samedi 22 septembre 2018

Wolfchild sur Master System

Wolfchild

machine : Master System

année : 1993
développeur : Core Design Ltd.
éditeur : Virgin Interactive
joueurs : un
genre : plate-forme / action




Vous êtes Saul Morrow, et vous êtes le dernier survivant de votre famille. La faute à papounet, car le Dr Kal Morrow - ça fait déjà two Morrow, si on compte bien - était un expert en génétique et a été enlevé par l'organisation terroriste CHIMERA pendant que sa petite smala se faisait gentiment éparpiller façon puzzle. Le bon docteur, généticien de son état, travaillait en effet sur un concept d'hybride humain-animal, expérience que récupère le fiston pour aller se venger de l'organisation et de son leader, Karl Draxx. Oui voilà, le fils caché de la révolution socialiste et des Gardiens de la Galaxie. Un beau salaud, donc. Bref, vous voici désormais sur le pont du Wolfship, prêt à en découdre.

QUI A PEUR DU GRAND MECHANT LOUP ?
Saul se dirige de manière assez classique, du moins au début. Vous utilisez le bouton A pour sauter par dessus les obstacles et les précipices, tandis que le bouton B sert à frapper vos adversaires. La portée, des sauts comme des coups, est assez limitée au début, et cela est vite problématique puisque les ennemis ne se privent pas de vous canarder à distance, eux. Heureusement, vous trouverez régulièrement des cœurs qui restaurent votre jauge de santé. Mieux encore : si vous en récupérez un lorsque votre jauge est déjà pleine, vous vous transformerez en homme-loup. A cela, plusieurs avantages. Cette forme saute beaucoup plus loin, et surtout, elle peut tirer sur les ennemis.
En outre, le tir de base, déjà plus efficace que les simples coups, peut être amélioré en récoltant des power-up. Il en existe de plusieurs sortes : le canon à plasma projette des espèces de sphères d'énergie vertes, tandis que l'espèce de pointe envoie un projectile à tête chercheuse sur l'adversaire le plus proche. Les espèces de bolas d'énergie partent en cloche pour frapper les ennemis en dessous de vous, la flamme provoque plusieurs dégâts dès qu'elle entre en contact, la boule de feu part en zigzag et détruit tout ce qu'elle touche, le three-way part comme son nom l'indique dans trois directions, et le croissant est en fait un boomerang qui revient à l'expéditeur.
La dernière évolution est la bombe à incinération, mais pour l'utiliser, vous devrez réaliser la combinaison bas plus B. Elle agit comme une smart bomb en détruisant tout à l'écran, ce qui ne rend absolument rien sur une capture. L'autre combo à retenir, c'est bas plus A : cela permet de changer d'arme afin d'économiser les munitions, les armes secondaires étant disponibles bien entendu en quantité limitée. Notez enfin que si vous perdez trop d'énergie, vous retournez à votre forme première. Vous pourrez vous changer de nouveau en récupérant des cœurs, et ceux qui sont sur fond noir augmentent votre jauge de vie. Les carrés marqués d'une flèche qui pointent vers le bas servent quant à eux de checkpoints. Enfin, les petites sphères colorées représentent des bonus de points.

Le premier niveau se déroule donc sur le navire volant des méchants, le Wolfship. En fait de bateau-loup, il s'agit d'un bête voilier dont vous grimperez un à un les nombreux mâts, en prenant garde aux tirs ennemis. Les adversaires se présentent majoritairement sous la forme de ptérodactyles humanoïdes, me semble-t-il, à ceci près que leurs ailes auraient été remplacées par les bonbonnes d'un lance-flammes. A la proue du navire vous attend votre premier boss. Lui aussi a une gueule de dinosaure volant, lui non plus n'a pas d'ailes, mais il est pour sa part équipé d'un jet-pack. Après l'avoir battu, vous obtenez un mot de passe pour reprendre la partie en cours.

JE SUIS SAUL AU MONDE
Vous vous rendez ensuite dans une forêt à la végétation particulièrement agressive. En outre, des éléments technologiques se mêlent à la flore, comme les plates-formes qui servent d'ascenseurs... mais qui ne sont pas toutes fonctionnelles, attention ! Encore plus tortueux que le précédent, ce niveau est truffé de passages secrets, et parvenir jusqu'au boss nécessite de fait un certain temps. Ce gros caméléon humanoïde n'encaisse que quatre coups avant de mourir, mais il se téléporte sans arrêt et se montre du coup un peu compliqué à toucher... même si, rapidement, on s'aperçoit qu'il effectue toujours le même parcours.
Après l'avoir battu, vous arrivez dans l'ancien temple, un véritable dédale de corridors dégueus et envahis d'insectes tout aussi crades, mais aussi de couloirs plus travaillés. Hélas, ce sont des pièges mortels qui vous y attendent, en particulier des scies circulaires qui jaillissent du sol comme du plafond. Certaines portions dudit sol sont destructibles d'un simple saut, et vous trouverez généralement dessous des options intéressantes. Au fin fond du labyrinthe, vous aurez encore à affronter une araignée géante (23), qui fait office de boss. En suivant, le décor du quatrième stage représente un laboratoire hautement technologique (25). A la fin de ce niveau, vous n'aurez pas à affronter de boss, mais vous devrez passer par une phase en ascenseur plutôt ardue.
Puis vient la cinquième et dernière étape de votre périple. Le cœur de la forteresse ennemie représente, on s'en doute, la somme de toutes les saloperies qui vous sont tombées dessus jusqu'alors, et les adversaires y sont particulièrement redoutables. Le parcours est également long et tortueux, et le boss final, qui se téléporte comme le caméléon de la forêt, balance des attaques monstrueuses et s'avère ô combien résistant. Tout ce que l'on attend du grand badass de n'importe quel jeu vidéo, mais si vous vous en sortez, vous pourrez assister à la victoire de Saul, qui parvient à sauver son père et à s'enfuir de l'île de CHIMERA.

