qui s'en cachent. Ce n'est pas marqué sur la jaquette, mais elles contiennent à chaque fois deux disques. Et pour deux d'entre elles, le second disque présente l'aventure remontée en un seul film d'une heure et demi / deux heures. Les bonus sont globalement très nombreux.

L'épisode que je vous conseille : Survival, pour les peluches d'hommes-léopards, mais aussi pour la sentence du Docteur qui fait vraiment grandiloquente. "Si on se bat comme un animal, on meurt comme un animal." C'est un message fort, mais qui, dans le contexte, tombe un peu à l'eau.