samedi 24 février 2018

Le sorcier qui voulait se faire aussi gros que le boeuf

Non, ce n'est pas le titre d'une fable moderne, mais un nouvel instant VO qui va parler d'un petit éditeur, assez méconnu en France et qui, pourtant, a vu son catalogue partiellement traduit de ce côté-ci de l'Atlantique. Encore une fois, l'article sera assez court puisque l'éditeur en question n'a même pas atteint la demi-douzaine de séries, mais on le sait, qualité n'est pas forcément synonyme de quantité.


L'INSTANT VO (What else ?)
Fils de propriétaire d'un comic shop, Gareb Shamus travaille au magasin pendant ses études, et il écrit notamment un petit fanzine qu'il baptise Wizard : le Guide des Comics. Le succès aidant, Wizard devient un véritable magazine mensuel en 1991, et dès l'année suivante, il est distribué dans plusieurs pays ! Au fil du temps, il devient la référence en la matière et toute une gamme de bouquins, sur les jouets ou d'autres produits dérivés, sont produits par Wizard Entertainment.

En 1997, la société devenue prospère rachète rien moins que le Chicago ComiCon, l'une des plus grosses conventions de comics des Etats-Unis. Shamus veut se diversifier et prendre du poids sur le marché. Alors forcément, à l'orée des années 2000, c'est vers l'édition qu'il se tourne. Il fonde Black Bull Entertainment, et s'entoure de quelques stars du medium pour lancer sa propre gamme de comics.

Tout commence avec Gate Crasher : Ring of Fire, une mini-série mêlant science-fiction et comédie sentimentale. De belles fées se sont penchées sur son berceau, puisqu'on trouve au générique des noms aussi prestigieux que Mark Waid, Amanda Conner et Jimmy Palmiotti. Le succès est là, et dans la foulée, un deuxième volume est lancé. Ce devait à la base être une série régulière, mais finalement, ce ne sera qu'une nouvelle mini-série en six épisodes. Un troisième volume est tout de même annoncé, mais il ne verra pas le jour.
L'année suivante, Just a Pilgrim débarque dans les rayonnages, avec encore une fois un casting alléchant : Garth Ennis au scénario, Carlos Ezquerra au dessin, pour veiller au destin d'un croisement du Preacher et du Punisher dans un monde post-apocalyptique. La première mini-série sera là encore suivie d'une deuxième, Garden of Eden, mais les projets pour le personnage s'arrêtent là. Dommage, car il avait un joli potentiel, et ces deux aventures, bien qu'un peu gores par moments, sont plutôt efficaces.
Moins en vue, mais aussi moins aboutie, la mini-série Shadow Reavers s'appuie sur des noms moins prestigieux. Certes, Pat McCallum est devenu un éditeur de renommée - pas forcément bonne, du reste - chez DC Comics, mais à l'époque, il n'est pas vraiment un scénariste reconnu, pas plus que son co-pilote, Mike Searle. Le seul à avoir un minimum de poids, c'est le dessinateur, Nelson DeCastro. Et encore, il faut être un tant soit peu versé dans le sujet pour en avoir entendu parler. De toute façon, qu'importe : la mini-série est mal fichue, et elle ne donne pas envie d'une suite, même si cette dernière était en préparation.
Finalement, c'est le duo Jimmy Palmiotti - Phil Noto qui complète le catalogue de Black Bull. Connus sans être des stars, ces deux-là travaillent souvent ensemble, et ils accouchent pour la filiale de Wizard Entertainment, de deux mini-séries sans grande envergure. Beautiful Killer raconte, en trois épisodes, la vengeance d'une tueuse albinos envers ceux qui ont tué ses parents, tandis que The New West se contente de deux numéros pour développer son intrigue policière sur fond de panne globale d'électricité.
La particularité de ce dernier récit, c'est qu'il sort en mai 2005, soit deux ans et demi après le précédent comics publié par Black Bull. Le fait est que la maison d'édition ne représente qu'une toute petite partie du chiffre d'affaires du mastodonte Wizard, et Shamus ne s'en occupe qu'en dilettante. Avec un tel potentiel, il est regrettable que la structure ait été laissée à vau-l'eau, parce qu'à posteriori, on se dit qu'elle aurait pu représenter plus qu'une simple goutte d'eau dans l'océan des sorties mensuelles.
Toujours est-il que deux ans après la fin de l'aventure, Shamus est débarqué de son poste de PD-G, sans doute pour sa mauvaise gestion globale du groupe. En France, c'est d'abord SEMIC qui s'est penché sur l'éditeur, en publiant la première série Gate Crasher en deux magazines, puis les deux mini-séries Just a Pilgrim dans la collection SEMIC Books. Quelques années plus tard, Bamboo a édité les deux mini-séries de Palmiotti et Noto sous son label Angle Comics. A noter que je n'ai pas lu, car pas trouvé, quelques comics du studio : 
- en fait, ce sont les Previews de la plupart des mini-séries, mais si j'en crois celui que j'ai lu, il ne s'agit que de quelques planches en noir et blanc chargées de présenter lesdites séries. Rien d'important, donc.

Le bilan : 
A lire de toute urgence
Gate Crasher : Ring of Fire (mars 2000, 4 épisodes)
Paru en VF chez SEMIC en deux magazines
scénario : Jimmy PALMIOTTI et Mark WAID
dessin : Amanda CONNER
En tant que membre du Gate Crasher, l'organisation secrète qui traque les Gekos infiltrés sur Terre, Alec Wagner doit cacher sa double vie à son entourage, y compris à sa petite amie. Les extraterrestres sont sur le point d'envahir la planète, et la vie sentimentale du héros n'en ressortira pas indemne. Certes, Mark Waid - aidé pour l'occasion par Jimmy Palmiotti - utilise d'énormes ficelles lorsqu'il s'agit de mettre au point la toute première série de Black Bull Entertainment. Mais son récit est jubilatoire, et les fabuleux dessins cartoony d'Amanda Conner le rendent inoubliable.

Gate Crasher volume 2 (aout 2000, 6 épisodes)
scénario : Jimmy PALMIOTTI et Mark WAID
dessin : Amanda CONNER et Nelson DeCASTRO
Alec Wagner est désormais le seul membre du Split-Second Squad à pouvoir détecter les portails d'invasion des Gekos. A la suite d'une erreur, il perd l'un des membres de son équipe, et son coéquipier lui en tient rigueur, au point de s'allier avec Solen Cagliar pour le lui faire payer. La deuxième mini-série de Mark Waid, toujours épaulé par Jimmy Palmiotti, est au moins aussi truculente que la première, mais elle se conclut sur une fin ouverte qui laissait à prévoir une suite, qui n'aura jamais lieu. En revanche, on se consolera avec les dessins, toujours somptueux, d'Amanda Conner.

A feuilleter à l'occasion
Just a Pilgrim (mai 2001, 5 épisodes)
Paru en VF chez SEMIC dans la collection SEMIC Books
scénario : Garth ENNIS
dessin : Carlos EZQUERRA
Prêcheur solitaire aux méthodes particulièrement expéditives, le Pélerin parcourt le désert d'un futur post-apocalyptique, où il croise la route d'une bande de pirates des sables qui menacent la vie d'innocents, et qui vont donc devenir la cible de sa divine colère. La signature de Garth Ennis chez Black Bull représentait une belle promesse. Pourtant, l'électron libre se contente de recycler son Punisher, en le plaçant dans un nouveau contexte. La série demeure plaisante, notamment grâce aux dessins de Carlos Ezquerra, mais sans grande innovation.

samedi 10 février 2018

Sorties comics de janvier

Beaucoup - mais vraiment, beaucoup ! - de choses ont été annoncées pour ce début d'année, mais les jours passant, nombre de sorties ont été repoussées, au minimum à février et au pire aux calendes grecques. Quoiqu'il en soit, ce mois de janvier demeure relativement riche en sorties, et dans toutes sortes de genres. Du plus anecdotique (le crossover entre Grumpy Cat et Garfield) au plus évènementiel (Manhattan Projects qui revient enfin en France !) en passant par quelques surprises, plutôt bonnes qui plus est, vous en aurez pour votre argent. Signalons enfin les débuts de Hi Comics, la nouvelle branche comics de Bragelonne, qui remplace Milady et qui change complètement de registre. Souhaitons-leur bonne chance.