EN RESUME :
SCENARIO : le contexte est relativement original... mais uniquement sur le livret du jeu, puisqu'il n'y a pas d'introduction in-game. De même, la fin est une image fixe qui n'est accompagnée d'aucun texte. Au temps pour ceux qui voudraient se plonger dans cet univers.
GRAPHISMES : un peu léger sur les autres supports sur lesquels il a vu le jour, Wolfchild impressionne sur huit bits, grâce à des graphismes fins, des décors la plupart du temps détaillés et des couleurs pétaradantes. Quelques bugs graphiques lorsque deux objets se chevauchent.
ANIMATION : la vitesse de progression est réglée au minimum. La rançon, probablement, des graphismes tapageurs. Pour autant, la fluidité est de mise et les mouvements sont bien décomposés.
SON : les limitations de la machine amoindrissent la qualité sonore. La partie musicale n’est donc pas inoubliable, mais dans l’ensemble, les thèmes sont supportables pendant qu’on joue.
JOUABILITE : Saul se manie sans difficulté, ses sauts sont énormes et faciles à diriger, et les nombreuses armes à votre disposition permettent de varier les manières de tuer.
DIFFICULTE : il n'est pas rare de se faire toucher, et du coup, on ne profite pas assez des transformations en loup, qui auraient dû être le coeur du jeu. Une petite frustration, donc, mais rien de rédhibitoire.
DUREE DE VIE : l'aventure n'est certes composée que de cinq stages, mais ceux-ci sont longs et labyrinthiques. On met de fait un peu de temps à terminer le jeu, même lorsqu'on le connait par coeur.
VERDICT : un peu léger sur les machines plus puissantes, Wolfchild est une belle réalisation sur la vieille Master System. Peut-être pas un must-have, mais un outsider de qualité.
POURQUOI CETTE VERSION : médiocre sur consoles et micros seize bits, Wolfchild prend tout son intérêt sur Master System et Game Gear. Mais la visibilité est meilleure sur la console de salon que sur la portable.

vendredi 21 septembre 2018

Aparté

Je n'ai jamais voulu regarder mes audiences mais je ne pense pas avoir tant de lecteurs/trices que ça. Non, même pas tant que ça. Et peut-être un peu moins.
Mais je sais qu'il en est une en particulier qui me suit depuis un peu plus d'un an. Je le sais parce que j'en discutais avec elle quand on se retrouvait le lundi matin.
Désormais, ce ne sera plus le cas.

Tu vas me manquer. Beaucoup. Longtemps.
Merci. Pour tout.

Tu as d'abord été une collègue, un peu pénible, mais rigolote. Attachiante, quoi.
Et puis très vite, tu es devenue bien plus. Une véritable amie.

Je sais que tu ne pars pas loin, je sais qu'on aura forcément l'occasion de se revoir.
Mais en attendant, on discutera plus de ça à la machine à café. Ni d'autre chose. Ou pas de vive voix.

C'est déjà difficile, et ça fait même pas une minute que tu n'es plus officiellement employée ici.

Je te souhaite le meilleur. Vraiment. Sincèrement.
Tu le mérites tellement.


Un oiseau (tu comprendras)

samedi 8 septembre 2018

Sorties comics d'aout

A peine plus dense que juillet, avec de nombreuses sorties repoussées, pour certaines aux calendes grecques, le mois d'août offre un bilan mitigé. Panini et Glénat sont encore en vacances, mais Delcourt et Urban carburent à plein régime, et de nombreux éditeurs tiers leur emboîtent le pas. Cependant, si rien n'est réellement mauvais, aucune sortie n'est franchement marquante. On saluera malgré tout la sortie de gros pavés consacrés à Spawn, à Prophet (qui voit enfin le bout du tunnel) ou à la dernière création de Terry Moore, mais le reste est quelque peu anecdotique.

LE COMICS (indé) DU MOIS (d'aout)
MOTOR GIRL (intégrale, éditions Delcourt)
scénario et dessin : Terry MOORE (Strangers in Paradise, Rachel Rising)
genre : science-fiction / humour
édité chez ABSTRACT STUDIOS aux USA (contient Motor Girl 1 à 10)

Ancien soldat de l'armée américaine, qui a subi de lourdes blessures lors de la guerre, Samantha Locklear travaille dans une casse automobile, seule avec le gorille imaginaire qui résulte de son traumatisme. Alors que la propriétaire de la ferraille, Libby, lui explique qu'elle va vendre à un mystérieux acheteur, Samantha fait la rencontre de deux extraterrestres. Reste à savoir si ceux-là sont réels ou non, et si oui, pourquoi tant de gens en ont après eux...
La nouvelle série de Terry Moore concentre absolument tout ce qui a fait la renommée de l'auteur : un scénario qui dévoile de belles promesses dès le premier épisode, une héroïne à la fois attachante et sexy, et beaucoup d'humour. Terry Moore en profite même pour faire revenir sur le devant de la scène les adorables Bik et Beep, issus de son anthologie humoristique Paradise Too ! Et ce sont peut-être eux les personnages les plus importants de son récit, car on se demande sans cesse ce qui est réalité ou fiction, le récit jouant justement sur cet aspect pour se permettre toutes les audaces.
On s'en doute, la partie graphique demeure admirable. Les héroïnes de l'artiste se ressemblent toutes, physiquement parlant, mais il insuffle à chacun de ses personnages, importants ou non, un background et un comportement qui lui sont propres. Tant et si bien que l'on s'y attache, et que le final en devient bouleversant. Eh oui ! Motor Girl est une série courte, bien plus que les précédentes sagas de Terry Moore, et Delcourt a choisi, en toute logique, de la publier intégralement en un volume.





DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
RENATO JONES (tome 2, éditions Akiléos)
scénario et dessin : Kaare Kyle ANDREWS (the Immortal Iron Fists, Intrigue)
genre : super-héros
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Renato Jones volume* 2 1 à 5)

En sauvant Bliss du tueur à gages qu'avait engagé le tout-puissant Conseil, Renato Jones a également fait de son père un survivant très médiatique, bientôt appelé aux plus hautes fonctions de l'Etat. Devenu président des Etats-Unis, Nicola Chambers est l'homme le plus puissant du monde, qu'il compte bien mettre à genoux. Pour sa deuxième mini-série, Kaare Andrews fait dans la surenchère. Si, graphiquement, ce grand spectacle est tout bonnement splendide à regarder, le synopsis est à peine moins minimaliste que celui de la première saison. Mais le manichéisme s'efface légèrement, et la lecture s'en trouve adoucie.

(3/5)

BIRTHRIGHT (tome 6, éditions Delcourt)
scénario : Joshua WILLIAMSON (Ghosted, Captain Midnight)
dessin : Andrei BRESSAN (Green Lantern : New Guardians, Sword of Sorcery)
genre : heroic-fantasy
édité chez SKYBOUND ENTERTAINMENT, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Birthright 26 à 30)

Son esprit piégé par le sort de Sameal, Mikey Rhodes résiste pourtant aux tentatives de son grand-père de découvrir la vérité concernant son combat contre le roi Lore. La seule solution est désormais de le délivrer de l'esprit du Sourcier, mais le voyage s'annonce encore plus périlleux que prévu. Il aura fallu attendre rien moins que six arches narratives pour que Joshua Williamson daigne enfin faire évoluer son héros ! Ouvrant un grand nombre de nouvelles pistes de manière simultanée, l'auteur est toujours secondé de brillante manière par un Andrei Bressan au style toujours aussi riche.

(4/5)

MAGNUS (éditions Casterman)
scénario : Kyle HIGGINS (C.O.W.L., Hadrian's Wall)
dessin : Jorge FORNES (Amazing X-Men, Doctor Strange)
genre : science-fiction
édité chez DYNAMITE ENTERTAINMENT aux USA (contient Magnus 1 à 5 sans les back-up*)

Dans un futur proche, les machines sont devenues des êtres pensants et conscients de leur propre existence. Reconvertie en psychologue pour robots, Kerri Magnus doit pourtant reprendre son ancien rôle de chasseuse de robots pour arrêter celui qui a assassiné son possesseur, grand défenseur de l'intelligence artificielle. Dérivée de la mini-série The Sovereigns, inédite en France, le récit de Kyle Higgins réinvente le personnage classique dans un univers moins futuriste, pour peut-être mieux faire passer un message certes déjà entendu, mais jamais inutile à rappeler. Le style un peu désuet de Jorge Fornes est agréable à l'oeil.

(3,5/5)

INVISIBLE REPUBLIC (tome 2, éditions Hi Comics)
scénario : Corinna BECHKO (Heathentown) et Gabriel HARDMAN (Kinski)
dessin : Gabriel HARDMAN (Savage Hulk, Planet of the Apes)
genre : science-fiction / politique
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Invisible Republic 6 à 10)

Rencontrant enfin Maia Reveron, la cousine rebelle d'Arthur McBride, les journalistes Croger Babb et Fran Woronov acceptent de lui remettre son journal intime, préférant laisser le passé aux oubliettes. Mais l'ouvrage a disparu, et leur nouvelle alliée est traquée par les forces gouvernementales aux ordres de la baronne Pannonica de Roths. La noirceur des dessins lourdement encrés de Gabriel Hardman et les tons volontairement froids avec lesquels ils sont colorisés délivrent une atmosphère pesante qui sied plutôt bien au récit, lent et très détaillé, que l'artiste développe en compagnie de sa femme, Corinna Bechko.

(3,5/5)

JOHN PROPHET (tome 3, éditions Urban)
scénario : Paul BOHM, Kate CRAIG, Brandon Scott GRAHAM (8House), Polly GUO, Sarah HORROCKS (Bruise), Daniel IRIZARRI (Americatown), Daniel Warren JOHNSON (Extremity), Shannon W. LENTZ, Mike McGHEE, Giannis MILONOGIANNIS (Old City Blues), Nero O'REILLY, Andrea PECINKAS, Xurxo G. PENALTA, Simon ROY (Jan's Atomic Heart), Matt SHEEAN (Expansion), Malachi WARD (From Now On), Grim WILKINS (Mirenda), Ronald WIMBERLY (Prince of Cats) et Sean WITZKE
dessin : Ron ACKINS (Moon Knight), Bayard BAUDOIN, Joseph BERGIN III, Gael BERTRAND (A Land Called Tarot), Paul BOHM, Aaron CONLEY (Sabertooth Swordsman), Kate CRAIG, Farel DALRYMPLE (Pop Gun War), Addison DUKE, Brandon Scott GRAHAM (King City), Polly GUO, Sarah HORROCKS (Goro), Daniel IRIZARRI (Judge Dredd : the Blessed Earth), Daniel Warren JOHNSON (Green Leader), Jerry LANDO (39 Minutes), Sandra LANZ (Ex Occultus), Rob LIEFELD (Youngblood), LUDROE, Ian MACEWAN (the Yankee), Mike McGHEE, Giannis MILONOGIANNIS (G.I. Joe), Nero O'REILLY, ONTA (Cocktails), Tom PARKINSON-MORGAN (Kill Six Billion Demons), Xurxo G. PENALTA, Simon ROY (the Field), Matt SHEEAN (Ancestor), James STOKOE (Godzilla), Dave TAYLOR (Batman : Death by Design), Jenna TROST, Malachi WARD (Ritual), Grim WILKINS et Ronald WIMBERLY (Something Wicked This Way Comes)
genre : science-fiction
édité chez EXTREME STUDIOS, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Prophet 32 à 45 + Prophet : Strikefile 1 & 2 + Prophet : Earth War 1 à 6)

Tandis que le vieux Prophet rassemble encore ses alliés potentiels en vue de la guerre contre l'empire terrien, Troll contacte le nouveau Père-Prophète et le convainc, lui et quelques-uns de ses suivants, de renier les préceptes des Mères. Pour autant, peut-on vraiment se fier à lui ? Si Simon Roy et Giannis Milogiannis s'autorisent quelques épisodes un peu à part, les auteurs poursuivent leur marche en avant méticuleusement, sans oublier de nouveaux hommages aux autres personnages créés par Rob Liefeld. La partie graphique est souvent somptueuse, et Urban Comics, après bien des déboires d'édition, a décidé de publier tout le matériel resté inédit jusqu'alors.

(4/5)

PAPER GIRLS (tome 4, éditions Urban)
scénario : Brian VAUGHAN (the Private Eye, the Escapists)
dessin : Cliff CHIANG (Wonder Woman, Beware the Creeper)
genre : science-fiction
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Paper Girls 16 à 20)

En l'an 2000, Tiffany se retrouve prise au piège au milieu d'un combat entre deux robots géants. Les deux armées de voyageurs du temps se livrent une guerre sans merci qui pourtant passe inaperçue auprès de la population locale, grâce à l'intervention des drônes restaurateurs. Pourtant, certains citoyens sont bel et bien au fait de la Guerre des Ages, en particulier la vieille Charlotte Spachefski. Brian Vaughan alterne entre différentes époques et cette nouvelle arche narrative, contemporaine, ressemble beaucoup à la deuxième, tant dans son ambiance que dans son déroulé. L'auteur explique au moins qui sont les forces en présence, et Cliff Chiang demeure efficace à défaut d'être séduisant.

(3/5)

SPAWN : the DARK AGES (intégrale 2, éditions Delcourt)
scénario : Steve NILES (30 Days of Night, Frankenstein : Alive, Alive !)
dessin : Nat JONES (Kodiak, '68)
genre : heroic-fantasy
édité chez TODD McFARLANE PRODUCTIONS, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Spawn : the Dark Ages 15 à 28)

Parti régler ses comptes avec son guide Cagliostro, Lord Covenant doit faire face à une assemblée de druides, qui souhaitent lui ôter son nécroplasme afin qu'il puisse redevenir humain, et ce quitte à ce que la torture qu'ils lui infligent lui coûte la vie. La série devait en théorie repartir sur de nouvelles bases, avec un nouveau duo aux manettes. Pourtant, Steve Niles n'apporte au final que peu de changements à la formule. Heureusement, on peut souligner avec un certain soulagement le trait tout en puissance de Nat Jones, qui convient mieux au personnage. Malgré tout, la fin de la saga n'est guère plus emballante que ses débuts.