LE COMICS (indé) DU MOIS (de janvier)
BLACK MAGICK (tome 1, éditions Glénat)

scénario : Greg RUCKA (Queen & Country, Stumptown)
dessin : Nicola SCOTT (Earth 2, Teen Titans)
genre : it's a kind of magic
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Black Magick 1 à 5)

Inspectrice au sein de la police de New York, Rowan Black est également une sorcière éminente de son couvent. Mais lorsqu'un homme prend en otages les employés d'un fast food et demande expressément à lui parler, elle découvre qu'elle est aussi et surtout la cible d'un complot qui pourrait avoir été fomenté par l'Aira. Cette organisation secrète lutte contre le paganisme depuis des temps immémoriaux, mais il se pourrait que celui qui a fomenté cette attaque soit en réalité un ennemi bien plus dangereux encore.
Greg Rucka est un grand spécialiste du polar, et en règle générale, les personnages principaux de ses récits sont des femmes. C'est une fois de plus le cas ici, mais finalement, le versant policier de l'histoire est assez anecdotique. C'est plus un prétexte à un grand affrontement entre deux puissances opposées, même si cette première arche narrative n'en révèle pas beaucoup, excepté sur ses dernières pages. Le fait est que l'on se demande encore de quelle manière la série va tourner.
Quoiqu'il en soit, là n'est pas forcément le plus important. Ce qui marque le plus, ce sont les dessins de Nicola Scott. L'artiste australienne a marqué les esprits sur la série Wonder Woman, et elle conserve sur Black Magick son style réaliste. Mais avec une colorisation vraiment particulière, ses dessins délivrent une toute autre ambiance. Cette patte graphique plutôt originale se retrouve magnifiée par le grand format adopté par Glénat pour sa version prestige, certes plus chère que l'édition classique, mais qui, pour une fois, en vaut la peine.
 



 


DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
The MANHATTAN PROJECTS (tome 1, éditions Urban) 

scénario : Jonathan HICKMAN (East of West, the Nightly News)
dessin : Ryan BROWNE (God Hates Astronauts) et Nick PITARRA (the Red Wing)
genre : c'est d'la bombe, bébé !
édité chez PRONEA, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient The Manhattan Projects 1 à 15)

Le docteur Robert Oppenheimer intègre le Projet Manhattan, qui vise à construire l'arme ultime pour lutter contre l'Axe. Mais la création de la bombe atomique n'est qu'une couverture pour une expérience beaucoup plus vaste et dangereuse, et son directeur n'est pas celui qu'il prétend être... Le postulat de base est aussi surprenant que spectaculaire, et Jonathan Hickman joue de manière brillante avec l'Histoire pour accoucher d'une série de science-fiction incongrue et acide. Au dessin, Nick Pitarra est très caricatural, et ce parti pris graphique ne plaira sans doute pas à tout le monde. En tout cas, Urban reprend enfin la traduction de cette série sous la forme de volumineux ouvrages. Depuis le temps qu'on l'attendait, on peut se montrer satisfait.

(3,5/5)

CROSSED : TERRES MAUDITES (tome 12, éditions Panini) 

scénario et dessin : Mike WOLFER (Gravel, Stitched)
genre : diviser pour mieux saigner
édité chez AVATAR PRESS aux USA (contient Crossed : Badlands 81 à 86)

Alors que les marqués à la croix commencent à s'organiser, un petit groupe réfugié sur un pont en ruine reçoit deux potentielles recrues. Deux jeunes et séduisantes survivalistes qui ne tardent pas à opposer les esprits les uns aux autres, au moment où l'abri est découvert. C'est Mike Wolfer qui se charge du scénario et des dessins de l'antépénultième arche narrative de la série. Les deux facettes de son travail sont à l'avenant : grossières et peu inventives. L'histoire cousue de fil blanc se pare donc de dessins irréguliers et peu attrayants.

(2/5)

Le LAC de FEU (tomes 1 & 2, éditions EP)

scénario : Nathan FAIRBAIRN (Batman Incorporated Special) et Jason KAPALKA
dessin : Matt SMITH (Doctor Who, X-Files Season 10)
genre : et on lui pèlera le tentacule
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Lake of Fire 1 à 3)

Peu expérimentés, le chevalier Théobald de Champagne et son jeune ami Hughes de Blois arrivent à Castelnaudary pour y soutenir le siège face aux hérétiques. Envoyés dans les contreforts des Pyrénées par un seigneur qui n'a guère foi en eux, ils découvrent bientôt des créatures monstrueuses qui rôdent aux abords d'un petit village. L'improbable alchimie qui se dégage de l'histoire de Nathan Fairbairn, huis clos de science-fiction placé au coeur d'une étape historique fort bien documentée, trouve un écho dans les dessins à la fois simples et pleins de vie de Matt Smith, qui retransmet à merveille les émotions des personnages et la rage de leurs combats. Reste que la VF est hors de prix.

(4/5 en V.O., 1,5/5 en V.F. parce que c'est trop cher)

KILL or BE KILLED (tome 1, éditions Delcourt)

scénario : Ed BRUBAKER (Criminal, Captain America)
dessin : Sean PHILLIPS (Fatale, Incognito)
genre : to kill or not to be
édité chez BASEMENT GANG, inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Kill or Be Killed 1 à 4)

Le jour où Dylan décide de mettre fin à ses jours, le hasard lui laisse la vie sauve. Mais la chance n'est pas pour autant de son côté, puisqu'il est alors agressé par un démon avec qui il n'a d'autre choix que de conclure un pacte malsain : tuer ceux qui le méritent, s'il ne veut pas mourir. L'élément fantastique est de trop dans le récit d'Ed Brubaker, et la voix off cynique et embrouillée commence à faire redite. C'est regrettable, car par ailleurs, le scénariste est toujours aussi efficace, et Sean Phillips rend comme à chaque fois des planches pleines de vie et de grâce.

(3/5)

HILLBILLY (tome 1, éditions Delcourt)

scénario et dessin : Eric POWELL (the Goon, Chimichanga)
genre : sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière
édité chez ALBATROSS EXPLODING FUNNY BOOKS aux USA (contient Hillbilly 1 à 4 + Hillbilly Preview*)

Né sans yeux, le jeune Rondel sauve la vie d'une sorcière qui, en remerciement, lui offre le hachoir de Satan, une arme capable de tuer n'importe quelle créature maléfique. Elle lui donne aussi la vue, à travers des yeux vides qui pleurent des larmes noires. Devenu un homme, Rondel erre à la recherche des monstres, en compagnie de l'ourse Lucille. Plutôt qu'une série au sens strict, la saga d'Eric Powell est une suite de récits, pour la plupart tragiques, centrés autour d'un personnage aux origines ubuesques mais au fort charisme. Son aura est pourtant moins le fait des aventures auxquelles il prend part, que des dessins puissants de l'artiste.

(3,5/5)

ROYAL CITY (tome 1, éditions Urban)

scénario et dessin : Jeff LEMIRE (Plutona, Descender)
genre : Sixième Sens en famille
édité chez STUDIO 171, inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Royal City 1 à 5)

Réunis à Royal City à la suite de l'accident cardiaque de leur père, les enfants Pike ont surtout l'occasion de ressasser le passé, et en particulier la mort de leur plus jeune frère, Tommy. Chacun gère son chagrin à sa manière mais tous l'imaginent encore vivant, et tel qu'ils aimeraient qu'il fût. Jamais aussi bon que dans l'intimiste, Jeff Lemire entame sa nouvelle série sur un pitch particulièrement efficace, mais on a du mal à savoir s'il a véritablement un plan, ou s'il se contente de présenter ses personnages principaux lors de cette première arche narrative. En tout cas, il n'a rien perdu de son talent au pinceau.