(3/5)

ANIMOSITY (tome 2, éditions Snorgleux)
scénario : Marguerite BENNETT (A-Force, Angela : Asgard's Assassin)
dessin : Rafael de LATORRE (SuperZero)
genre : post-apocalyptique
édité chez AFTERSHOCK COMICS aux USA (contient Animosity 6 à 10)

Tandis que Jesse, Sandor et les animaux qui ont accepté de les accompagner s'éparpillent à la recherche d'objets du quotidien, ils sont attaqués par ce que d'aucuns considèrent comme un dragon. Dans l'ombre, d'autres créatures à la solde du monstre les épient... Marguerite Bennett a décidé de faire de sa série un parcours initiatique pour sa jeune héroïne, et elle préfère s'étendre sur la quête métaphysique de ses personnages, au détriment d'une action réduite à la portion congrue. Qui plus est, les dessins de Rafael de Latorre n'ont toujours rien de frappant.

(2,5/5)

BABYTEETH (tome 1, éditions Snorgleux)
scénario : Donny CATES (God Country, Buzzkill)
dessin : Garry BROWN (Black Road, Crude)
genre : fantastique
édité chez AFTERSHOCK COMICS aux USA (contient Babyteeth 1 à 5)

A seize ans, Sadie est tombée enceinte sans explication rationnelle. Elle va donner naissance à Clark, un bébé aux yeux entièrement noirs et à la peau pâle qui pourrait bien être annonciateur de la fin du monde. L'organisation secrète appelée la Silhouette préfère se débarrasser de l'enfant plutôt que de risquer l'apocalypse. Le sujet date de la nuit des temps, mais Donny Cates le traite de manière plutôt originale, en faisant de l'Antéchrist un personnage important mais secondaire de l'histoire de sa mère, et en instillant quelques pincées d'humour bienvenues. Par contre, le dessin de Garry Brown est un peu grossier, et irrégulier.

(3/5)

Les INCROYABLES AVENTURES de l'ENFANT-PLUME (tome 3, éditions Vents d'Ouest)
scénario et dessin : Jorge CORONA (Big Trouble in Little China : Old Man Jack, Goners)
genre : conte
édité chez ARCHAIA ENTERTAINMENT, un label de BOOM ! STUDIOS, aux USA (contient Feathers 5 & 6)

Poe est parvenu à ramener Bianca dans la Cité, mais il en a immédiatement été chassé par une population hors de tout contrôle. Fou de rage, l'enfant-plume retourne dans le Labyrinthe pour y sauver les Souris, mais le mystérieux homme à l'écharpe a une longueur d'avance sur lui, et il n'est pas sûr qu'il puisse lui échapper. Jorge Corona termine sa mini-série sans résoudre son principal sous-texte, mais aussi surprenant que cela puisse paraître, aucune déception n'en découle car cette fin ouverte laisse toute latitude au lecteur de se forger son avis sur une hypothétique suite. La patte graphique est en tout cas séduisante, une fois de plus.

(3,5/5 en V.O., 1,5/5 en V.F. parce que c'est trop cher)

Le MONDE INCROYABLE du GUMBALL (tome 1, éditions Urban)
scénario : Megan BRENNAN ((para)Normal)
dessin : Katy FARINA (Steven Universe)
genre : humour
édité chez KABOOM !, un label de BOOM ! STUDIOS, aux USA (contient The Amazing World of Gumball : Fairy Tale Trouble OS*)

Durant la kermesse de leur école, Gumball, sa soeur Anaïs et leur ami Darwin se disputent avec un magicien qui, de colère, les propulse dans un autre monde. Les enfants Watterson sont désormais les héros d'un monde médiéval-fantastique, chargés de réveiller leur père à l'aide de trois objets magiques. Megan Brennan relance l'adaptation de la série animée sous la forme d'histoires complètes en un volume. Plus efficace qu'une publication mensuelle, ce format permet de nombreuses digressions humoristiques, qui impliquent ceci dit un rythme plus délié. Le dessin de Katy Farina est fidèle aux nouveaux designs.

(3/5)

* BACK-UP : histoire courte publiée en fin de fascicule, qui peut être ou non liée à l'histoire principale
* OS : one-shot, récit auto-contenu
* VOLUME : numéro d'identifiant d'une série

PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
the BEATLES : YELLOW SUBMARINE, édité chez Titan aux USA et chez Panini en France
BLOODSHOT : SALVATION, édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
BRITANNIA : CEUX qui VONT MOURIR (Britannia : We Who Are about to Die), édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
COMME CHIEN et CHAT (Puppy Versus Kitten), édité chez Hodder & Stoughton en Angleterre et chez Hachette en France
CORALINE, édité chez Harper Collins aux USA et chez Delcourt en France
LOCKE & KEY intégrale 4, édité chez IDW Publishing aux USA et chez Hi Comics en France (déjà chroniqué lorsque l'éditeur s'appelait Milady Graphics)
MOI, CE QUE J'AIME, C'EST LES MONSTRES (My Favorite Thing Is Monsters), édité chez Fantagraphics aux USA et chez Monsieur Toussaint Louverture en France
PAUVRE SIDNEY (I'm not Okay with This), édité chez Fantagraphics aux USA et chez L'Employé du Moi en France
RUBIS et sa CLIQUE tome 2 (Red's Planet), édité chez Harry N. Abrams aux USA et chez Rue de Sèvres en France
les SIMPSON tome 37 (Simpsons Comics), édité chez Bongo aux USA et chez Jungle en France
WALLACE l'INTREPIDE (Wallace the Brave), édité chez Andrew McMeel aux USA et chez Jungle en France

samedi 18 août 2018

Tout commença dans un grand bang !

Plus le temps passe et plus les titres de mes instants VO deviennent cryptiques, n'est-il pas ? Aujourd'hui, nous allons parler d'un label qui a vécu un parcours éditorial un peu chaotique, et qui n'a pas complètement disparu de nos jours, mais qui commence à se faire sacrément rare. A première vue, on pourrait croire à un linéaire de comic shop spécialisé dans les bandes dessinées des années cinquante. Mais nous allons voir qu'il n'en est rien.


L'INSTANT VO (What else ?)
J'ai déjà évoqué Gary Carlson précédemment, notamment pour parler de sa relation privilégiée avec Erik Larsen. Dans les années quatre-vingt, Carlson est le créateur et l'éditeur de la revue anthologique Megaton, dans les pages de laquelle Larsen, mais aussi Rob Liefeld ou Angel Medina, feront leurs débuts. Il y est également scénariste d'un récit feuilletonnant baptisé Vanguard, qu'il reprendra de manière plus travaillée lorsqu'il intègrera Image Comics.

Dès les débuts de Megaton, Carlson intègre des super-héros à l'ancienne. L'idée de base est de mélanger des héros tout juste créés et d'autres, tout aussi nouveaux, mais qui donneraient l'impression d'avoir toujours existé. On ne parle pas encore de rétro-continuité, mais plus d'hommages, ou pastiches, des grandes figures des Big Two, et en particulier de DC Comics. Megaton fait long feu, la franchise passe rapidement par les pages du magazine Berzerker, de Gauntlet Comics... et c'est là où la chance tourne.

Gauntlet est en réalité un label de l'éditeur Caliber Comics, qui décide de donner sa chance à Carlson en faisant de Big Bang une autre collection, totalement indépendante. Le résultat est une mini-série Big Bang Comics en cinq épisodes, qui présente différentes histoires néo-rétro formant un univers partagé entre plusieurs héros, ainsi qu'une mini-série dédiée au Knight Watchman, la version Carlson de Batman. Sur l'une comme sur l'autre, l'auteur est accompagné du co-fondateur de Big Bang, Chris Ecker, qui fut entre autres choses le créateur de Now Comics durant la précédente décennie.

Sur leur anthologie, les deux compères sont accompagnés de nombreux scénaristes et artistes, parmi lesquels Ed DeGeorge, qui a aussi pour mission, si l'on peut dire, de ressusciter un vrai personnage de l'âge d'or des comics, à savoir le Dr. Weird. A la suite d'un épisode spécial reprenant quelques histoires passées du héros, et notamment celles de Jim Starlin, le héros occulte aura droit à une mini-série plutôt courte avant que DeGeorge ne le migre chez October Comics, la maison d'édition qu'il vient tout juste de fonder.
A la suite d'un différend avec le distributeur, qui réclame un tiers des copyrights à Caliber Comics, Big Bang change de crèmerie et trouve refuge chez Image Comics, où Gary Carlson a déjà relancé son Vanguard, et où il travaille également sur une nouvelle série consacrée aux Tortues Ninjas. Big Bang Comics repart donc pour un deuxième volume, qui comprendra trente-cinq numéros. Le principe est le même : des tas d'histoires au feeling old school, qui se déroulent dans deux univers proches mais séparés. Hein ? Comment ?

A l'instar de ce qu'a fait DC Comics durant des décennies, les héros de l'univers Big Bang ne sont pas tous de la même dimension : il existe une Terre A, où on est en gros dans les années soixante, et une Terre B où l'on vit dans les années quarante. Et chacune a son équipe de héros. Certains héros sont communs aux deux réalités, d'autres existent en deux versions parallèles et d'autres enfin sont exclusifs à l'une ou à l'autre des réalités. Et comme chez DC, il arrive qu'un crossover interne réunisse les deux formations.
Sur Terre B, on trouve les Knights of Justice : le Knight Watchman y côtoie Ultiman (Superman), mais aussi le Blitz (the Flash), le Dr. Weird (Dr. Fate), Venus (Wonder Woman) ou le Beacon (Green Lantern). Sur Terra A, les deux premiers sont encore là, mais le Blitz et le Beacon sont des personnages différents, et on trouve en lieu et place de Weird et Venus, Mr. Martian ou Thunder Girl. Leur équipe s'appelle la Round Table of America, et elle aura droit à un one-shot. Le Knight Watchman, lui, a l'honneur d'une nouvelle mini-série qui reprend et complète la précédente, et Ultiman est la tête d'affiche de deux épisodes spéciaux.

Hormis ces titres, Big Bang Comics publie également une autre anthologie, World Class Comics, qui ne connaîtra qu'un seul numéro, ainsi qu'un one-shot Bugboy (le seul personnage qui ne soit pas lié de près ou de loin à la Terre A ou à la Terre B) sur un personnage enfantin imaginé par Mark Lewis, autre acteur marquant du label, et un épisode spécial sur les Whiz Kids, les sidekicks de la Round Table of America. En 2003, le Big Bang Comics Summer Special marque la fin de parcours du label chez Image Comics, même si la Round Table of America sera l'objet d'un nouveau one-shot en 2005, sans la participation de ses co-créateurs.
Il faut dire qu'Image n'a plus vraiment besoin de s'inventer un passé, d'autant que le rétro n'a plus vraiment le vent en poupe. Seules exceptions : quelques histoires courtes parues en back-up de la série Savage Dragon d'Erik Larsen. Quelques années plus tard, Gary Carlson et Chris Ecker reprennent leur publication en auto-édition. La revue s'appelle désormais Big Bang Presents, mais elle ne durera hélas pas plus de six épisodes. Le Knight Watchman, lui, ne bénéficiera que d'un one-shot. Il faudra ensuite attendre 2015 pour voir la gamme rejaillir chez l'éditeur AC Comics, sous la forme d'un épais magazine intitulé Big Bang Universe. A ce jour, seuls trois numéros ont vu le jour, un par an.
L'intégralité du catalogue Big Bang Comics est inédit en France, un marché qui n'a pas vraiment de place pour du vrai/faux oldies. A noter que je n'ai pas lu, car pas trouvé, quelques comics du studio : 
- Brother 'Hood #0, une histoire courte parue dans Berzerker numéro 4
- Knight Watchman : Skeletons in the Closet, le one-shot paru en auto-édition
- les trois numéros de Big Bang Universe

Le bilan : 
A lire de toute urgence
Round Table of America : Personality Crisis (aout 2005)
scénario : Pedro ANGOSTO
dessin : Carlos RODRIGUEZ
Après avoir affronté Tabula le golem aux mille pouvoirs, les coéquipiers de la Round Table of America doivent désormais faire face à leurs propres peurs, et chacun d'entre eux va tomber aux mains de sa Némésis. Voilà l'oeuvre de l'Archétype Vivant, grand maître du domaine des rêves. C'est une aventure aux proportions bibliques que Pedro Angosto a prévu pour le retour de la Round Table of America. Particulièrement prenant en dépit de quelques facilités scénaristiques, le récit bénéficie en outre du dessin nerveux de Carlos Rodriguez.