(3,5/5)

RICK and MORTY (tome 1, éditions Hi Comics) 

scénario : Zac GORMAN (Great Lakes Avengers, Adventure Time)
dessin : C.J. CANNON et Mark ELLERBY (Chloe Noonan, Love the Way You Love)
genre : parodie pas marrante
édité chez ONI PRESS aux USA (contient Rick and Morty 1 à 5)

Grâce à la machine de son grand-père, le savant fou Rick Sanchez, le jeune Morty Smith est devenu multi-millionnaire. Mais le professeur Tock, détective temporel, est sur leurs traces et il finit par démasquer leur arnaque. Arrêté, le duo est jugé et condamné à errer dans un labyrinthe extraterrestre. Inspirée par le dessin animé éponyme, la série de Zac Gorman en conserve la tonalité adulte et l'humour trash. Les personnages et leurs aventures, pastiches de la trilogie Back to the Future, ne sont pourtant guère amusants, et les dessins de C.J. Cannon, quoique fidèles au show original, n'ont aucun charme.

(1,5/5)

GRUMPY CAT / GARFIELD (éditions Jungle)

scénario : Mark EVANIER (New Gods, Blackhawk)
dessin : Steve UY (Feather, Eden's Trail)
genre : chat-a-strophe
édité chez DYNAMITE ENTERTAINMENT aux USA (contient Grumpy Cat / Garfield 1 à 3)

Ichabod Gross a eu une idée saugrenue : faire que les chats se comportent comme des chiens ! Et les deux cobayes de son expérimentation ne sont autres que Garfield, le cynique compagnon de Jon, et Grumpy Cat, la chatte constamment bougonne. Leurs amis Odie et Pokey vont tout faire pour les sauver. C'est probablement le crossover le moins évènementiel et le plus mercantile qui ait jamais été ! La mini-série de Mark Evanier est une véritable purge, aussi bien à cause du déroulé de son maigre synopsis que des dessins si peu réguliers de Steve Uy. Heureusement, la mésaventure est de courte durée.

(0,5/5)

The FEW (éditions Hi Comics)

scénario : Sean LEWIS (Saints, Coyotes)
dessin : Hayden SHERMAN (John Carter : the End, Civil War II : Kingpin)
genre : post-apo plein de coups dans le dos
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient The Few 1 à 6)

Edan Hale a été missionnée par le Palais pour infiltrer les Etats Restants et détruire leur milice. Mais la jeune femme n'aura pas le temps de trahir ceux qui l'ont accueillie à bras ouverts : Herrod Rettich, le roi fou, et ses Ravageurs se chargent de massacrer tous ceux qui se dressent sur leur chemin. Le récit de Sean Lewis est étonnamment aéré malgré la densité de cet univers post-apocalyptique où s'affrontent plusieurs factions aux désirs divergents. Il faut dire que l'auteur prend le temps d'appuyer les scènes tragiques, qui se reposent exclusivement sur le dessin griffonné, mais expressif, d'Hayden Sherman.

(3,5/5)

BATMAN / TORTUES NINJA AVENTURES (éditions Urban)

scénario : Matthew K. MANNING (Getting the Sex Out of the Way, Looney Tunes)
dessin : Jon SOMMARIVA (Gemini, Free Realms)
genre : collection complète de super-vilains
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Batman / Teenage Mutant Ninja Turtles Adventures 1 à 6)

Les pensionnaires de la prison d'Arkham se sont évadés grâce aux portails dimensionnels ouverts par les Kraang. Désormais, le Joker s'est allié au Foot Clan, et les super-criminels rôdent dans tout New York. Les Tortues Ninjas, dépassées, vont pouvoir compter sur le soutien de Batman et de ses jeunes acolytes. Inspirée par les dessins animés consacrés aux deux franchises, la deuxième rencontre entre le chevalier noir et les tortues mutantes est placée sous le signe de l'humour et de la légèreté. Matthew Manning est quelque peu scolaire, mais les dessins de Jon Sommariva sont fidèles aux shows télévisés originels. Le dernier épisode est de trop.

(3/5)

RAZOR (tome 4, éditions Reflexions) 

scénario : Kevin HILL (Sade), Everette HARTSOE (Tommi Gunn), George JEANTY (Buffy the Vampire Slayer) et Jude MILLIEN (Jazz)
dessin : Richard POLLARD (Femforce), Steve B. SCOTT (Independence Day), George JEANTY (Bishop) et Jude MILLIEN (N.V. : Night Vixen)
genre : pains tranchés
édité chez LONDON NIGHT STUDIOS aux USA (contient Razor : Uncut 16 à 20)

Amie et aide précieuse de Razor, la jeune Kat se remémore les circonstances de sa rencontre avec la justicière, alors au bord du gouffre mais déjà prête à combattre ceux qui s'en prenaient aux innocents. Aujourd'hui, elle tente d'aider un policier lui-même aux portes du précipice, tandis que sa soeur fait de nouveau des siennes. La série d'Everette Hartsoe enchaîne les épisodes sans la moindre cohérence, pas plus sur le plan graphique qu'en terme d'histoire. Les cinq épisodes n'ont rien à voir les uns avec les autres, et le fait est que tous n'ont pas le même intérêt.

(2,5/5)

SPAWN : RENAISSANCE (tome 4, éditions Delcourt) 

scénario : Tom LEVEEN et Todd McFARLANE (Spider-Man, the Incredible Hulk)
dessin : Szymon KUDRANSKI (Repulse, Black-Eyed Kids)
genre : le train-train sifflera trois fois
édité chez TODD McFARLANE PRODUCTIONS, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Spawn 267 à 275)

Après avoir aidé Malcolm Jackson-Dragon et Ant à mettre en déroute Alvazah Stone et ses sbires, Al Simmons se reconcentre sur ses proches. Il veut en particulier découvrir qui fournit de la drogue à Cyan, la fille de Wanda et Terry enfermée dans un hôpital psychiatrique. La collaboration entre Todd McFarlane et Erik Larsen a pris fin, et le premier retourne à son récit de manière plus posée, en délaissant le plus possible l'aspect super-héroïque au profit d'une certaine noirceur, que Szymon Kudranski se charge de mettre en images sans trop de régularité.

(3,5/5)


INVINCIBLE (tome 22, éditions Delcourt)

scénario : Robert KIRKMAN (Battle Pope, the Walking Dead)
dessin : Ryan OTTLEY (Haunt, Grizzly Shark)
genre : le train-train sifflera trois fois
édité chez SKYBOUND ENTERTAINMENT, un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Invincible 121 à 126)

Tandis que la majorité des héros survivants se rallient à la cause de Rex, Mark et Eve peinent à trouver leur place sur leur planète d'adoption, qui recèle un nombre infini de dangers potentiels pour eux et leur fille. Néanmoins, c'est sur un autre monde encore que la vie d'Invincible va changer à jamais... Malin, Robert Kirkman éteint quelques braises pour mieux faire rebondir sa saga, de manière totalement inattendue. Les réactions de ses personnages sont parfois curieuses, mais le cliffhanger final laisse sans voix. Et au dessin, Ryan Ottley continue de faire merveille.