A feuilleter à l'occasion
Big Bang Comics (1994, 4 épisodes + un numéro 0)
scénario : Gary CARLSON, Ed DEGEORGE, Chris ECKER et Stan TIMMONS
dessin : collectif
Le Knight Watchman parvient à démasquer le métamorphe Mr Mask, tandis que le Badge et ses Rookies libèrent de jeunes enfants de l'emprise de Buddha. Quelques décennies plus tôt, tant Ultiman que le Blitz déjouent chacun de leur côté les plans de saboteurs nazis. La bonne humeur et la naïveté sont les maîtres-mots de cette mini-série hommage aux comics, majoritairement du Golden Age, initiée par Gary Carlson et Chris Ecker. Le style graphique et la colorisation, tout autant que le mode de narration dans l'instant, respectent scrupuleusement leurs modèles. Le dernier épisode est par contre de trop.

Big Bang Summer Special (aout 2003)
scénario : Gary CARLSON
dessin : collectif
Le bracelet de Thunder Girl a été volé par les nazis, et ses pouvoirs sont désormais partagés entre trois super-soldats du troisième reich. La jeune femme n'a d'autre choix que de demander l'aide des Chevaliers de la Justice, car eux seuls peuvent triompher des criminels de guerre et retrouver l'artefact. Gary Carlson n'a pas totalement abandonné sa licence fétiche, et il la remet au goût du jour le temps d'un épisode spécial plutôt avenant. Pas forcément très cohérente, loin s'en faut, l'histoire qu'il contient peut tout de même compter sur les styles disparates mais globalement agréables à l'oeil de ses différents artistes.

Knight Watchman : Graveyard Shift (janvier 1994, 4 épisodes)
scénario : Gary CARLSON et Chris ECKER
dessin : Chris ECKER, John THOMPSON et Ben TORRES
Alors que son successeur a été grièvement blessé, le nouveau maire de Midway City veut restructurer les forces de police de la ville, responsables selon lui de négligence. Avec le justicier Galahad lui aussi à l'hôpital, la ville ne peut plus compter que sur un Knight Watchman tiré de sa retraite. Hommage à peine voilé aux épisodes de Batman signés Frank Miller, et en particulier à l'arche narrative The Dark Knight Returns, la mini-série de Chris Ecker et Gary Carlson est efficace à défaut de se montrer originale. Au dessin, Ben Torres s'inspire de Todd McFarlane, mais il se montre un peu trop primaire.

Ultiman Family (février 2005)
scénario : Gary CARLSON et Jeff PEDIGO
dessin : Jeff AUSTIN, Greg KIRKPATRICK et Mike KIRSTEN
Pleurant Jupiter Boy, le héros du futur qui lui a avoué son amour juste avant de périr en la protégeant, Ultragirl tente l'impossible pour le ressusciter ne serait-ce qu'un instant, mais cela pourrait avoir de terribles conséquences. Ultiman, quant à lui, doit retrouver Zippy avant que le malin petit singe n'utilise ses pouvoirs, semblables à ceux du surhomme. Gary Carlson et Jeff Pedigo remettent à l'honneur le super-héros et son entourage à l'occasion d'un épisode spécial tout en couleurs, qui ne manque pas de charme mais qui fait moins rétro que les opus en noir et blanc. Concernant la partie graphique, Greg Kirkpatrick manque de régularité.

Whiz Kids (avril 2003)
scénario : Gary CARLSON et Ed DEGEORGE
dessin : Jeff AUSTIN et Chris SAMNEE
Alors que les Whiz Kids fêtent les vacances de printemps en passant leurs vacances en Californie sous leurs identités secrètes, ils sont attaqués par le Grand Requin Noir. Bien des années plus tard, devenus adultes, ils forment le groupe des Whizzards. Personnages secondaires de l'univers de Big Bang Comics, les sidekicks de la Round Table of America ont eux aussi leur heure de gloire, sous la férule de Gary Carlson en personne. Les deux histoires ont leurs charmes dans des registres très différents, et tant Jeff Austin que Chris Samnee y démontrent leur talent.

samedi 4 août 2018

Sorties comics de juillet

Le mois de juillet, c'est service minimum pour les éditeurs. Panini n'a rien à vendre concernant les indies, et les autres gros ne proposent qu'une nouveauté chacun, toutes concernant des séries en cours de parution ou dont c'est le dernier tome. Heureusement, les petites structures font de la résistance. Graph Zeppelin traduit pour la première fois en France un comics d'Overground, Wetta réimprime la Dernière Tentation de Neil Gaiman, Hi Comics nous inonde mois après mois de BD sur les Tortues Ninjas, les éditions Tabou continuent d'explorer le catalogue fantasti-cochon d'Avatar Press et Flamival reprend la franchise Ghostbusters là où Delcourt l'avait laissée.

LE COMICS (indé) DU MOIS (de juillet)
La DERNIERE TENTATION (éditions Wetta)
scénario : Neil GAIMAN (the Books of Magic, American Gods)
dessin : Michael ZULLI (the Sandman, Delicate Creatures)
genre : fantastique
édité chez DYNAMITE ENTERTAINMENT aux USA (contient The Last Temptation TPB*)

Afin de ne pas passer pour un peureux devant ses amis, Steven accepte l'invitation du mystérieux Monsieur Loyal du Théâtre du Réel, un lieu qui n'apparait que ponctuellement sur le passage des enfants quelque peu perdus. L'endroit est des plus glauques, et l'hôte des plus angoissants, mais l'adolescent ressort de cette expérience avec une toute autre vision de la vie. D'abord désabusé, persuadé n'avoir aucune chance d'échapper à son tortionnaire, il finit par trouver la volonté de se battre pour sauver son âme.
C'est sur une idée d'Alice Cooper que Neil Gaiman développa cette allégorie du passage à l'adolescence, sous la forme d'une mini-série publiée chez Marvel Music, une branche de la Maison des Idées qui connut une vie éphémère au début des années quatre-vingt-dix. Du reste, le récit sert en quelque sorte à illustrer l'album éponyme, paru chez Epic Records en 1994 et avec qui il partage son illustration de couverture. La mini en question a déjà été traduite en français, en noir et blanc, chez feu l'éditeur Bulle Dog, mais il s'agit ici de la version compilée et colorisée qui a vu le jour chez Dynamite Entertainment pour fêter ses vingt ans.
Ramassée, l'histoire place le célèbre artiste Alice Cooper, jamais nommé mais facilement reconnaissable, dans le rôle fort à propos de figure d'épouvante, grandiloquente mais finalement peu dangereuse. Entre l'épouvantail et le père-la-morale, sa théatralité vient en contraste du caractère fade et taiseux du personnage principal, et c'est cette antinomie qui donne son sel au récit. De la même manière, les dessins de l'irremplaçable Michael Zulli sont richement travaillés, mais ils manquent un peu de vie. C'est sans doute voulu, mais c'est surprenant.





DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
AMERICA (éditions Graph Zeppelin)
scénario : Jon HUGUES (Absent Captain, Herocorp Knights)
dessin : Ale GARZA (Ninja Boy) et Jason PEARSON (Body Bags)
genre : super-héros
édité chez OVERGROUND COMICS aux USA (contient America 1 à 4)

Depuis qu'elle a perdu son invincibilité, la super-héroïne America n'est plus la coqueluche des médias ni, à vrai dire, celle de son employeur. Contrainte de prendre des précautions qu'elle estime inutile, elle doit pourtant enquêter sur plusieurs casses en lien avec Herocorp. Le pitch de la mini-série de Jon Hughes aurait pu donner lieu à une réflexion plus ou moins intéressante sur la figure héroïque rabaissée au rang de simple être humain, mais il n'en est rien. Fade, souffrant de dialogues abominables, le récit ne peut même pas compter sur ses deux artistes, qui effectuent ici le minimum syndical.

(1/5)

NAILBITER (tome 6, éditions Glénat)
scénario : Joshua WILLIAMSON (Ghosted, Birthright)
dessin : Mike HENDERSON (Smuggling Spirits, Banshee Origins)
genre : thriller
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Nailbiter 26 à 30)

Tandis que Nicholas Finch est détenu et torturé par le Maître, Edward Charles Warren est abattu en pleine rue par un inconnu. Un peu plus tard, Shannon Crane est elle aussi grièvement blessée par l'agent Barker, puis c'est toute la ville de Buckaroo qui se retrouve la proie des flammes... Joshua Williamson peine toujours à conclure ses récits. Il parvient à faire grimper les enjeux de manière vertigineuse, mais la résolution des mystères de sa saga manque cruellement de cohérence. Par contre, Mike Henderson est d'une régularité exemplaire, et son style est très plaisant.

(3/5)

TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES (tome 3, éditions Hi Comics)
scénario : Bob CURNOW, Kevin EASTMAN (Cage Hero) et Tom WALTZ (Silent Hill)
dessin : Kevin EASTMAN (Fistful of Blood), Mateus SANTOLOUCO (Fall of Cthulhu) et Charles-Paul WILSON III (the Stuff of Legend)
genre : arts martiaux / fantastique
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Teenage Mutant Ninja Turtles 25 à 28)

Avec Léonardo passé dans le camp d'en face et Casey Jones grièvement blessé, les Tortues Ninjas cherchent toute aide possible afin de contrecarrer les plans de conquête du Foot Clan. Elles vont devoir se trouver des alliés improbables, et quand bien même elles y parviendraient, arriveront-elles à temps pour sauver leur frère ? Kevin Eastman et Tom Waltz convoquent quasiment tous les personnages du gargantuesque casting de la saga pour un final de haute haleine, où les attermoiements laissent enfin place à une action trépidante. En outre, le dessin de Mateus Santolouco est nerveux et rend les scènes de combats très dynamiques.

(3,5/5)

STREET FIGHTER II (tome 2, éditions Urban)
scénario : Ken SIU-CHONG (Dark Minds, Echo)
dessin : Jeffrey CRUZ (RandomVeus, Sinbad : Rogue of Mars)
genre : arts martiaux
édité chez UDON ENTERTAINMENT aux USA (contient Street Fighter II Turbo 1 à 6 sans les back-up* + une histoire courte tirée de Street Fighter Remix #0*)

Alors que les préparatifs du prochain tournoi Street Fighter vont bon train, et que Shadaloo organise des épreuves qualitificatives afin de connaître les finalistes, chaque participant se remémore ce qui l'a conduit à participer, qu'il s'agisse de rêves de gloire ou d'esprit de justice. Ken Siu-Chong est toujours aux commandes de la franchise, et il poursuit son récit là où il l'avait arrêté. Cette première moitié de la saga sert principalement à récapituler les origines des personnages, et l'approche est très scolaire. En outre, le style de Jeffrey Cruz est excessif dans ses angles de vue, et de fait peu lisible.

(2/5)

JAMES BOND (tome 4, éditions Delcourt)
scénario : Andy DIGGLE (the Loosers, Hellblazer)
dessin : Luca CASALANGUIDA (Rebels)
genre : espionnage
édité chez DYNAMITE ENTERTAINMENT aux USA (contient James Bond : Kill Chain 1 à 6)

Sur le point de confondre l'agent double Rika van de Havik, James Bond découvre qu'elle travaille pour la CIA. Mais une fusillade fait capoter l'arrestation, et en suivant la piste du sniper, l'agent secret remonte jusqu'à une organisation néo-nazie. Ce n'est pourtant que la face émergée de l'iceberg... La nouvelle équipe créative à la tête de la licence fait des merveilles. Andy Diggle imagine une histoire riche en rebondissements et toujours aussi trépidante, tandis que Luca Casalanguida se charge brillamment de la mettre en images, grâce à un style nerveux et incisif.

(4/5)

UNHOLY (éditions Tabou)
scénario : William CHRISTENSEN (Pandora), Brian PULIDO (Lady Death), Mark SEIFERT (Avengelyne) et Christian ZANIER (Rising Stars)
dessin : Ron ADRIAN (Darkchylde), Gabriel ANDRADE (Ferals), Raulo CACERES (the Extinction Parade), Francisco di AMORIM (Hellina Vs. Pandora), Rick LYON (Wrath of the Furies), Matt MARTIN (Snowman) et Christian ZANIER (Ghost)
genre : mystique / érotique
édité chez AVATAR PRESS aux USA (contient Unholy 1 à 5)

Abordée par l'ange guerrière Yael, la jeune Christine Ellis découvre que son père n'est pas un simple pasteur mais un être terrible au service de démons qui souhaitent conquérir le Paradis. Après son ascension, la jeune femme rejoint le petit groupe des Impurs pour empêcher le plan d'Hellina de se concrétiser. Dans le grand plan d'ensemble qui consiste à ressusciter les vieilles licences d'Avatar Press sous la forme d'un univers cohérent, la mini-série de Christian Zanier est centrale, mais il manque plusieurs clefs pour l'appréhender correctement. Raulo Caceres se montre très cru dans sa représentation graphique, tant de la violence que de la sexualité.