(4/5)


LETTER 44 (tome 5, éditions Glénat)
scénario : Charles SOULE (Astonishing X-Men, Curse Words)
dessin : Langdon FOSS (Get Jiro !), Alise GLUSKOVA (Abe Sapien), Joelle JONES (Lady Killer), Ryan KELLY (Cry Havoc) et Drew MOSS (Blood Feud)
genre : lettre morte
édité chez ONI PRESS aux USA (contient Letter 44 7, 14, 21, 28 et 32)

Avant d'intégrer la mission spatiale qui va peut-être faire d'eux les héros de l'humanité toute entière, l'équipage du Clarke se retrouve déjà en mauvaise posture. Menacés de mort par une tribu amazonienne, arrêtés par l'armée russe, trahis par leur propre camp, chacun doit quitter la vie qu'il s'était construite. Les épisodes épars durant lesquels Charles Soule tente tant bien que mal de donner corps à ses personnages démontrent eux aussi la faiblesse de son récit, le dernier étant tout bonnement ridicule. Et certains des artistes qui l'épaulent, Joelle Jones en tête, ont beau se démener, ils ne parviennent pas à tout rattraper.

(2/5)


* PREVIEW : numéro spécial qui présente les premières pages d'une série, parfois dans un récit inédit

PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
CONTES MACABRES du JAPON (the Faceless Ghost), édité chez Shambhala Publishing aux USA et chez Graph Zeppelin en France
FANTASY SPORTS tome 3, édité chez Nobrow Press aux USA et chez Gallimard en France
GENERATION ZERO, édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
le JOUEUR de FLUTE de HAMELIN (Piper), édité chez Razorbill aux USA et chez Michel Lafon en France
QUANTUM & WOODY MUST DIE, édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
du SANG sur les MAINS (Red Handed), édité chez First Second aux USA et chez Monsieur Toussaint Louverture en France
les SIMPSON tome 35 (Simpson Comics), édité chez Bongo Comics aux USA et chez Jungle en France

samedi 20 janvier 2018

Doctor Who série 5


diffusion originale : du  3 avril au 26 juin 2010
nb d'épisodes : 13 répartis en dix aventures
DVD :

    > en VO, coffret The Complete Series 5
    > en VF, coffret Saison 5


Docteur : Matt Smith
Compagnons : Amelia Pond, Rory Williams, River Song, Nasreen Chaudhry et Vincent van Gogh


BORN AGAIN. Sous la nouvelle impulsion de Steven Moffat, tout change. Le générique, déjà, qui s'avère assez sympathique dans ce nouveau remix un poil plus nerveux que le précédent, l'ambiance aussi, moins délirante que sous l'ère Davies, mais aussi et surtout les acteurs. Matt Smith est le nouveau Docteur, et le fait est qu'en dépit d'une apparence d'ado attardé en mode Steve Urkel, il s'impose assez rapidement comme la nouvelle référence, en passant pourtant juste derrière un David Tennant mémorable.
Dès la fin de l'épisode introductif, The Eleventh Hour, il prend la taille patron alors que pendant toute la séance, il n'a cessé de faire le pitre, peut-être un peu trop d'ailleurs (la séquence où il découvre ses nouveaux goûts est un peu longue). Dans l'aventure suivante, il se retrouve confronté à un choix impossible et il impressionne par sa fureur. Il en va de même lorsque sa nouvelle compagne est menacée de mort par les Anges Pleureurs, et le contraste est assez saisissant entre ces deux facettes extrêmes du personnage.
C'est qu'en fait, Steven Moffat et les scénaristes qui travaillent avec lui vont passer le plus clair de la saison à démontrer que le Docteur n'est non seulement pas infaillible, mais aussi potentiellement nuisible. D'entrée de jeu, sa relation avec la nouvelle passagère du TARDIS est basée sur une certaine forme de déception, voire de trahison, et l'épisode Amy's Choice relate tant d'horreurs concernant le passé du héros que l'on se demande quelle est la part de vérité dans toutes ces affirmations. Un peu plus tard, le héros perd un autre Companion, et il se montre également incapable de sauver Vincent van Gogh de sa dépression.


Tout l'intérêt de ces doutes vis à vis du Docteur, c'est de mettre en lumière sa relation avec Amy Pond, sa nouvelle égérie. Amelia, il la rencontre d'abord sous sa forme de base, celle d'un vilain petit canard rouquin ambiance Cosette. Elle vit seule dans une grande baraque bizarre et se montre adorable avec cet étrange monsieur débraillé qu'elle adopte très vite, mais qui la laisse pourtant en plan suite à une malfonction du TARDIS. Il ne la retrouve que des années plus tard, et bon sang, ce qu'elle a changé !
Devenue une sacrée bombasse, elle gagne sa vie en faisant des bisous (!) et même si elle n'a plus confiance en cet ami imaginaire pourtant bien réel, elle finit par le suivre dans ses péripéties, majoritairement pour fuir son mariage avec le très banal infirmier Rory Williams, un ami d'enfance dont elle est tombée amoureuse un peu par défaut. Le fait est qu'elle a encore des sentiments envers le Docteur, qui ont évolué vers une certaine attirance manifestée à la fin de l'épisode Flesh and Stone où elle manque de le violer.
Au delà de ça, Amy est une compagne très réactive voire pro-active, comme l'ont été Rose ou Martha avant elle, et c'est notamment dans l'épisode The Beast Below qu'une forme de respect mutuel s'installe entre elle et le Doc. Par la suite, elle fera également montre d'une grande humanité et d'une sensibilité à fleur de peau, qui rendent le héros très protecteur envers elle.


Un peu bêta, son fiancé ne manque pourtant pas de remarquer ce désagréable manège, et il en conçoit naturellement un peu de jalousie. Plutôt que de se laisser "voler" la femme de sa vie, dont il est éperdument amoureux, Rory Williams décide de l'accompagner dans ses aventures. Du trio, c'est souvent lui qui tient la chandelle, et pour le téléspectateur, il fait surtout office de bouffon du roi, tout à la fois en tant que personnage ridicule et pour ses critiques envers son rival.
Pourtant, il est rapidement tué, et même rayé de la mémoire de sa jolie rouquine. Il devient alors une source d'interrogation et de tristesse inexpliquées pour la belle, et se meut en personnage tragique pour l'audience, jusqu'à son retour, pas forcément cousu de fil blanc. Le fait est que sa réapparition en tant que légionnaire romain est même assez capillotractée, comme du reste l'intégralité du diptyque qui vient conclure la saison. C'est, hélas, une marque de fabrique de Moffat, comme on ne tardera pas à s'en apercevoir.
Pour être tout à fait exhaustif, d'autres personnages voyagent à bord du TARDIS cette saison. River Song, seul personnage de l'ère Davies à faire son retour, démontre qu'elle en sait vraiment BEAUCOUP sur le héros. Plus que lui, même, puisque c'est elle qui nous explique le bruit que fait la cabine téléphonique quand elle se matérialise : ce sont les freins, que le Time Lord oublie tout le temps de desserrer ! Amy pose du reste la question : est-ce que River est la femme du Docteur ? La réponse restera en suspens...
Même si on ne peut pas vraiment les considérer comme des Companions, Nasreen Chaudhry et sa petite famille font également un petit tour en TARDIS dans les épisodes The Hungry Earth et Cold Blood, et il en va de même pour Vincent van Gogh à la fin de Vincent and the Doctor. Voilà : cette fois-ci, on n'a oublié personne.


Et pourtant, des personnages marquants, il y en a d'autres durant cette saison. On pourra signaler Winston Churchill, qui fait bosser des Daleks pour l'armée anglaise dans Victory of the Daleks (!), ou encore la signora Calvierri dans The Vampires of Venice, interprétée par Helen McCrory, alias Narcissa Malefoy dans la saga Harry Potter. Et surtout, comment ne pas citer le conservateur du musée d'Orsay dans Vincent and the Doctor, joué par nul autre que le fabuleux Bill Nighy ? Même William Hartnell fait un passage, la carte de bibliothèque du Docteur ayant sa photo ! Du reste, les dix précédents Docteurs font un court passage à la fin de l'épisode d'ouverture, comme pour signaler que tout va changer, certes, mais que Moffat reste fidèle à la saga.
Et puis il y a les monstres. Là pour le coup, Moffat n'a pas fait table rase du passé, puisqu'il ramène non seulement les Anges Pleureurs, qu'il avait créés pour l'épisode Blink (S3E10), mais aussi les Daleks, dans une nouvelle livrée multicolore façon Benetton, ou encore les Silurians lors d'une aventure bipartite qui fait écho à Doctor Who and the Silurians (S7E2 de la série classique).
Quant à la dernière histoire, elle ramène sur le devant de la scène la plupart des monstres de la saga (y compris les Weevils qui sont plutôt liés à Torchwood), des Cybermen aux Nestenes, en passant par les Sontarans, les Judoon ou les Sycorax. Et avec eux reviennent aussi les personnages marquants de cette saison : Vincent van Gogh, Winston Churchill, River Song ou la reine Lizzy, notamment ! Le Docteur utilise même le bracelet manipulateur de temps de Jack Harkness !


Pourquoi autant de monde ? Pour assister à l'ouverture (ou la prévenir) de la Pandorica, annoncée dès le premier épisode par le Prisonnier Zero et évoquée également par River Song. Les créatures de tout l'univers se sont rendues à l'évidence : le Docteur est une menace pour l'équilibre spatio-temporel, et il faut l'enfermer. C'est le point final d'une saison durant laquelle le héros aura été présenté, souvent, comme un danger plus que comme une solution. Mais la Pandorica n'est pas le principal fil rouge de la série 5.
Ce sont les failles dimensionnelles qui ont cet honneur. Il y en a une dans la chambre de la jeune Amelia, une sur la carapace de la tortue galactique, une dans le bunker de Churchill, une dans le vaisseau spatial où les Anges attaques le Docteur, une dans l'antre des Siluriens et même une dans l'appart de Craig, le timide colocataire du Doc (dans l'amusant épisode The Lodger, où on découvre que le héros est un champion de foot qui s'ignore, et qu'il peut faire de la télépathie en accéléré au moyen d'un bon coup de boule !). Il y en a même une sur le calendrier du TARDIS, et les vampires de Venise avouent qu'ils ont fui leur planète, Saturnyne, parce qu'elle était pleine de failles.
Si on ajoute à toutes ces occurrences le fait qu'Amy ne se souvienne absolument pas que les planètes aient été déplacées (dans The Stolen Earth (S4E12)), on comprend que l'espace-temps est en train de se désagréger, et cela conduit à un ultime épisode complètement bordélique, qui commence par le premier, se poursuit par une improbable chasse au trésor façon Indiana Jones (mais à travers le temps) et se termine sur un non-évènement, puisque tout est bien qui finit bien. Et contentez-vous de ça en guise d'explications.


Un final un peu décevant, donc, mais le reste de la saison est pétri de qualités. Pêle-mêle, on pourra s'attarder sur les dogfights à la Star Wars dans Victory of the Daleks, sur le jeu entre réalité et rêve ou sur le charmant petit village anglais qui sert de cadre à Amy's Choice, sur le décor un peu plus glauque mais tout aussi typique de The Hungry Earth, ainsi que sur son message de tolérance certes classique, mais jamais inutile, ou encore sur le toujours aussi impressionnant cercle mégalithique de Stonehenge au début de The Pandorica Opens.
Signalons aussi deux épisodes délocalisés, tous deux à Trogir. Cette petite ville de Croatie joue les Venise (même si les prises de vue des canaux sont authentiques) pour le sixième épisodes, et les Saint-Rémy de Provence dans le dixième.
Problème : l'église peinte par l'artiste, et qui est à l'origine de l'intrigue de cet épisode, est celle d'Auvers sur Oise, où il a fini sa vie, tandis que la terrasse du café est celle d'Arles. Une incohérence qui ne gâche pas le visionnage, mais de toute façon, cet épisode est une plaie à cause du surjeu permanent de ses acteurs, et en particulier d'un van Gogh assez pénible. Quant à The Vampires of Venice, ce sont les effets spéciaux qui le rendent décevant.


Mais de manière globale, cette saison du renouveau n'est pas trop mauvaise. Pour une fois, je n'ai pas racheté le coffret VO puisque j'avais déjà la VF, et d'après mes renseignements, l'original ne comporte pas plus de bonus. En l'occurence, il s'agit des petits docs de la série Confidential, qui sont soit hors-sujet (la visite de Karen Gillian, l’interprète d'Amy, à l'observatoire britannique, où la séquence de foot commentée comme un vrai match), soit auto-promotionnels à en donner la nausée. Bref, le coffret français suffit, d'autant qu'il embarque bien heureusement les pistes originales.

samedi 6 janvier 2018

Sorties comics de décembre

C'est la trêve des confiseurs et la grève des éditeurs, comme chaque année. Ils ne sont pas nombreux à bosser à cette époque-ci, en dehors des éditions Flamival qui tentent de s'imposer via un modèle économique iconoclaste, mais qui semble fonctionner si l'on en croit l'étendue du catalogue promis pour l'année à venir. La bonne nouvelle vient malgré tout de Glénat, qui ressort la célèbre série d'Humberto Ramos en intégrale. Un joli cadeau à mettre sous le sapin ! C'est quand même chouette, ces éditeurs qui se mettent aux volumineux pavés. Ca change de l'époque des "versions intégrales" de SEMIC, ou pire encore, des épisodes éparpillés de Lug ou d'Aredit.

LE COMICS (indé) DU MOIS (de décembre)
CRIMSON (omnibus, éditions Glénat)

scénario : Brian AUGUSTYN (Black Condor, Duel Masters)
dessin : Carlos MEGLIA (Superman / Tarzan) et Humberto RAMOS (Out There)
genre : sac d'hémoglobine
édité chez CLIFFHANGER !, un label de WILDSTORM PRODUCTIONS, aux USA (contient Crimson 1 à 24 + Crimson #1/2* + Scarlet X : Blood on the Moon OS*)

Mordu par la maîtresse du gang de motards vampires des Jelly Bats, le jeune Alex Elder en devient un à son tour. Séparé de sa famille, il doit réapprendre à vivre sous l'égide du centenaire Ekimus, et surtout rester en permanence sur ses gardes. Il a en effet été reconnu comme étant l'Elu de son nouveau peuple, et à ce titre, il s'attire beaucoup d'inimitiés, aussi bien des serviteurs de Dieu que de certains de ses congénères.
Des trois séries lancées sous le label Cliffhanger ! avant que le studio Wildstorm de Jim Lee ne quitte le giron d'Image Comics, Crimson était sans doute la moins en vue. Aux côtés du Battlechasers d'un Joe Madureira superstar, et du Danger Girl d'un Jeffrey Scott Campbell en plein boum, la saga d'Augustyn et Ramos ne bénéficiait pas de la même aura. Le premier était inconnu pour la grande majorité du public, et le second avait certes un peu de renom depuis son apparition dans les pages de Gen 13 et la série dérivée DV8, mais rien de comparable avec les deux autres.
Pourtant, alors que ses consoeurs s'essoufflaient suite aux retards que cumulaient leurs auteurs, Crimson poursuivait son bonhomme de chemin, avec une régularité - presque - sans failles et, surtout, s'étalait au final sur vingt-quatre numéros, là où ses rivales s'effondraient respectivement après neuf et sept épisodes. Le secret du succès ? Une histoire classique de vampires, mais servie par des personnages attachants et un dessin cartoony qui se bonifie avec le temps.
Au départ, le scénario fait un peu penser aux débuts de Spawn : si on remplace les démons par des suceurs de sang, le contexte est peu ou prou le même, et certains concepts - la rencontre avec les anges, ou le vieux mentor qui est lui-même maudit - semblent lourdement inspirés de la licence de Todd McFarlane. Mais petit à petit, Crimson trouve sa voie, et elle est plutôt bonne. C'est donc une riche idée qu'a Glénat de recompiler ces aventures en un volumineux omnibus.






DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
RETOUR vers le FUTUR (tome 3, éditions Flamival)

scénario : Erik BURNAM (Scarlet Spider) et Bob GALE (Daredevil)
dessin : Alan ROBINSON (Lost Squad, V-Wars)
genre : sac de noeuds spatio-temporel
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Back to the Future : Citizen Brown 1 à 5)

Marty croyait en avoir fini avec les voyages dans le temps, mais lorsque la DeLorean surgit devant sa porte avec un message du Doc, il n'hésite pas à retourner en au début des années trente pour essayer d'empêcher son vieil ami de se faire assassiner. Ce faisant, c'est lui qui risque de disparaître. A vouloir adapter le jeu vidéo que Telltale Games a tiré de la trilogie cinématographique, Bob Gale et Erik Burnham se heurtent à la structure même du point'n click, linéaire et très bavarde. Le résultat est une mini-série assez lourde dans son déroulement, et pas même sauvée par le dessin d'Alan Robinson.

(2/5)

TEENAGE MUTANT NINJA TURTLES / GHOSTBUSTERS (tome 1, éditions Flamival)

scénario : Erik BURNHAM (the A-Team) et Tom WALTZ (Children of the Grave)
dessin : Dan SCHOENING (Mega Man), Cory SMITH (Magnus : Robot Fighter) et Charles Paul WILSON III (the Stuff of Legend)
genre : sac à protons et part de pizza
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Teenage Mutant Ninja Turtles / Ghostbusters 1 à 4)

Il y a des années, l'immortelle Kitsune, en cheville avec Kraang, a banni son frère Chi-You entre les dimensions. Libéré par une maladresse des Tortues Ninjas, le démon est désormais surpuissant et quasiment intouchable... sauf peut-être par les canons à protons des Ghostbusters ! Ce sont les auteurs respectifs des deux séries qui organisent cet improbable crossover, qui passe par tous les poncifs de l'exercice. Néanmoins, il n'est pas désagréable à lire, et le dessin de Dan Schoening, artiste principal de la rencontre, est toujours aussi sympathique.

(3/5)

* #1/2 : numéro spécial fourni en supplément de feu le magazine Wizard, et contenant une histoire courte
* OS : one-shot, récit auto-contenu

PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
HAGAR DUNOR tome 3 (Hagar the Horrible), édité chez Titan Comics aux USA et chez Urban en France
SNOOPY & les PEANUTS intégrale 19, édité chez Fantagraphics aux USA et chez Dargaud en France

samedi 16 décembre 2017

Sorties comics de novembre

Ouf ! Ca a été bien compliqué de sortir cette chronique, et avec une semaine de retard qui plus est ! Heureusement, le mois de novembre était moins chargé que les précédents. C'est majoritairement Urban Comics qui fait le buzz cette fois-ci, mais c'est bien de chez Bliss que vient la bonne surprise, avec l'adaptation revue et complétée de l'anthologie Love Is Love. Signalons également quelques curiosités, comme les comics fantastico-pornographiques d'Avatar Press qui trouvent un écho en France via les éditions spécialisées Tabou, ou la traduction du crossover entre Darkman et Evil Dead chez l'Atelier d'Images. Un bonus du coffret DVD du film de Sam Raimi, qui a vu le jour grâce à une campagne de crowfunding !

LE COMICS (indé) DU MOIS (de novembre)
LOVE IS LOVE (éditions Bliss)

scénario et dessin : trop de monde pour pouvoir tous les citer
genre : all you need is love
édité chez IDW PUBLISHING aux USA (contient Love Is Love OS*)

Le 12 juin 2016, les Etats-Unis sont frappés en plein coeur par l'un des meurtres de masse les plus violents de son histoire : un homme armé pénètre dans l'enceinte du club d'Orlando le Pulse et tire dans la foule, blessant cinquante-huit personnes et en tuant quarante-neuf. Si l'opinion publique est sous le choc, les pouvoirs politiques continuent de soutenir le deuxième amendement de la constitution américaine.
Initiée par Mark Andreyko, l'anthologie éditée par IDW Publishing avec le soutien de DC Comics est un projet caritatif dont l'intégralité des bénéfices a été reversée aux familles des victimes et à des organisations de lutte pour les droits de la communauté LGBT+. Des dizaines d'artistes de comic-books y ont participé, ainsi que des personnalités issues de différents milieux, comme des acteurs de séries télévisées. Tous condamnent l'horreur de cette attaque et délivrent un message de tolérance universel, la plupart du temps avec beucoup de pudeur.
En France, c'est Bliss Comics qui se charge de traduire l'ouvrage, et les fonds seront reversés majoritairement à l'association SOS Homophobie. Qui plus est, plusieurs artistes hexagonaux ont apporté leur pierre à l'édifice, et la VF contient donc quelques histoires inédites. Rien que pour la démarche, Love Is Love devait être le comics de ce mois de novembre. Mais au delà du bien que l'argent de sa vente peut faire, il faut aussi souligner la qualité globale des récits.
 



 


DANS LE RESTE DE L'ACTUALITE
SEVEN to ETERNITY (tome 1, éditions Urban)

scénario : Rick REMENDER (Low, Tokyo Ghost)
dessin : Jerome OPENA (Uncanny X-Force, Fear Agent)
genre : le Judas de l'espace
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Seven to Eternity 1 à 4)

Adam Osidis a vu son père mourir sous ses yeux parce qu'il avait refusé de se soumettre à Garils Sulm, le Roi des Murmures. Pour sauver le reste de sa famille, le paria est sur le point de vendre son âme au tyran, contrairement à ce qu'il a toujours promis à son géniteur. Mais au même moment, la rebellion lance une attaque sur le trône... Rick Remender imagine un nouveau héros torturé par son passé. L'auteur a des marottes, et cela commence à devenir lassant. Mais son récit, curieusement structuré, donne malgré tout envie d'en savoir davantage, d'autant que Jerome Opena délivre des planches spectaculaires.

(3,5/5)

DESCENDER (tome 4, éditions Urban)

scénario : Jeff LEMIRE (Essex County, Royal City)
dessin : Dustin NGUYEN (Wildcats 3.0, Batman)
genre : la révolte des machines
édité chez STUDIO 171, Inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient Descender 17 à 21)

Telsa et le professeur Quon s'échappent du quartier général de la résistance robotique grâce aux nouveaux pouvoirs que s'est découvert Tim-21 en affrontant son jumeau maléfique. Mais le petit androïde n'est pas celui qu'il prétend être, et cela pourrait coûter cher à l'UGC, à moins que l'intervention inopinée d'Andy ne change la donne. Après une arche narrative exclusivement tournée vers le passé, Jeff Lemire repart vers l'avant, mais il ne semble pas vraiment savoir où il va et préfère multiplier les pistes. En outre, les peintures de Dustin Nguyen se montrent moins soignées, l'artiste ayant probablement du mal à soutenir le rythme.

(3/5)

STREET FIGHTER (tome 1, éditions Urban)

scénario : Andre GREENIDGE et Ken SIU-CHONG (Darkminds, Echo)
dessin : Kaare ANDREWS (Renato Jones), Andrew HOU, Hyung-Tae KIM (Planet Blood), Kevin LAU (Xin), Shane LAW, Alvin LEE (Agent X), Joe MADUREIRA (Battle Chasers), Rob ROSS (Battle of the Planets / Thundercats), Noi SACKDA (Exalted), Alan TAM (Vampi : Vicious Rampage), Arnold TSANG (Darkstalkers), Long VO (Vent), Adam WARREN (Dirty Pair)
genre : baston en carton
édité chez UDON ENTERTAINMENT CORPORATION aux USA (contient Street Fighter 0 à 6)

Plaque tournante du crime organisé, l'île-état de Shadaloo attire l'attention de beaucoup de monde, à commencer par les champions d'arts martiaux, qui se donnent rendez-vous pour le grand tournoi organisé par Mike Bison. Mais le dictateur intéresse également Interpol, qui a perdu l'un de ses agents sur place. Les transfuges d'Udon Entertainment Corporation sont parvenus à obtenir la licence du célèbre jeu vidéo de Capcom, et Ken Siu-Chong en respecte l'univers à la lettre. Par contre, la partie graphique est très irrégulière et certains artistes manquent de profondeur dans leur dessin. Sur cet aspect, ce sont les back-up qui sont les plus intéressantes.