(2,5/5)

GHOSTBUSTERS (tome 5, éditions Flamival)
scénario : Erik BURNHAM (A-Team : War Stories, Scarlet Spider)
dessin : Erik BURNHAM (Back to the Future) et Dan SCHOENING (Mega Man)
genre : fantastique / humour
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Ghostbusters volume* 2 1 à 4)

Cela fait maintenant trois mois que les Ghostbusters ont disparu, enlevés par de puissants fantômes et amenés dans une autre dimension. Ron Alexander est libéré de prison pour diriger une nouvelle équipe de remplaçants, tandis que le groupe originel tente de retourner sur Terre. Erik Burnham reprend sa série pratiquement là où il l'avait laissée. Jouant désormais avec deux quatuors de héros, il leur impose des enjeux colossaux qui donnent lieu à une histoire trépidante, qu'appuie le trait nerveux de Dan Schoening. Les back-up inspirées par le dessin animé The Real Ghostbusters sont un petit plus sympathique.

(3,5/5)

* #0 : numéro spécial qui sert de prélude à une série
* BACK-UP : histoire courte publiée en fin de fascicule, qui peut être ou non liée à l'histoire principale
* TPB : trade paperback, recueil de fascicules ou d'épisodes numériques
* VOLUME : numéro d'identifiant d'une série

PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
les INDESTRUCTIBLES tomes 1 & 2 (the Incredibles), édité chez Titan Comics aux USA et chez Hachette en France
LOCKE & KEY intégrale 3, édité chez IDW Publishing aux USA et chez Hi Comics en France (déjà chroniqué lorsque l'éditeur s'appelait Milady Graphics)

samedi 21 juillet 2018

Bernice Summerfield : Dead and Buried

diffusion initiale : le 31 aout 2010
nb d'épisodes : 1
DVD : nope


Docteur : nope
Compagnons : Bernice Summerfield

WHO'S THAT GIRL ? Parmi les très nombreux produits dérivés de Doctor Who, il est une gamme de bouquins qui existe depuis les années soixante. D'abord sous la forme de novélisations des épisodes télévisés, puis sous celle d'un univers étendu qui conterait ce qu'il se passe entre deux épisodes. C'est Virgin Publishing (l'une des nombreuses boîtes du frappadingue Richard Branson, créée en partenariat avec l'éditeur Random House) qui obtient les droits d'utiliser les personnages de la BBC pour leur imaginer une vie parallèle à la saga télévisuelle.
Souvent, les auteurs de ces bouquins sont scénaristes pour la série télé. En l'occurence, c'est Paul Cornell qui imagine en 1992 le personnage de Bernice Summerfield, dont il fait le Companion du septième Docteur dans le roman Love and War. A l'époque, la série classique est terminée, la nouvelle n'est même pas en projet, et rien n'empêche donc Numéro Sept de remplacer Ace par quelqu'un d'autre. Le personnage est en tout cas populaire, et sera repris dans de nombreux romans, en suivant.
Quelques années plus tard, Bernice est licenciée par Big Finish Productions, une boîte qui s'est spécialisée dans un autre type de produits dérivés de Doctor Who, le livre audio. Au départ, il s'agit d'adaptations des bouquins, mais rapidement, Bernice y vit de nouvelles aventures.Le point d'orgue de cette accession à la célébrité arrive en 2010, lorsque Big Finish imagine ce court-métrage en images de synthèse pour les besoins de sa chaîne YouTube. C'est la première fois que Bernice est représentée en mouvements, puisqu'elle n'existait que sous forme d'illustrations pour les couvertures des livres et les pochettes des livres audios.
Lorsqu'elle rencontre le Docteur, Bernice est professeur d'archéologie et se trouve sur Heaven, la planète des morts. Elle devient son Companion alors qu'Ace quitte le TARDIS. Elle en partira à son tour à la fin du roman Happy Endings, mais elle reviendra quelques temps plus tard pour partager de nouvelles aventures avec le Seigneur du Temps. Et cette fois-ci, elle restera jusqu'à la fin de la collection éditée par Virgin Publishing. A ce moment-là, c'est Numéro Huit qui lui tient compagnie.
Nous sommes alors en 1997, et la BBC décide de ne pas renouveler les droits de licence de son personnage fétiche pour publier ses propres bouquins sous la bannière BBC Books, là encore créée en partenariat avec Random House. Qu'à celà ne tienne : Bernice, ou Benny pour les intimes, appartient à Virgin, alors Virgin va continuer de publier les aventures de l'archéologue, sans plus faire mention du Doc ni des éléments spécifiques à son univers. La jeune femme devient le lead d'une nouvelle collection, qui sera reprise par Big Finish lorsque Virgin cessera ses activités d'éditeur.
Dans ce nouvel univers, Benny a pour principal ennemi le cardinal Irving Braxiatel, qui se trouve être un Time Lord, inédit à la télévision, même si son nom de famille a vaguement été évoqué dans City of Death (S17E2). A la base, Irving est un grand collectionneur, et il s'entend comme larrons en foire avec Bernice, qui dégote pour lui les artefacts les plus rares. Par la suite, il sera même supposé que Braxou est nul autre que le frangin du Docteur ! Mais les relations entre lui et Benny ne sont pas au beau fixe, ici. Je ne saurais dire avec précision à quel moment de leur histoire appartient Dead & Buried, mais toujours est-il que notre archéologue se méfie des agissements du Seigneur du Temps mégalo.
En attendant de connaître ses motivations exactes, Bernice s'est rendue sur la planète Javarda, où un important site de fouilles a été déniché récemment. Elle est seule sur ce gros caillou désertique, et elle explore une caverne à l'aide de puissants outils de déblaiement, lorsqu'elle découvre un sarcophage futuriste qu'elle va activer par mégarde. Le tombeau contenait en fait un énorme robot qui la prend en chasse, et malgré toutes les armes de substitution dont elle dispose, elle ne parvient pas même à ébrécher la carapace de l'entité.
Finalement, le colosse parvient à la capturer, et se révèle être en réalité l'outil dont ses servi Braxiatel pour lui tendre un piège et l'amener à communiquer, de gré ou de force, avec lui. Il lui révèle alors ses plans vaguement machiavéliques, mais comme elle n'est pas vraiment disposée à les écouter, il finit par l'enfermer dans le corps de la machine, qui s'ouvre comme une vierge de fer et se referme sur la belle, totalement incapacitée. C'est sur cette note que s'achève le court-métrage.
Sur neuf minutes, les producteurs du mini-film n'en révèlent pas beaucoup. Dead and Buried est un intermède dans les aventures de Bernice, et en tant que tel, il fait place à l'action plutôt qu'aux révélations fracassantes. Il est plutôt bien réalisé, néanmoins, et le jeu d'acteurs est convaincant. Cet épisode n'est disponible que sur les sites de vidéos en ligne, et à priori, vue la complexité des droits d'utilisation, il y a peu de chances qu'il finisse en bonus sur quelque DVD que ce soit, même si Bernice a fait son retour il y a peu aux côtés du douzième Docteur. Wait and see ?