(2,5/5)

STREET FIGHTER ORIGINES : AKUMA (éditions Urban)

scénario : Chris SARRACINI (Transformers, Fate of the Blade)
dessin : Joe NG (SoulCalibur IV, Red Sonja Goes East)
genre : les origines du Mal
édité chez UDON ENTERTAINMENT CORPORATION aux USA (contient Street Fighter Origins : Akuma OS*)

Après l'assassinat de leur père, Akuma et son grand frère Gouken ont suivi des chemins différents. Si l'aîné a choisi l'isolement, afin de tenter de protéger sa mère malade, son cadet a préféré s'entraîner dur et voir le monde afin, un jour, de pouvoir se venger. Personnage récurrent mais fort méconnu de la franchise vidéoludique de Capcom, Akuma a l'honneur d'un récit complet dédié à ses origines, sous les auspices d'un Chris Sarracini qui souhaite éviter tout manichéisme, sans y parvenir vraiment. Au dessin, Joe NG ne se montre pas particulièrement fin, lui non plus, mais il n'a pas de véritable défaut.

(3/5)

NAILBITER (tome 4, éditions Glénat)

scénario : Joshua WILLIAMSON (Ghosted, Birthright)
dessin : Mike HENDERSON (Smuggling Spirits, Banshee Origins)
genre : la nuit des longs couteaux
édité chez IMAGE COMICS aux USA (contient Nailbiter 16 à 20)

Edward Warren s'est enfui au nez et à la barbe du FBI. Il s'est discrètement rendu à Atlanta, où vit une petite communauté de réfugiés de Buckaroo qui tente de vivre dans l'anonymat, loin de la fièvre médiatique. Mais justement, un tueur en série les massacre un à un, jusqu'à ce que la police locale abatte le principal suspect. On ne sait pas comment finira le récit de Joshua Williamson, mais le fait est que l'auteur fait en permanence évoluer sa série. Cependant, il sera sans doute compliqué de justifier les coups de théâtre qui s'y égrenent. Mike Henderson est pour sa part toujours aussi efficace et régulier.

(3,5/5)

CINEMA PURGATORIO (tome 2, éditions Panini)

scénario : Max BROOKS (the Zombie Survival Guide), Garth ENNIS (the Boys), Christos GAGE (Absolution), Kieron GILLEN (Uber), Alan MOORE (Watchmen)
dessin : Gabriel ANDRADE (Ferals), Raulo CACERES (the Extinction Parade), Ignacio CALERO (Stormwatch), Michael di PASCALE (Hero Worship), Nahuel LOPEZ (Belladonna), Kevin O'NEILL (the League of Extraordinary Gentlemen)
genre : c'était la deuxième séance
édité chez AVATAR PRESS aux USA (contient Cinema Purgatorio 5 à 8)

Si les films qui passent au Cinema Purgatorio sont toujours aussi étranges et dérangeants, la spectactrice qui en narre les plus spectaculaires passages s'y est tout de même attachée, au point de tomber amoureuse du directeur de l'établissement. Mais les employés eux-mêmes instillent un certain malaise... En toute franchise, les saynettes imaginées par Alan Moore auraient suffi. Non pas que les autres histoires de cette anthologie soient désagréables, bien au contraire, mais elles n'ont aucun rapport avec la thématique du récit principal, et tous les artistes ne se valent pas.

(3,5/5)

RED SONJA : le TRONE du FAUCON (éditions Graph Zeppelin)

scénario : Marguerite BENNETT (Animosity, Angela)
dessin : Diego GALINDO (the Dresden Files : Dog Men) et Ana MURILLO (Damsels)
genre : il est roux le bonheur ?
édité chez DYNAMITE ENTERTAINMENT aux USA (contient Red Sonja : the Falcon Throne 1 à 6)

A la mort du roi d'Hyrkanie, Sonja la Rousse refuse de prendre la couronne et laisse le royaume en péril, Khitai à sa porte ouest et Turan à l'est. Pourtant, un an plus tard, la fière guerrière, de retour chez elle, constate que sa contrée est désormais prospère et que l'ordre y règne. Pas totalement exempt de créatures fantastiques, le récit de Margerite Bennett privilégie malgré tout les mauvais penchants de l'humanité lorsqu'il s'agit de définir un nouvel adversaire à la célebre héroïne. Hélas, les lieux communs de cette histoire, et le style d'Aneke, pas suffisamment travaillé, rendent la lecture peu enjouée.

(3/5)

HELLINA (tome 1, éditions Tabou) 

scénario : William CHRISTENSEN (Twilight), Doug MIERS (Grips), Jai NITZ (Dream Thief) et Mark SEIFERT (Shimmer)
dessin : Gabriel ANDRADE (Crossed +100), Francisco di AMORIM (God Is Dead), Rafa LOPEZ (Fevre Dreams) et Ricardo SILVA (the Dark One : Age of Darkness)
genre : oh oui maîtresse, fouette-moi !
édité chez BOUNDLESS COMICS, un label d'AVATAR PRESS, aux USA (contient Hellina volume* 2 1 à 3)

En tant qu'adjudicatrice de l'enfer, Hellina protège désormais l'humanité de ceux qui voudraient l'asservir, selon le décret passé par Lucifer lors de sa victoire sur les Cieux. Mais il reste encore des anges extrémistes pour bafouer l'accord, à moins qu'il ne s'agisse d'un complot venu d'en bas. Jai Nitz ressuscite la franchise Hellina, oubliée du catalogue d'Avatar Press depuis son crossover avec Pandora, quinze ans plus tôt. Son récit est plutôt bien construit, même s'il s'appuie sur des bases bien mystérieuses. Au dessin, Gabriel Andrade est séduisant, mais son remplaçant est plus approximatif.

(3/5)

FONDU au NOIR (éditions Delcourt) 

scénario : Ed BRUBAKER (Incognito, Kill or Be Killed)
dessin : Sean PHILLIPS (Criminal, Fatale)
genre : black screen of death
édité chez BASEMENT GANG, Inc., un label d'IMAGE COMICS, aux USA (contient The Fade Out 1 à 12)

Scénariste pour le cinéma, Charlie Parish se réveille dans la chambre de Valeria Sommers, la star de son prochain film, assassinée. Pour éviter d'être accusé, il nettoie la scène de crime et garde le silence sur ce qui a tout lieu d'être un complot. Mais le lendemain, c'est du suicide de l'actrice que tout le monde parle. Malgré son univers et ses personnages de film noir, le récit d'Ed Brubaker recèle bien plus de surprises qu'il n'y parait de prime abord, l'auteur jouant également la carte du complot fédéral dans une Amérique des années cinquante paralysée par l'anticommunisme. En tout cas, le dessin de Sean Phillips impose une atmosphère idéale.

(4/5)

DARKMAN CONTRE l'ARMEE des TENEBRES (éditions L'Atelier d'Images) 

scénario : Kurt BUSIEK (Astro City) et Roger STERN (Captain America)
dessin : James FRY III (Star Trek, Sonic the Hedgehog)
genre : évidé contre Evil Dead
édité chez DYNAMITE ENTERTAINMENT aux USA (contient Darkman Vs. Army of Darkness 1 à 4)

Même si le docteur Peyton Westlake a été remplacé dans son coeur, Darkman continue de veiller sur Julia Hastings, même lorsqu'elle entre en possession du Necronomicon et devient la Reine des Ténèbres. Pour contrer le sort, le justicier va devoir invoquer Ashley Williams. La rencontre entre les deux créations cultes de Sam Raimi vaut le coup d'oeil. Le scénario de la mini-série a été confié à deux auteurs légendaires, Roger Stern et Kurt Busiek, et le dessin au tout aussi réputé James Fry. Le résultat est très classique mais tout à fait convenable.

(3,5/5)

RAVENING (tome 1, éditions Tabou)

scénario : William A. CHRISTENSEN (Pandora), Barry GREGORY (Dreamwalker), Jai NITZ (Green Hornet) et Mark SEIFERT (Avengelyne)
dessin : Albert HOLASO (Razor), Jack JADSON (Warriors of Mars), Rick LYON (Wrath of the Furies) et David MOWRY (Angels of Destruction)
genre : ne suce que si l'on s'en sert
édité chez BOUNDLESS COMICS, un label d'AVATAR PRESS, aux USA (contient The Ravening volume *2 1 à 4)

A la mort de leurs pères respectifs, Izzy Morcego et Corrie Volmaan deviennent les dernières représentantes de leurs maisons, et les autres clans de vampires les voient comme vulnérables. Mais le danger n'est pas qu'intérieur : les satyres de Nandi Lopez sont également sur le pied de guerre. Même si elle réédite, en couleurs, la quasi-totalité de la précédente saga en guise de back-up, la série de Jai Nitz n'en reprend ni les personnages, ni l'intrigue. A la place, l'auteur y développe un univers partagé avec les autres licences dont il s'occupe. Le récit est fort primaire, mais le dessin de Jack Jadson, qui fait la part belle au sexe et au sang, fonctionne bien.

(2,5/5)

STRANGERS in PARADISE (intégrale 2, éditions Delcourt)

scénario et dessin : Terry MOORE (Rachel Rising, Motor Girl)
genre : une femme avec une femme
édité chez ABSTRACT STUDIOS aux USA (contient Strangers in Paradise Omnibus*)

Aidée par David, Katchoo se débarrasse enfin de l'ombre menaçante des Parker Girls, et plus particulièrement de son ancienne maîtresse Darcy Parker. Elle découvre également que Tambi et Bambi, les deux colossales jumelles, sont ses soeurs. La deuxième partie de l'imposante intégrale américaine met les deux héroïnes aux prises avec une organisation criminelle de grande ampleur. Terry Moore change de registre, donc, mais il n'en oublie pas pour autant de faire évoluer les histoires de coeur de ses différents protagonistes, et le mélange des genres est parfait. En outre, ses planches sont toutes plus belles les unes que les autres.

(4/5)

* OMNIBUS : recueil qui regroupe l'intégralité d'une série
* OS : one-shot, récit auto-contenu
* VOLUME : numéro d'identifiant d'une série

PAS LU, PAS PRIS (et pas près de le prendre)
ASSASSIN's CREED : UPRISING, édité chez Titan Comics aux USA et chez Les Deux Royaumes en France
DARK SOULS tome 2, édité chez Titan Comics aux USA et chez Hachette en France
FAITH tome 3, édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
FLETCHER HANKS : OEUVRES COMPLETES (Turn Loose our Death Rays and Kill Them All), édité chez Fantagraphics aux USA et chez L'An 2 en France
HOTEL TRANSYLVANIE (Hotel Transylvania), édité chez Papercutz aux USA et chez Jungle en France
NINJAK tome 4, édité chez Valiant aux USA et chez Bliss en France
PORCELAINE tome 3 (Porcelain), édité chez Read Publishing aux USA et chez Delcourt en France
PRAY for ANGELS, édité chez Think Alike aux USA et chez Réflexions en France
les SIMPSON : SUPER COLOSSAL volume 2 (Simpson Comics), édité chez Bongo aux USA et chez Jungle en France
SPINNING, édité chez First Second aux USA et chez Gallimard en France

samedi 9 décembre 2017

Epic fail

La semaine dernière, le petit frère de la Machine Idéelle a crashé. C'est le PC dont je me sers pour écrire mes chroniques, et de fait, je n'avais plus rien : tout ce que j'ai pu faire sur la Machine Idéelle, toutes les notes que j'avais prises et transférées sur ce PC, ont été perdues.
Le disque est à priori irrécupérable. Fort heureusement, j'avais fait des sauvegardes deux semaines auparavant. Je n'avais donc "que" deux semaines de notes à rattraper. C'est ce que je suis en train de faire.

Néanmoins, cela implique que mon billet sur les sorties de novembre est repoussé à la semaine prochaine, voire à la suivante selon l'état d'avancement.
Et après ça, le blog se met de nouveau en veille pour la trêve des confiseurs.

En outre, 2018 sera plus léger encore en articles. Déjà cette année, je suis passé d'un article tous les trois jours à un par semaine. Mais même à ce rythme, j'ai eu toutes les peines du monde à tenir jusqu'en décembre. L'écriture des posts en soi ne dure pas longtemps, mais les recherches, visionnages ou parties (de jeux vidéo) en amont sont assez chronophages. Et le fait est que j'ai de moins en moins de temps à leur consacrer.
Donc à compter de janvier, je ne m'impose plus de dates de publication précises. Ça sortira quand ça sortira. Je pense qu'il y aura au minimum un article sur les sorties comics tous les mois, mais pour le reste, on verra.

Allez, je m'y remets.

samedi 2 décembre 2017

Star Trek III : the Search for Spock

Star Trek III : the Search for Spock
année de parution : 1984
trouvable à l'heure actuelle en : coffret DVD et blu-ray de la "trilogie Star Trek" (soit les épisodes 2, 3 et 4)
featuring : William Shatner (Kirk), Leonard Nimoy (Spock), DeForest Kelley (McCoy), James Doohan (Scottie), Nichelle Nichols (Uhura), George Takei (Sulu), Walter Koenig (Pavel Chekov), Robin Curtis (J.G. Saavik) et Christopher Lloyd (commandant Kruge) entre autres
date stellaire : 8210.3

A la suite du combat contre Khan, la zone entourant la planète Genesis est déclarée interdite par Starfleet. L'amiral Kirk et toute sa troupe vont pourtant braver tous les interdits et risquer leur carrière, d'abord en volant l'Entreprise censé être démantelé au profit d'un nouveau modèle plus performant, puis en se rendant sur Genesis. Leur but : retrouver Spock, qui est certes mort dans l'épisode précédent mais qui va mieux, merci pour lui.
Star Trek II a été un succès, contrairement à son prédécesseur. Et la Paramount n'a pas hésité bien longtemps avant de lui donner une suite. Pourtant Nicholas Meyer, le réalisateur du deuxième opus cinématographique, refuse de reprendre sa casquette. Ce sera donc... Leonard Nimoy (l'illustre interprète de Spock pour ceux qui ont du mal à suivre) qui prendra le rôle. Chose qui convient parfaitement, puisque le film est centré sur son personnage.
L'intrigue est de fait assez limpide, pour ne pas dire maigrelette. Ce troisième volet souffre des mêmes tares que le premier, à savoir une intrigue qui s'étire et, par voie de conséquence, des longueurs assez insoutenables. Malgré tout, les thèmes qu'il développe, et notamment celui sur l'amitié, il les développe plutôt bien.
Ce sont surtout les héros qui deviennent de moins en moins crédibles. On se demande ce qu'a pris DeForest Kelley (64 ans à l'époque) pour tenir encore debout, et ses rides commencent à sérieusement se creuser. Le reste du crew a lui aussi pris un coup de vieux depuis les années 60, et leurs pérégrinations spatiales manquent d'entrain.
Signalons malgré tout une photographie assez chouette pour l'époque, et des modèles de vaisseaux et effets spéciaux fort convaincants. Rien de très surprenant en cela, puisque c'est ILM qui en est l'auteur. Qui donc ? Industrial Light & Magic, autrement dit la boîte d'effets spéciaux de George Lucas himself ! La boucle est bouclée, puisque c'est Star Trek qui a défriché la voie pour Star Wars, et Star Wars qui a permis que Star Trek devienne une franchise cinématographique.